Somagec lance un projet énergétique stratégique de 13 MMDH entre l'Angola et la RDC
Le gouvernement angolais et Somagec Energie Holding Ltd., (groupe Somagec), ont signé fin janvier 2025 un protocole d’accord portant sur l’exportation d’électricité de l’Angola vers la République démocratique du Congo (RDC). Les détails du projet.
L’accord a été signé le 31 janvier 2025 à Luanda, la capitale angolaise, par João Baptista Borges, ministre de l’Énergie et de l’Eau d’Angola, et Roger Sahyoun, président de Somagec. La cérémonie a rassemblé plusieurs acteurs économiques et diplomatiques, dont Saâdia El Alaoui, ambassadrice du Maroc en Angola.
Le projet consiste en la conception, le financement, la construction et l’exploitation d’une ligne de transmission haute tension 400 KV et des sous-stations associées, d’une longueur d’environ 400 km au nord et 700 km à l’est, pour acheminer de l’énergie électrique entre l’Angola et la RDC. Ce projet nécessitera un investissement de 1,3 milliard de dollars (environ 13 milliards de DH).
« Aujourd’hui, le groupe Somagec porte une vision ambitieuse alignée sur celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, visant à renforcer la coopération Sud-Sud entre le Royaume du Maroc et les pays africains, notamment la République d'Angola », explique à Médias24 Mohamed Mjidou, directeur Énergie et business development chez Somagec.
Le groupe marocain Somagec, connu pour son expertise dans les travaux publics depuis les années 60 (construction de ports, aéroports, ponts, barrages, traitement et transfert de l’eau, et valorisations déchets), a diversifié ses activités ces cinq dernières années en se lançant dans le secteur de l’énergie.
Un projet né d’un besoin crucial
Cette initiative répond à un besoin pressant : le partage d’énergie entre les pays de la région du Southern African Power Pool (SAPP). "La RDC, bien que riche en ressources minières et abritant de nombreuses sociétés minières, souffre d’un déficit énergétique criant", souligne M. Mjidou.

L’Angola dispose d’un excédent d’énergie hydraulique important. Avec une capacité installée d’environ 6500 mégawatts, seulement 2300 mégawatts sont actuellement utilisés, laissant un potentiel inexploité de 4000 mégawatts (4 gigawatts). "Notre vision était de trouver le moyen de transporter cette énergie excédentaire vers des pays qui en ont grand besoin, comme la RDC et d’autres pays de la zone SAPP ", précise-t-il.
Une autoroute énergétique pour combler le déficit
La mise en place des infrastructures nécessaires à la réalisation du projet d’autoroute énergétique entre l’Angola et la République démocratique du Congo (RDC) se déroulera en deux phases.
La première concerne la ligne du Nord, dont la réalisation est prévue pour une durée de 3 ans. Elle reliera le nord de l'Angola au sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), sur un linéaire de 400 kilomètres. Cette ligne pourra transporter une capacité allant jusqu'à 700 mégawatts.
Quant à la deuxième phase, elle portera sur la ligne de l’Est, qui s’étendra sur une période de 4 ans. Cette ligne reliera l’est de l’Angola à la zone de Kolwezi, en RDC, où se concentrent de nombreuses mines. La longueur de cette ligne sera de 700 kilomètres et sa capacité de transport sera plus importante, allant de 700 à 1.400 mégawatts.
"L'objectif est de transporter sur cette autoroute énergétique une capacité d’environ 2 GW. La réalisation de ces deux interconnexions électriques permettra non seulement de réduire le déficit énergétique en RDC, mais aussi de renforcer le réseau électrique des deux pays, d'améliorer la stabilité du transport d’énergie et sa distribution dans les deux territoires", explique M. Mjidou.
L’exploitation du projet est prévue pour une période de 25 à 30 ans dans le cadre d’un partenariat public-privé (Build-Operate-Transfer).
Somagec compte mobiliser des ressources marocaines et locales pour la réalisation de ce projet, en veillant au transfert de savoir-faire entre les équipes marocaines et locales.
Un impact social, économique et environnemental
"Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement durable, alignée avec les objectifs climatiques mondiaux", affirme le responsable de Somagec. L’énergie transportée étant d’origine hydraulique, elle est verte et durable, permettant de réduire les émissions de carbone et de respecter l'environnement.
L’accès à cette énergie aura un impact significatif sur les plans social, économique et environnemental dans les deux pays. "Quand vous apportez de l’énergie à une région, cela a un impact positif direct sur l’éducation, la santé, l’environnement et la qualité de vie des populations. Cela génère aussi des revenus importants aux deux États".
« L’insuffisance énergétique en Afrique freine le développement industriel, social, éducatif et sanitaire des pays. C’est pourquoi nous avons décidé de nous engager dans ce secteur », conclut M. Mjidou.
En plus de ce projet d'autoroute électrique, Somagec est déjà engagée dans d’autres initiatives énergétiques en Afrique.
À travers sa filiale, Somagec Holding Energy, elle fournit actuellement de l'énergie électrique aux exploitants miniers de la région via sa société de trading EnPower.
Cette distribution, qui a commencé en septembre 2023, se fait à travers des lignes existantes, en attendant la construction de sa propre ligne d’interconnexion de 200 km en 330 kV, d'un investissement de 280 millions de dollars US (2,8 milliards de DH). Les travaux de construction de cette nouvelle ligne commenceront dès le mois de mars de cette année.
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