Le bras de fer reprend de plus belle entre les enseignants et le ministère de l’Education nationale
Suite à la grève nationale du 5 octobre, la Fédération nationale de l’enseignement appelle à renforcer l’action collective du corps enseignant pour protester contre le nouveau statut unifié de l’enseignement et annonce une "deuxième semaine de colère", ponctuée par des boycotts et des grèves du 9 au 14 octobre.
La Fédération nationale de l’enseignement (FNE), six coordinations nationales et deux associations d’enseignants étaient présentes jeudi 5 octobre dernier devant le ministère de l’Education nationale et le Parlement pour exprimer leur "rejet" du nouveau statut unifié, adopté le 27 septembre dernier en Conseil de gouvernement, indique Abdellah Ghmimat, secrétaire général de la FNE, dans une déclaration à Médias24.
"Face à l’inertie du ministère de l’Education nationale", une autre "semaine de la colère" est prévue du lundi 9 octobre au samedi 14 octobre 2023, fait savoir Abdellah Ghmimat. A travers la poursuite de son action militante, la FNE réitère aux côtés des autres associations et coordinations d’enseignants, "le refus catégorique du nouveau statut unifié".
La FNE prévoit le boycott de tout dialogue social avec le ministère de tutelle, ainsi qu’une heure de grève chaque jour dans les établissements scolaires à l’heure de la pause. Par ailleurs, les missions qui ne relèvent pas strictement de la fonction d’enseignement seront boycottées, précise Abdellah Ghmimat, qui fait également savoir que trois autres associations d’enseignants ont rejoint la lutte.
"Ce statut unifié est un pas en arrière. Il ne prend pas en compte les revendications exprimées par le passé", se désole notre interlocuteur. La promulgation de ce statut "exacerbe l’injustice et l’inégalité dans le secteur de l’éducation nationale au lieu de répondre à nos doléances", poursuit-il.
"L’enseignant est un levier important de la réforme de l’éducation, il doit être valorisé, encouragé et motivé. Le nouveau statut unifié consacre malheureusement la fragilité et l’instabilité professionnelle, ainsi que la détérioration de la situation financière et morale de l’enseignant".
Revendications et désillusion
"La poursuite des grèves et du boycott reflète le mécontentement du corps enseignant et sa détermination à faire entendre ses revendications concernant les réformes éducatives", justifie Abdellah Ghmimat.
- La contractualisation : le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement prévoit "l’intégration des enseignants-cadres des Académies régionales d’éducation et de formation, et l’annulation des douze statuts auxquels ils étaient soumis", a fait savoir Mustapha Baitas lors d’un point de presse. Pour la FNE, "le nouveau statut unifié entérine la pratique de contractualisation en lui donnant de nouvelles dénominations", en l’occurrence 'le recrutement régional'. Il n’y a pas eu en pratique une unification des conditions administratives. Les enseignants anciennement dits contractuels n’ont toujours pas les mêmes droits ni le même statut que les autres enseignants".
- Les tâches supplémentaires accomplies précédemment par les enseignants à titre volontaire sont devenues obligatoires. Il s’agit notamment de la surveillance lors des examens, de la correction des épreuves et de la participation aux réunions de parents. Par ailleurs, la participation à ces tâches jugées "abusives", n’est pas indemnisée et des mesures disciplinaires peuvent être prises à l’encontre des enseignants s’ils ne remplissent pas ces tâches, explique Abdellah Ghmimat.
- La revalorisation du salaire des enseignants "n’a pas été prise en compte. Ces derniers devaient percevoir une augmentation de 2.500 dirhams. Seules les cadres pédagogiques des 'écoles pionnières' peuvent percevoir une rémunération annuelle de 10.000 dirhams".
- Le plafonnement de l’âge limite d’accès au métier d’enseignant est maintenu à 30 ans malgré les revendications de la FNE. "Cela empêche l’accès à la profession à des jeunes motivés et compétents à peine plus âgés", ajoute Ghmimat.
- Enfin, les enseignants doivent justifier de six ans d’ancienneté (contrairement à quatre pour les autres fonctions publiques) avant de pouvoir passer les examens d’aptitude professionnelle pour le passage à un grade supérieur dans la limite du quota qui est fixé à 36%, explique notre interlocuteur.
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