Akhannouch au Forum de Davos : “Le Maroc, un acteur majeur de la décarbonation de l’économie mondiale”
Dans son allocution au Forum de Davos, le chef du gouvernement a mis en exergue les éléments qui ont permis au Maroc de s’imposer comme un modèle régional... mais aussi les défis qu’il doit encore relever.
"Notre monde a été secoué par des crises successives : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, le renchérissement des matières premières et de l’énergie, ainsi que le réchauffement climatique. Les relations entre Etats sont ainsi en proie aux fragmentations." C’est ce qu’a déclaré Aziz Akhannouch, ce mercredi 18 janvier, au début de son allocution, lors du Forum économique mondial 2023 qui se tient du 16 au 20 janvier à Davos.
Selon lui, deux constats peuvent être tirés de ce contexte : "La mondialisation n’est pas toujours heureuse, car elle ne tient pas toujours ses promesses." Et d’ajouter : "Contrairement à ce que suggère le mythe établissant la fin de l’Histoire : tout reste encore à faire... et il appartient au Maroc, comme à l’Afrique, d’écrire la sienne."
"Le Maroc, un modèle régional"
Le chef du gouvernement a ensuite souligné que le Maroc était devenu un modèle régional, grâce notamment à la "régionalisation avancée et aux infrastructures aux meilleurs standards internationaux, qui confèrent au Royaume une connectivité air-terre-mer inégalée dans la région".
Pêle-mêle, il a cité les 2.000 kilomètres de réseau autoroutier, la première ligne ferroviaire à grande vitesse d’Afrique, le plus grand port du continent sur la Méditerranée, et bientôt le plus grand sur l’Atlantique.
"Nous avons noué des relations de confiance qui établissent le Maroc comme partenaire privilégié", a-t-il ajouté, mettant en exergue "le cas en Afrique où, ces vingt dernières années, le Roi Mohammed VI a effectué plus de 50 visites pour aboutir à la signature de plus de 1.000 accords de coopération".
"Les énergies renouvelables représentent 38% de notre mix énergétique"
Le Maroc est aussi devenu un leader du développement durable, "qui constitue le défi économique et humain de notre génération. Les énergies renouvelables représentent 38% de notre mix énergétique. Notre ambition est de les porter à plus de 50% d’ici 2030", a rappelé le chef du gouvernement.
Dans ce sens, Aziz Akhannouch a souligné l’avantage compétitif du Maroc en termes d’énergies renouvelables, "parmi les plus abondantes et les moins chères au monde, et qui culminera avec le développement de la filière de l’hydrogène vert. Le Royaume sera ainsi un acteur majeur de la décarbonation de l’économie mondiale".
Sur le front social, il a rappelé que le Maroc abordait une nouvelle phase de son développement, caractérisée par l’édification d’un Etat social, à travers la mise en place du cadre réglementaire pour l’assurance maladie obligatoire. "Cette année, nous voulons aller plus loin et généraliser également les allocations familiales, grâce à un système de ciblage efficace des aides sociales."
7 milliards de dollars pour le système éducatif
Il a par ailleurs annoncé qu’en 2023, un tiers du budget de l’Etat a été alloué à la santé et à l’éducation, dont 7 milliards de dollars consacrés à l’école. Il a souligné la volonté du pays de mettre à niveau son système scolaire et d’accroître sa performance, dans l’objectif de rebâtir la confiance dans l’école publique et de renforcer les compétences essentielles pour tous les écoliers.
Plus loin, Aziz Akhannouch a rappelé que pour encourager l’investissement étranger, "le Maroc s’est doté d’une nouvelle Charte de l’investissement, posant un nouveau cadre attractif et incitatif qui s’adresse à tous les investisseurs, nationaux comme étrangers, et à tous les investissements, petits et grands".
Une charte accompagnée de réformes "que nous avons récemment introduites afin d’harmoniser et de simplifier les règles fiscales et de les mettre aux meilleurs standards internationaux en réduisant la pression fiscale sur les TPE et PME, qui sont nos meilleurs relais de croissance".
Des défis à relever
"Nous avons également pleine conscience des défis qu’il nous reste à relever", a poursuivi le chef du gouvernement. Parmi eux, la nécessité de "donner du futur au présent en permettant à notre jeunesse de multiplier les opportunités pour intégrer le marché formel de l’emploi et libérer son énergie créatrice".
"A l’heure où l’ancienne et la nouvelle économie s’entrechoquent là où nous aurions souhaité qu’elles se conjuguent (...), la question de la jeunesse est devenue, plus que jamais, cruciale à tout projet de développement cohérent et inclusif. Ce dernier est à l’image de celui que le Maroc ambitionne de déployer à l’horizon 2035, en créant une liaison plus forte entre l’économie et le social, tout en consolidant le fil rouge de la transition écologique qui s’impose désormais à nous tous", a encore déclaré le chef du gouvernement.
Tels sont, selon lui, les enjeux prioritaires, "car nous sommes confrontés à une obligation de fluidité pour ne pas gripper la machine économique, mais également à une obligation de vigilance accrue face aux risques liés à la nouvelle économie".
"La leçon que nous pouvons tirer collectivement, c’est que le monde n’est plus à dominer ; il est à partager. C’est le sens du projet marocain de société solidaire et durable qui appelle désormais à instaurer un partenariat égalitaire entre ses partenaires", a conclu le chef du gouvernement.
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Aziz Akhannouch à la tête de la délégation marocaine au Forum de Davos
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