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Chakib Alj : “La nécessité de créer de la valeur ajoutée africaine via l'industrialisation devient un impératif urgent”

Chakib Alj : “La nécessité de créer de la valeur ajoutée africaine via l'industrialisation devient un impératif urgent”
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Le 17 novembre 2023 à 10h27 | Modifié 17 novembre 2023 à 19h00

 

Chakib Alj : “La nécessité de créer de la valeur ajoutée africaine via l'industrialisation devient un impératif urgent”

"Choiseul Africa Business Forum, devenu désormais l'un des rendez-vous incontournables de l'investissement au Maroc et en Afrique.

"Nous sommes actuellement témoins de profondes mutations que nous ne pouvions imaginer il y a quelques années. Nous vivons dans une ère marquée par l'imprévisibilité et la volatilité. Mais dans ce flou, il est de plus en plus clair que l'Afrique peut apporter des réponses et des solutions et être véritablement "ce continent de la croissance, de la relance et où l'avenir se joue".

"Comment traduire cela dans la réalité ? Comment passer des paroles aux actes ? Comment transformer les défis actuels en opportunités pour l'Afrique ? Ce sont autant de questions qui nous réunissent aujourd'hui.

"Depuis le début des années 2000, l'Afrique a connu un essor économique plus rapide que la moyenne des pays développés. Le Covid-19 et la guerre entre la Russie et l'Ukraine ont interrompu cette belle lancée, générant des chocs alimentaires et énergétiques sur le continent et impactant la croissance économique, passant de 4,1 % en 2022 à 3,8 % en 2023.

"Dans ce contexte, la nécessité de créer de la valeur ajoutée africaine via l'industrialisation devient un impératif urgent. Ça se joue maintenant, nous ne pouvons plus nous permettre d'exporter de la noix de cajou à partir de la Côte d'Ivoire pour qu'elle soit transformée au Vietnam et revendue par la suite au Maroc ou en Egypte.

"Dotés d'une population jeune et dynamique, d'un énorme potentiel en matière d'énergies renouvelables et d'abondantes ressources naturelles et agricoles, les pays africains doivent joindre leurs forces pour construire des chaînes de valeur industrielles continentales intégrées, durables et innovantes, diversifier leurs économies respectives, réduire leur vulnérabilité aux facteurs extérieurs et tirer plein profit de la zone de libre-échange continentale africaine, qui représente la plus grande zone de libre-échange au monde avec un marché de 1.2 milliard de consommateurs.

"Au sein de la CGEM, nous avons réalisé une étude pour identifier les complémentarités entre les chaînes de valeur africaines, ainsi que les opportunités qui en découlent. Il en ressort un énorme potentiel mais dont l'exploitation requiert l'activation de certains leviers relatifs, notamment à un meilleur climat des affaires africain favorable à la croissance des entreprises africaines surtout les PME et à l'émergence de champions nationaux, à des standards et réglementations harmonisés, à un Made in Africa fort et reconnu, à des infrastructures logistiques et énergétiques efficaces, à des outils financiers adaptés, ainsi qu’à des systèmes de formation et de développement des compétences en adéquation avec le marché de l'emploi.

"J'aimerais souligner ici l'importance du partenariat public-privé pour réaliser ces objectifs et libérer les énergies. Les territoires ont également un rôle à jouer.

"Le secteur privé que je représente aujourd'hui est pleinement conscient des défis et opportunités que je viens de mentionner et reste engagé pour contribuer à l'essor économique de l'Afrique dans une logique de co-investissement et de co-développement.

"Sous l'impulsion de notre souverain, les investissements directs étrangers (IDE) du Maroc en Afrique sont passées de 100 millions de dollars en 2014 à plus de 800 millions de dollars en 2021.

"Le Maroc est aujourd'hui le deuxième investisseur africain sur le continent et ce qui est important à noter, c’est que ces investissements se font en partenariats avec les acteurs locaux et créent des emplois pour les populations locales.

"Je citerai l'exemple du partenariat entre le groupe OCP et Dangote pour les usines d'engrais au Nigéria, celui du Groupe Holmarcom avec l'entreprise sénégalaise Peacock qui se développent actuellement au-delà de leurs marchés respectifs, ou encore les joint-ventures dans le cadre du Gazoduc Maroc-Nigéria qui intègre plusieurs acteurs africains mais également des fonds d'investissement de toute la région.

"C'est cette dynamique que nous devons accélérer et généraliser pour assurer la croissance de nos entreprises. Notre Forum d'aujourd'hui se veut donc une plateforme privilégiée pour explorer les moyens de réaliser ces ambitions et étudier les pistes de coopération dans des secteurs à fort potentiel.

