Les chocs climatiques au Maroc menacent les portefeuilles des banques (BM et BAM)
L'évaluation des risques climatiques au sein du secteur bancaire marocain révèle une préoccupation latente concernant l'exposition des portefeuilles bancaires aux risques de sécheresse et d'inondation. Détails.
Dans un communiqué rendu public le 16 avril, Bank Al-Maghrib annonce la publication du rapport après une étude menée conjointement avec la Banque mondiale. Cette étude, première du genre dans la région MENA, offre une analyse approfondie des impacts des risques climatiques sur le secteur bancaire marocain.
Les portefeuilles de crédit des banques au Maroc sont géographiquement concentrés, principalement dans quelques régions, avec une forte concentration sectorielle.
Environ 60% du crédit total est concentré à Casablanca, tandis que Casablanca, Rabat et Marrakech représentent ensemble 77% du total des prêts. Ainsi, une part significative des prêts bancaires est accordée à des régions sujettes aux sécheresses, où l'on prévoit une réduction notable de la production agricole, et qui sont également susceptibles de subir des dommages graves lors d'inondations extrêmes. Des estimations indiquent que ces provinces pourraient subir des dommages supérieurs à 1% de leur capital total.
Les trois secteurs les plus exposés : agriculture, agro-industrie et transformation alimentaire
L'agriculture, l'agro-industrie et la transformation alimentaire sont parmi les secteurs les plus exposés aux risques climatiques, représentant près de 8% des prêts bancaires, tandis que le tourisme et les prêts hypothécaires aux ménages représentent un quart supplémentaire. Environ un tiers des prêts au Maroc sont accordés à des secteurs exposés à des risques climatiques élevés, soulignant l'importance pour les banques de prendre en compte ces risques dans leur gestion des portefeuilles de crédit.
Ces concentrations géographiques et sectorielles de crédit ont des implications majeures pour les risques climatiques auxquels les banques sont exposées.
Bien que les sécheresses et les inondations puissent affecter tous les secteurs économiques, certains sont particulièrement vulnérables. Les chocs causés par les sécheresses affectent directement le secteur agricole, entraînant des pertes économiques considérables, tandis que les inondations peuvent endommager directement le capital dans tous les secteurs qui possèdent des actifs dans les zones touchées. En conséquence, les entreprises et les agents économiques dans ces régions ou secteurs sont exposés à des pertes financières importantes, menaçant leur capacité à honorer leurs obligations de remboursement.
Recommandations
Le rapport conclut que Bank Al-Maghrib devrait améliorer sa compréhension et sa gestion des risques climatiques financiers. Cela implique d'améliorer les scénarios et la modélisation des risques, ainsi que la qualité des données utilisées. La Banque centrale devrait également réévaluer son cadre de suivi des risques pour y inclure les risques climatiques de manière structurelle. En outre, des orientations de supervision sur les risques climatiques peuvent aider le secteur bancaire à mieux gérer ces risques.
Il est également crucial de combler les lacunes de données pour permettre une meilleure mesure des risques climatiques et des tests de résistance financière. Enfin, des orientations prospectives sur les politiques climatiques peuvent soutenir les décisions à long terme en matière de gestion des risques.
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