Débat sur l'emploi: Nizar Baraka et Chakib Alj devant l'Alliance des économistes istiqlaliens
La problématique de l'emploi était au cœur d'une conférence organisée le jeudi 28 mars par l'Alliance des économistes istiqlaliens. Ministres et hauts responsables ont pris la parole lors de ce rassemblement placé sous le thème "La création massive d'emplois de qualité : défis et perspectives". Voici ce qu'il faut en retenir, avec la vidéo intégrale.
A l'approche de son 18e congrès qui aura lieu du 26 au 28 avril 2024, l'Istiqlal vit un remue-méninges. 7 commissions thématiques ont travaillé sur le congrès et l'Aliance des économistes istiqlaliens a organisé une conférence sur la thématique Ô combien complexe de l'emploi. D'autres conférences devraient suivre sur les thèmes chers à l'Istiqlal et qui relèvent de son positionnement sur l'échiquier politique.
Ce parti est membre de la coalition gouvernementale et il n'est pas tombé dans le piège de la critique. Au contraire, en choisissant ce thème propice aux populismes, il n'a pas hésité à mettre en avant les inititiaves gouvernementales, tout en ajoutant ce que les orateurs du parti ont qualifié de propositions et pistes pour créer des emplois.
Avec sa voix douce et son ton didactique, Nizar (comme l'appellent les dirigeants istiqlaliens dans les conversations courantes) qui s'adressait à une salle conquise, a eu une approche constructive. Il a rappelé avec des mots objectifs, le pic de chômage de 2023, l'imputant, à raison, à la sécheresse qui a fait perdre 200.000 emplois dans le monde rural.
Parmi les mécanismes pour la création d'emplois figure la croissance. Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous sommes très loin des 6% de croissance annuelle fixés par le Nouveau Modèle de développement, ce qui impacte bien évidemment les opportunités d'emploi créées".
Avec les avancées technologiques, le contenu de l'emploi dans le développement a régressé, souligne par ailleurs Nizar Baraka. "Un point de croissance permettait la création de 35.000 emplois. Aujourd'hui, il n'en crée que 20.000", constate le secrétaire général de l'Istiqlal.
"Ces chiffres ont été enregistrés malgré les efforts fournis par le gouvernement : augmentation des investissements publics qui ont atteint cette année 330 MMDH, mise en place des programmes Awrach et Forsa, le dispositif d'exonération d'impôt sur le revenu durant les deux premières années de recrutement des entreprises...".
Le ministre ajoute toutefois sur un ton confiant : "Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour savoir s'il est possible de dépasser cette situation. Nous affirmons, à cette occasion, que le Maroc a de fortes chances de dépasser cette problématique, notamment en profitant des changements à l'échelle mondiale (baisse de la natalité, pénurie de cadres qualifiés...) pour libérer le potentiel de la création d'emplois et exploiter les nouveaux gisements de l'emploi. Or, de nouveaux métiers, au niveau national comme international, se présentent aujourd'hui".
Ce que veut dire Baraka, c'est que dans l'évolution du monde, et dans le contexte international, se présentent de nouvelles opportunités. Mais celles-ci, bien évidemment, ne fourniront pas une solution immédiate à l'impatience des chômeurs et au pic de chômage. Ce sont des dispositifs qui se mettront en place progressivement. Tout y est passé: les grands chantiers en prévision du Mondial 2030; le tourisme et les dizaines de milliers de lits supplémentaires prévus; l'offre hydrogène vert et les énergies renouvelables; le gaz et la feuille de route d'infrastructures gazières; les nouvelles technologies; la formation d'ingénieurs; le déclin démographique de l'Europe; le co-développement; l'intégration économique africaine...
"La nouvelle Charte de l'investissement et le produit Cap Access permettront d'accélérer la dynamique de création d'emplois" (Chakib Al Alj)
Présent également lors de la conférence- et c'est une première car il s'agit d'un parti politique, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a rappelé les messages du patronat. A juste titre, il a évoqué le problème de la compétitivité des entreprises et de l'économie marocaine: "Notre objectif est d'assurer une relance économique forte et pérenne, via la promotion de l'investissement productif et le renforcement de la compétitivité des entreprises nationales qui souffrent aujourd'hui des séquelles d'une conjoncture mondiale difficile, à laquelle vient s'ajouter une sécheresse sans précédent". Il affirme que le patronat reste très optimiste, et rappelle CapAccess et la charte de l'Investissement, sans oublier le programme ambritieux d'investissements à l'horizon 2030. Le secteur privé veut atteindre l'objectif de 550 milliards de DH d'investissements d'ici 2026et d'une part des deux tiers pour l'investissement privé.
Mais "à la CGEM, nous attendons avec impatience le dispositif de la charte de l'investissement relatif aux PME". Il évoque les zones industrielles, revient sur les TPME, le financement bancaire dédié aux PME qu'il qualifie de lent et difficile, la réduction des coûts des facteurs, la nécessaire libération de l'investissement dans la production électrique et la simplification des procédures. Pour le dialogue social, la CGEM "demande un dialogue équilibré, elle ne tient pas à tirer la couverture". Concernant la formation professionnelle, "financée par les entreprises, celles-ci sont assez rares à pouvoir y accéder". Le patronat, attend également, énième rappel, la loi organique sur la grève et les amendements du code du travail.
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