Puits et subventions des cultures de consommation pour sauver la campagne agricole à Casablanca-Settat
Céréales, cultures maraîchères, légumineuses, betteraves sucrières… Casablanca-Settat est une région agricole au programme d’assolement diversifié, mais dont les rendements sont menacés par une situation hydrique défavorable. Le point avec la Direction régionale de l’agriculture.
Par manque de précipitations, plusieurs zones agricoles du Maroc font face à une pénurie d'eau. Un constat qui trouve son prolongement dans la région de Casablanca-Settat. Les pluies y sont d’une importance capitale, car la surface agricole utile est dominée par les terres bour. Plusieurs programmes d’assolement n’ont d’ailleurs pas été complètement réalisés, à l'instar des céréales d'automne.
"À la mi-février, le cumul pluviométrique dans la région de Casablanca-Settat a atteint 107 mm, soit une baisse de 41% par rapport à la même période lors de la précédente campagne (176 mm). Ce déficit atteint 54% en comparaison à une année normale (226 mm)", affirme la Direction régionale de l'agriculture (DRA) de Casablanca-Settat.
En outre, le peu de réserves dont disposent les barrages qui alimentent historiquement les terres agricoles de cette région n’améliore pas la situation, notamment pour les surfaces irriguées. Aucune dotation agricole n’a été accordée à partir des barrages Al Massira et El Hansali, dont les taux de remplissage "atteignent" si l'on ose dire, respectivement 1,5% (41 Mm3) et 6,2% (41,5 Mm3).
En conséquence, "la réalisation du programme des cultures irriguées est dépendante des eaux souterraines", explique la DRA de Casablanca-Settat, dont les chiffres relatifs au suivi de la campagne attestent d’une superficie cultivée pour le moment en deçà du programme d’assolement préétabli.
Des disparités entre les provinces
S’agissant de la filière céréalières, 92% de la superficie programmée ont été semés, soit 575.280 ha, dont seulement 2,4% sont irrigués (14.175 ha). Casablanca est la province dont la réalisation du programme est la plus avancée (98%), à l’inverse de Sidi Bennour (45%). À noter que cette dernière accueille la grande majorité de la superficie irriguée de céréales dans la région (9.975 ha).
Pour ce qui est du programme de multiplication des semences au niveau régional, un peu moins de la moitié de la superficie prévue a été réalisée (5.745 ha). Concernant la betterave sucrière, 60% du programme annuel a été réalisé, soit 6.600 ha. "90% de la superficie cultivée est en bon état, et 10% dans un état moyen", souligne la DRA de Casablanca-Settat.
Casa-Settat est une région dont les produits maraîchers sont particulièrement prisés. La réalisation du programme des légumes d'automne en est à 17.091 ha. Pour les légumes d'hiver, dont la saison vient de débuter, une superficie de 4.928 ha a été semée sur un programme qui prévoit 14.219 ha; davantage que les légumes de printemps qui devraient être cultivés sur une superficie de 8.398 ha.
108 MDH de subventions pour les cultures de consommation
Confrontés à plusieurs années de sécheresse successives et à la hausse des prix des produits agricoles, nombre d'agriculteurs de la région de Casablanca-Settat se sont retrouvés dans une situation financière délicate. La subvention des cultures de consommation, notamment des plants et semences de plusieurs légumes, tombe à point nommé.
Mise en place par le ministère de l’Agriculture à l’occasion de la campagne 2023-2024, la subvention de la tomate ronde sous serre équivaut à 70.000 DH par hectare et, pour la tomate ronde de plein champ, à 40.000 DH/ha. Les producteurs de la pomme de terre certifiée bénéficieront d'une subvention de 15.000 DH/ha.
"Nous avons également inclus les semences communes à hauteur de 80.000 DH, afin d’encourager les agriculteurs à semer (8.000 DH/ha), car 50% des semences de pomme de terre sont des semences communes, qui ne sont pas certifiées", ajoute le ministère de l'Agriculture.
Dans le cas de l'oignon, la subvention se chiffre à 5.000 DH/ha pour les semences certifiées, et à 4.000 DH/ha pour les semences communes. Pour ce qui est de la région de Casablanca-Settat en particulier, la superficie totale subventionnée est de l’ordre de 14.854 ha, pour un montant total des subventions d'environ 108 MDH.
À découvrir
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.