Taxation des gains des clients des casinos : une mesure préjudiciable au tourisme (Opérateurs)
Selon plusieurs exploitants de casinos, la taxation des gains des joueurs prévue par le projet de loi de finances 2025 ne permettra pas d’augmenter les recettes fiscales. Nos interlocuteurs, qui souhaitent négocier, affirment que cette mesure sera contre-productive et nuira à l’attractivité touristique du Maroc, avec un impact direct sur leur activité et sur les nouveaux investisseurs qui éliront d’autres destinations.
Le projet de taxer de 30% les gains des joueurs de hasard, qui sera examiné par la deuxième chambre du Parlement en décembre prochain, ne suscite pas un grand enthousiasme chez les opérateurs de casinos qui estiment que cette disposition sera préjudiciable à l’ensemble de l’écosystème touristique du Maroc. Explications.
"Une perte sèche d’au moins 30% des joueurs habituels"
"Nous estimons qu’un minimum de 30% de nos joueurs habituels, aussi bien marocains qu’étrangers, ne reviendront plus dans les 7 casinos du Royaume et qu’ils préféreront aller dépenser leur argent en Espagne, en Égypte, à Chypre ou à Malte qui seront heureux de pouvoir ravir des touristes au Maroc", nous déclarent plusieurs exploitants, en rappelant que ces pays n'imposent pas les gains des joueurs.
En effet, plusieurs grandes destinations touristiques, à l'instar du Portugal, qui avaient imposé cette mesure dans un passé récent avaient dû finalement faire machine arrière, après avoir constaté une désaffection de leurs clients ayant entraîné une baisse de leurs rentrées en devises et en recettes fiscales.
Une mesure imposée sans aucune concertation avec la profession
Disposés à participer à l’effort fiscal, nos interlocuteurs révèlent que la profession, déjà soumise à un cahier des charges strict en termes d’obligations fiscales, aurait préféré être imposée plutôt que de faire fuir ses clients et d'encourager les jeux illégaux dans des tripots clandestins.
Pour éviter de priver le Maroc d'un marché lucratif en plein développement, la logique aurait, selon eux, dicté de taxer directement les exploitants de casinos à hauteur de 5% de leurs revenus bruts, qui s’élèvent à environ un milliard de dirhams par an déjà soumis à la taxe sur les jeux acquittée aux communes où ils sont domiciliés et à une TVA de 20%.
La profession prédit un impact négatif sur l’ensemble de l’écosystème et sur les recettes fiscales
"Confronté à une baisse inévitable du nombre de ses clients, le secteur devra repenser sa stratégie au Maroc et s’il n'y aura pas de fermeture, des compressions de personnel ne sont pas à exclure, sachant que les casinos emploient directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes". Nos sources ajoutent que les autres hôteliers seront également affectés, car une quinzaine de gros clients des casinos sont invités chaque jour dans d’autres établissements de luxe.
Et de prédire que les autorités vont se rendre compte au bout de six mois d'application de cette loi que les recettes des casinos vont baisser et que cela fera moins d'impôts à récolter pour les caisses de l’Etat, avec des conséquences sur l'ensemble des opérateurs de l'écosystème du tourisme.
"Aucun nouvel opérateur ne voudra investir au Maroc"
N’ayant pas été consultés lors de la préparation de cette loi, concoctée par le ministère en charge du Budget, les exploitants affirment que cette disposition "à l’impact rédhibitoire" découragera également les investisseurs potentiels du secteur.
"Il est évident que l’éventuelle adoption de cette mesure ne permettra pas au Maroc de devenir une grande destination mondiale de casinos, car aucun nouvel investisseur ne voudra venir ouvrir un établissement, sachant que la concurrence à l’étranger est bien plus attractive en termes de fiscalité", estiment nos sources. Elles précisent que la priorité des investisseurs est de fidéliser leurs clients qui gagnent beaucoup moins que ce qu’ils perdent, et pas de les faire fuir avec des gains réduits de 30%.
Se disant prêts à des compromis, les opérateurs estiment que le ministère en charge du Budget se doit d'écouter leurs doléances, sous peine de remettre en cause la dynamique actuelle de développement qui ambitionne de faire du Maroc, à l'horizon 2030, une des 15 destinations mondiales du tourisme.
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