Gérald Darmanin au Maroc : “Plus nous dialoguons, plus nous évitons des drames”
En visite officielle au Maroc ce dimanche 9 mars, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réaffirmé la solidité des relations bilatérales entre les deux pays, en insistant sur l’importance de la coopération judiciaire et sécuritaire.
"Cette visite traduit une amitié profonde et un partenariat renouvelé et renforcé entre nos deux pays, liés par une histoire commune, un attachement réciproque et des relations de fraternité et de solidarité essentielles", a déclaré Gérald Darmanin dans une interview à la chaîne marocaine 2M.
Un engagement commun contre le terrorisme et le narcotrafic
"Au fil des années, même dans les périodes de tensions, des actions communes ont toujours été menées entre la justice marocaine et la justice française", a souligné Gérald Darmanin, rappelant les efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic. "Nous sommes profondément reconnaissants envers les services marocains pour leur engagement indéfectible en matière de sécurité, qui bénéficie tant à la France qu’aux Français", a insisté le garde des sceaux français.
Nous sommes profondément reconnaissants envers les services marocains pour leur engagement indéfectible en matière de sécurité, qui bénéficie tant à la France qu’aux Français
Le droit civil, un axe majeur de coopération
Au-delà des enjeux sécuritaires, la coopération entre les deux pays s’étend également au domaine du droit civil, un aspect qui touche directement la vie quotidienne des citoyens français et marocains. "Mariages, divorces, présentation des enfants, successions ou encore accompagnement économique", autant de dossiers nécessitant un dialogue constant entre les autorités judiciaires des deux pays. "C’est un domaine dans lequel nous devons encore progresser, et c'est précisément l’objet de nos discussions aujourd’hui avec mon homologue marocain", a affirmé M. Darmanin.
Une coopération exemplaire contre le terrorisme
La collaboration maroco-française dans la lutte contre le terrorisme est qualifiée d'"exemplaire" par le ministre. "J’ai eu l’occasion de la vivre de près durant mes quatre ans et demi en tant que ministre de l’Intérieur, et aujourd’hui encore en tant que ministre de la Justice", a-t-il déclaré. Il a salué "le travail remarquable mené par le Maroc, notamment dans la lutte contre la radicalisation", qui permet un échange d’informations crucial pour anticiper les menaces.
Le Maroc et la France travaillent ensemble pour "déjouer des attentats qui pourraient frapper l’un ou l’autre pays". Ils collaborent également sur la gestion des individus impliqués dans des actes terroristes, qu’ils aient rejoint des zones de conflit comme celles contrôlées par l’État islamique ou qu’ils soient détenus dans les prisons françaises et marocaines. "Plus nous dialoguons, plus nous sommes en mesure d’éviter des drames", a insisté Gérald Darmanin.
Le défi du gel et de la confiscation des avoirs criminels
Le ministre français a également mis en avant la question du gel et de la confiscation des avoirs issus du crime organisé, notamment du trafic de drogue. "Le produit du trafic de drogue se matérialise sous forme d’argent, de biens immobiliers, de véhicules et même de cryptomonnaies. Il est essentiel de pouvoir les saisir, ce que les services marocains font déjà avec efficacité", a-t-il expliqué.
Toutefois, malgré les efforts des deux pays, le taux de confiscation reste encore insuffisant. "Aujourd’hui, nous saisissons beaucoup de biens dans le cadre des affaires judiciaires, mais nous en confisquons encore trop peu de chaque côté de la Méditerranée. Il est impératif d’améliorer cette situation", a-t-il admis. En France, sur 1,4 milliard d’euros de saisies, seuls 300 millions d’euros sont réellement confisqués, un chiffre qu’il juge insuffisant.
"Notre pays dispose d’une agence spécialisée, dotée d’un modèle original, qui pourrait être mise à contribution pour renforcer cette coopération", a-t-il suggéré. Pour lui, l’objectif est clair : "transformer les saisies en confiscations effectives, afin que l’argent du crime organisé ne profite plus aux trafiquants et à leurs familles, mais plutôt à nos écoles et hôpitaux".
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