L’Algérie, De Mistura, les tables rondes…, les petites phrases de Hilale après le vote de la résolution 2756
Juste après le vote, par le Conseil de sécurité, de la résolution 2756 prorogeant d’une année le mandat de la Minurso, Omar Hilale a tenu un point de presse au siège des Nations-Unies à New York pour apporter un éclairage sur diverses questions. Verbatim.
"Cette nouvelle résolution répond aux attentes du Royaume et elle promeut l'initiative marocaine d'autonomie, demande la reprise du processus politique, interpelle sur les violations des droits de l'Homme et l'enregistrement des populations séquestrées des camps à Tindouf et satisfait aux requêtes marocaines", souligne l’ambassadeur-représentant permanent du Royaume à l’ONU.
Pour le diplomate marocain, cette résolution vient consacrer, pour la 17ème année consécutive "la prééminence de l'initiative marocaine d'autonomie, la qualifiant d'effort sérieux et crédible et la positionnant en tant que seule et unique base pour la négociation d'une solution politique au différend régional dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Royaume".
"Cette résolution demande au Conseil de sécurité de prendre en considération la dynamique internationale et le momentum au profit de l'initiative marocaine d'autonomie qui jouit du soutien de 20 membres de l'Union européenne, deux membres permanents du Conseil de sécurité (…) et plus d'une centaine de pays, d'organisations internationales et régionales à travers le monde", se félicite Omar Hilale.
De la responsabilité de l’Algérie
"Le Conseil de sécurité demande la reprise du processus politique en exhortant toutes les parties de s'y engager de manière constructive". Pour Omar Hilale, "cet appel s'adresse plus particulièrement à l'Algérie, qui est citée à cinq reprises en tant que partie prenante, parce qu'elle s'oppose au processus politique et surtout elle s'oppose depuis trois ans à la tenue des tables rondes".
"Nous l'espérons. Bien que nous ne sommes pas certains. Tout simplement parce que l'Algérie s'arc-boute sur sa position de rejeter les tables rondes alors qu'elle avait participé à ces tables rondes", répond Omar Hilale à une question concernant la reprise des négociations en présence du voisin de l’Est.
"L'Algérie, depuis pratiquement le départ de l'ex-envoyé personnel, M. Kohler, a refusé de reprendre sa place autour de ces tables. Nous le regrettons amèrement, mais cela n'absout pas l'Algérie de sa responsabilité. Elle est responsable du blocage, elle est responsable de cette situation où l'Envoyé personnel ne peut rien faire, elle est responsable de ce qui se passe dans les camps, elle est responsable également de l'armement du polisario, de son financement, elle est responsable pratiquement de toute cette tragédie du peuple algérien qui s'appauvrit alors qu'on finance à bras ouverts un groupe séparatistes, on finance également les campagnes médiatiques, les campagnes diplomatiques. ou aurions souhaité que l'Algérie reprenne sa place et que ce qu'elle a à dire ici au Conseil, ce qu'elle a à dire à l'Assemblée générale ou à la quatrième commission, qu'elle vienne, qu'elle le dise", explique le diplomate marocain.
De Mistura: "S'il doit partir, on ne va pas le retenir"
"Nous étions très surpris par ce commentaire et cette affirmation. Pour nous, c'est très clair. L'ambassadeur général a un mandat très clair", répond le diplomate marocain à une question sur De Mistura qui avait déclaré qu’il rendrait le tablier, dans six mois, faute de progrès.
Omar Hilale accuse l’Envoyé personnel du SG de l’ONU de complaisance avec l’Algérie et l’appelle à "agir avec autorité". Cette autorité que lui confèrent les contours de son mandat. Cette autorité dont avait usé Christopher Ross, par exemple.
"Je voudrais rappeler ici que pour les discussions de Manhasset, l’ancien Envoyé spécial, Christopher Ross, n'a pas demandé l'opinion du Maroc, de l’Algérie ou de la Mauritanie. «Est-ce que vous pourriez venir à Manhasset?». Il a juste décidé de la date et du lieu et il a envoyé l’invitation", argumente l’ambassadeur marocain. Horst Köhler, autre ancien Envoyé spécial, a agi de même quand il a convoqué les tables rondes de Genève.
"Nous lui faisons confiance, mais s'il doit partir, on ne va pas le retenir, parce qu'on doit respecter sa volonté. Mais j'insiste, reposez-lui la question. S'il vous dit quelque chose, tenez-moi informé, s'il vous plaît", ajoute Omar Hilale à propos de De Mistura.
Un menu ? Mais où sont les invités ?!
Quant à l’appel de De Mistura au Maroc pour détailler son Plan d’autonomie, l’ambassadeur marocain a été on ne peut plus clair. Il a répondu que le texte de ce plan était public pour qui voudrait en prendre connaissance. Pour plus de détails, cela ne serait pas faisable faute de tables rondes.
"J'invite le secrétariat qui suit le dossier du Sahara marocain, au département politique ici, à donner le compte rendu à M. de Mistura pour qu'il sache que ça a été déjà discuté, nous avons détaillé. Mais pour détailler encore, nous avons besoin d'un partenaire. Le Maroc a été très clair. Dès qu'ils acceptent l'autonomie en tant que solution définitive dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc, tout devient possible et on détaillera autant qu'ils le voudront et nous serons ouverts à la discussion", précise le diplomate marocain qui réaffirme que le Royaume a présenté une offre négociable.
"Nous n'avons jamais dit que c'est un texte à prendre ou à laisser. Nous avons dit que c'est un texte négociable. Et nous avons dit que nous sommes prêts à faire de ces cinq pages une centaine, cinq cents pages de détails", conclut M. Hilale sur ce volet.
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.