"En parlant de secteurs stratégiques, je pense tout naturellement aux énergies renouvelables qui présentent d'énormes opportunités business qui pourront éclairer l'avenir de l’Afrique.

"Je réitère ces chiffres parlants : les réserves totales d’énergie solaire disponibles, en théorie, sur le continent, sont estimées à près de 60 millions de TéraWattsheure par an, contre 37,5 millions pour l’Asie et le Moyen Orient, et seulement 3 millions pour l’Europe. Cependant, les capacités solaires de l’Afrique ne représentant que 1 % du total de la production mondiale, sans parler de l’éolien et de l’hydrogène vert.

"Qu'attendons-nous pour exploiter ce potentiel au moment où nos pays subissent de plein fouet les impacts des changements climatiques et sont tous attendus sur la décarbonation ?

"Un autre secteur-clé est celui de l'infrastructure. Comme vous le savez, il n'y a pas d’industrialisation et de commerce sans infrastructures de qualité et malgré tous les efforts et avancées, les infrastructures en Afrique restent insuffisantes et de surcroit inégales en fonction des pays. Les financements du secteur privé, dans le cadre de PPP, peuvent véritablement changer la donne, accélérer la transition énergétique et contribuer à construire des écosystèmes, notamment agroalimentaires capables de nourrir toutes les populations africaines.

"Par ailleurs, assurer la sécurité sanitaire de l'Afrique doit rester parmi nos priorités. Avec une population de 1,3 milliard actuellement qui devrait atteindre 2,5 milliards en 2050, l’Afrique importe 70% à 90% des médicaments qu’elle consomme. Selon l’OMS, 42% des médicaments contrefaits circulent en Afrique.

"Le Maroc produit actuellement 70% de son besoin en matière de médicament et a réussi à développer l’expertise nécessaire pour devenir un hub au niveau continental dans cette industrie avec des sociétés marocaines implantées au Rwanda, au Sénégal ou encore en Côte d’Ivoire. Nous pouvons reproduire le même schéma pour construire des systèmes et services de santé performants et là encore le rôle des PPP est majeur.

Un autre secteur qui me parait clé est l'éducation et la formation des talents. Comme je l’ai mentionné, la population africaine va doubler d’ici 2050 avec la moitié de cette population qui sera âgée de moins de 25 ans. Les jeunes étant la principale richesse de l’Afrique, il faut les préparer tôt pour accompagner la croissance de leur continent. Le capital humain est la base de toute industrie et de toute économie !

"Et enfin, investissons ensemble dans la tech. L’Afrique a fait des progrès significatifs au cours des dernières années surtout dans la Fintech. Pour que le continent puisse disposer de sa propre technologie et d'un écosystème d'innovation solide, compétitif et durable, il faut soutenir davantage les startups. Nous pouvons y arriver en facilitant l'accès au financement, en investissant dans une meilleure infrastructure internet, en priorisant la formation des talents et en veillant à retenir nos compétences africaines chez elles.

"Dans son discours à l’occasion de la commémoration du 48ème anniversaire de la fête du trône, notre Souverain a exprimé son souhait pour que "la façade atlantique du Sahara Marocain devienne un haut lieu de communion humaine, un pôle d’intégration économique, un foyer de rayonnement continental et international".

"Pour cela, Sa Majesté le Roi a affirmé, je cite : "En menant à bonne fin les projets d’envergure qui y sont lancés, nous veillons à doter nos Provinces du Sud des services et des infrastructures indispensables à leur développement économique. En outre, pour assurer une connexion fluide entre les différentes composantes du littoral atlantique, nous nous attachons à mettre à disposition les moyens de transport et les stations logistiques nécessaires", fin de citation.

"Cette excellente initiative royale permettra de consolider l'intégration économique africaine et favorisera l'investissement, le co-développement et la création d'emplois dans bon nombre de pays africains avec un impact sur l'ensemble du continent. Elle apportera également un lot d'opportunités pour les opérateurs économiques nationaux et internationaux au moment où le Maroc déploie sa nouvelle charte d'investissement dotée d'une enveloppe de 550 milliards de dollars et l'objectif de créer 500.000 emplois, et se prépare pour représenter l’Afrique en organisant la Coupe du Monde 2030.

"Nous avons donc un véritable momentum continental à saisir, et ce n'est pas moi qui le dis. Lors de l'Africa Investment Forum tenu la semaine dernière à Marrakech, toutes les voix s'accordaient à dire que le potentiel africain n'est plus à démontrer, il faudra maintenant passer à l’acte, prendre des risques et investir. L'Afrique est certes le marché de demain, mais elle est aussi et surtout le marché d'aujourd'hui."

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