Importation de viandes rouges : des contrôles stricts prévus, la liste des pays exportateurs fixée
Pour faire face à la crise actuelle dans le secteur, le gouvernement a décidé d'autoriser les importations, pour une durée limitée, de viande rouge fraîche et prête à la consommation. Comment celle-ci sera-t-elle conservée ? Comment les points de vente seront-ils livrés ? Et qu’est-ce qui atteste de sa bonne qualité ? Sondés par Médias24, des opérateurs du secteur nous apportent des éclaircissements.
Le premier point sur lequel insistent nos sources est celui de la qualité des viandes rouges importées.
Des contrôles stricts seront effectués
"La viande importée sera d’une qualité supérieure", assurent d'emblée nos interlocuteurs. "Tous les contrôles et les mesures sanitaires pour garantir la qualité et la salubrité de ces aliments seront réalisés et respectés par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que les organismes internationaux des pays exportateurs".
"Les exigences en matière d’importation de viande rouge depuis l’Europe vers le Maroc seront élevées, de manière à ce que la sécurité sanitaire et alimentaire soit garantie", insistent nos sources. "Nous passons donc à un niveau supérieur en termes de contrôle".
En effet, dans une décision publiée ce 15 octobre à ce sujet, et qui prend effet à compter de la même date, l’ONSSA précise que "toutes les viandes importées doivent être accompagnées d’un certificat sanitaire, délivré par les autorités compétentes du pays d’origine, ainsi qu'un certificat d’abattage halal, délivré par l’organisme islamique habilité du pays d’origine".
Et d’ajouter : "Les viandes importées seront contrôlées au niveau des postes d’inspection frontaliers, conformément à la réglementation en vigueur".
Les viandes seront importées en carcasses
Toujours d’après les opérateurs joints par nos soins, "ces viandes, qui seront importées en carcasses, seront stockées au Maroc dans des unités spécialisées qui disposent de tous les moyens et équipements nécessaires afin de garantir leur qualité et maintenir leur salubrité à un niveau très élevé". C’est en effet l’une des exigences de l’ONSSA dans sa décision de ce 15 octobre.
L'Office précise que "l’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé".
"À leur arrivée, ces viandes vont subir un contrôle sanitaire et seront estampillées pour prouver qu’elles sont passées par les services sanitaires marocains avant d’être distribuées".
L’importateur doit disposer d’un lieu d’entreposage des viandes agréé
"Elles seront également accompagnées d’un certificat ‘halal’ d’un organisme certifié. Ce n’est toutefois pas n’importe quel organisme 'halal' qui sera validé par le gouvernement. Il s’agira seulement des organismes de référence en termes de contrôle de la qualité 'halal'", soulignent nos interlocuteurs.
"Pour baisser les prix, tous les intervenants de la chaîne doivent jouer le jeu"
"Ces viandes seront distribuées au niveau de tous les revendeurs, notamment les bouchers et les grandes surfaces". Ces derniers pourront commander leur viande auprès des importateurs et seront livrés par la suite.
"À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu'elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’ qui pourra être affichée dans les magasins", entre autres, pour rassurer la clientèle.
Dans ces points de vente, la viande sera vendue normalement, sans aucune mention spéciale affichée, nous explique-t-on, mais "le prix fera la différence". Le boucher est également tenu d’informer les clients si des questions se posent quant à l’origine des viandes.
À la livraison, la viande importée sera accompagnée d’un certificat sanitaire qui justifie qu'elle a passé tous les contrôles sanitaires, en plus d’une copie du certificat ‘halal’
Notre source souligne par ailleurs que "cette opération ne va bien fonctionner que si tous les opérateurs de la chaîne jouent le jeu. Le boucher ne doit pas acheter moins cher et vendre au même prix que la viande locale".
Tous les intervenants doivent alors être "corrects", à savoir l’importateur, le boucher et les grandes surfaces, dans la détermination des prix des viandes importées, l'objectif principal de cette mesure étant de fournir de la viande rouge de bonne qualité à des prix plus bas. Et pour éviter les spéculations, le gouvernement est également en train d’étudier les mécanismes possibles : il peut s’agir du plafonnement des prix, ou encore de la fixation d’un prix de référence.
Quid du niveau de baisse prévu pour les prix de vente au consommateur final ? "Personne ne peut prédire de combien sera cette baisse pour le moment", expliquent nos sources. "Ce que nous pouvons confirmer, c’est que les prospections sont en cours, et que le marché international est actuellement moins cher par rapport au Royaume".
Les pays exportateurs fixés
Pour ce qui est des pays d’importation, la liste a été fixée par l’ONSSA. L’importation des viandes rouges fraîches (congelées ou réfrigérées) au Maroc pourra être effectuée à partir des pays suivants :
- pour les viandes ovines et caprines : tous les pays de l’Union européenne, Andorre, Albanie, Argentine, Australie, Canada, Chili, Etats-Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Russie, Serbie, Singapour, Suisse, Uruguay.
- pour les viandes bovines : tous les pays sus-cités, en plus du Brésil, du Paraguay et de l’Ukraine.
Cette liste peut toutefois être modifiées en cas d’émergence d’un risque sanitaire pour la santé humaine ou animale lié à l’importation des viandes, souligne l’Office.
Une opération à durée déterminée
Cette opération ne sera en vigueur que pour une durée déterminée. "Les opérateurs du secteur disent qu’ils seront à même de baisser les prix des viandes locales dans les prochains mois. Pour leur permettre d’arriver à des prix compétitifs, le gouvernement a donc décidé de gérer ce gap, en assurant la disponibilité des viandes rouges sur le marché à des prix plus bas".
"Lorsque les prix des viandes locales seront moins élevés, les importations s’arrêteront automatiquement", concluent nos interlocuteurs.
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