Fact-checking : le ministre Berrada a-t-il réellement autorisé les enseignants du public à exercer dans le privé?
Une circulaire publiée récemment par le ministère de l'Éducation nationale fait polémique. Et pour cause, certains ont compris que le ministère permet désormais aux enseignants du public de travailler dans le privé. En réalité, cette opération, loin d'être nouvelle, est autorisée sous condition depuis les années 2000.
Le ministère de l'Education nationale a publié, le 11 novembre, une nouvelle circulaire portant autorisation des enseignants du secteur public d'assurer des heures supplémentaires dans des établissements d’enseignement privé. Les commentaires se sont rapidement déchaînés, laissant croire qu'il s'agissait d'une nouvelle décision.
Or, il n'en est rien. Cette autorisation et la procédure qui l'encadre datent bien des années 2000, notamment depuis l'adoption de la loi n° 06.00 relative au statut de l'enseignement scolaire privé (19 mai 2000).
Depuis cette date, différentes circulaires ont été publiées par le ministère de l'Education nationale, expliquant les conditions nécessaires pour l'obtention de cette autorisation. Des circulaires que Médias24 a pu consulter.
Encadrer davantage cette procédure
La récente circulaire vient encadrer davantage cette opération et "serrer la vis" autour de cette pratique à laquelle se livrent certains enseignants du public avec ou sans autorisation, apprend Médias24 auprès d'une source au sein du ministère.
En consultant les différentes circulaires publiées ces dernières années à ce propos, nous constatons que la seule nouveauté apportée par la circulaire du 11 novembre concerne le délai maximum pour la soumission de la demande et la délivrance de l'autorisation préliminaire, ainsi que le changement de l'autorité compétente chargée d'étudier et de statuer sur ces demandes.
Les demandes doivent désormais être soumises par les enseignants entre le 1er avril et le 15 mai de chaque année. Le directeur de l’établissement public concerné examine la demande et émet un avis positif ou de rejet, en tenant compte de l’intérêt suprême des élèves de l’établissement public où l’enseignant travaille.
Le directeur de l'établissement transmet ensuite la demande à la Direction provinciale au plus tard le 20 mai de chaque année. Cette direction est désormais l'autorité compétente chargée d'étudier les demandes. Auparavant, cette prérogative relevait des chefs de division. Les autorisations préliminaires sont accordées par les Académies régionales d’éducation et de formation (AREF) sur avis de la Drection provinciale. L'autorisation définitive est délivrée aux enseignants avant la fin du mois de septembre de chaque année.
Les écoles privées qui font appel aux enseignants du public sont par ailleurs appelées à fournir chaque mois, à l'AREF dont elles relèvent, la liste des enseignants du secteur public qui travaillent pour elles, incluant les emplois du temps et le nombre d'heures effectuées.
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.