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Dossier Cet article est issu du dossier «Textile : ce que l’installation de Sunrise au Maroc pourrait changer» Voir tout le sommaire
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Sunrise s'installe au Maroc : les coulisses d’un investissement stratégique (2/3)

Le Maroc, nouveau terrain de production de Sunrise avec un investissement de 2,3 milliards de dirhams. Comment le pays a-t-il réussi à séduire ce géant international ? Découvrez les coulisses d'une stratégie de prospection qui a mené à la confirmation d'un investissement structurant pour le secteur textile marocain.

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Le 25 avril 2025 à 12h00 | Modifié 27 avril 2025 à 10h43

L’annonce de Sunrise, géant chinois du textile, d’un investissement de 2,3 milliards de dirhams au Maroc ne s’est pas faite à la légère. Derrière cette décision se cache un travail de terrain, une analyse de marché approfondie et une évaluation précise des coûts et des rendements attendus. Ce n’est pas simplement une question d’incitations fiscales, mais bien d’une offre marocaine pensée sur mesure pour répondre aux exigences d’un acteur international de cette envergure.

Pour en savoir plus, Médias24 a échangé avec Hind Saidi, responsable du département Textile et Cuir à l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE). Hind Saidi a suivi de près le dossier Sunrise. Selon elle, ce projet s’inscrit dans une démarche proactive de prospection. "Le processus d'attraction de Sunrise a été initié dans le cadre d'une stratégie réfléchie, avec des missions ciblées en Chine, où la délégation marocaine a mis en avant les atouts compétitifs du pays", nous raconte-t-elle.

Le Maroc, un choix stratégique pour Sunrise

"Chaque mission visait à répondre précisément aux attentes de Sunrise, en mettant en avant des infrastructures modernes, un vivier de talents qualifiés, et un accès stratégique aux ressources industrielles clés. Le secteur offre également un potentiel de croissance porté par un marché en pleine dynamique, notamment grâce à son ancrage exportateur vers des marchés comme l’Europe et les États-Unis", poursuit notre interlocutrice.

Mais ce n’est pas tout : la décision de Sunrise de se rendre au Maroc pour une visite sur le terrain en novembre 2023 a marqué une étape décisive. "Ce n’était pas une simple visite classique", précise notre source à l'AMDIE, ajoutant que tout le processus a été dirigé par l'Agence, qui a orchestré les échanges avec les ministères, les autorités locales et la fédération professionnelle.

"Plusieurs équipes techniques du groupe se sont relayées pour explorer en détail l’ensemble du tissu industriel marocain, à travers plusieurs régions. Chaque région a mis en avant ses atouts".

L'implication des institutions, comme l’audience avec le Chef du gouvernement, a envoyé un signal fort : le Maroc était prêt à soutenir pleinement ce projet.

Une compétitivité marocaine face à une concurrence féroce

Le Royaume n'était pas seul en lice. Car en parallèle, Sunrise envisageait une implantation au Mexique. "La réflexion était sérieuse et la compétition était réelle", nous confie-t-on à l'AMDIE.

Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du Maroc ? "C’est la stabilité politique du Maroc, sa proximité géographique avec l’Europe et les accords de libre-échange. Mais au-delà de ces facteurs, c’est l’approche globale et anticipée du Maroc qui a convaincu Sunrise."

Le Maroc a su offrir bien plus qu’une simple proposition économique. Le pays a présenté une vision claire et structurée, avec un positionnement géographique stratégique, une politique industrielle cohérente et une main-d’œuvre qualifiée. "C’est cette synergie entre les ambitions de Sunrise et les avantages concurrentiels du Maroc qui a permis de conclure un partenariat stratégique et mutuellement bénéfique", souligne l'AMDIE.

Skhirat et Fès : des choix stratégiques

Après plusieurs visites techniques dans différentes régions du pays, Sunrise a finalement opté pour Fès et Skhirat, qui se sont distingués. Le choix s'est fait en fonction de critères multiples : "disponibilité de la main-d’œuvre, proximité des infrastructures logistiques, qualité de l’écosystème industriel existant, et présence de zones industrielles adaptées aux besoins spécifiques du groupe", détaille notre source.

"Skhirat bénéficie d’un fort potentiel de développement et d’une dynamique sociale propice. Le projet de Sunrise contribuera à soutenir l’économie locale, en offrant de réelles opportunités d’emploi et en renforçant l’intégration sociale. Fès, de son côté, est une région en pleine montée en puissance sur le plan industriel. Elle est reconnue pour son savoir-faire artisanal avec une main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures modernes."

Pour l'AMDIE, l’implantation de Sunrise représente un tournant pour le secteur textile marocain. L’objectif est de renforcer l’intégration amont du secteur, traditionnellement dépendant des importations de matières premières. Jusque-là, les textiliens marocains doivent importer fil, tissu ou autres intrants pour honorer leurs commandes. "Sunrise changera la donne en produisant localement du fil, et du tissu", précise notre source.

"Grâce à l’adoption du régime d’admission temporaire, l’entreprise peut fournir directement aux industriels locaux des intrants leur permettant de se libérer des dépendances extérieures tout en renforçant leur compétitivité. En effet, Sunrise ouvrira de nouvelles opportunités pour les acteurs locaux en mobilisant son réseau international et en connectant ses clients et partenaires aux entreprises marocaines ; elle les propulse ces derniers sur de nouveaux marchés, créant ainsi un véritable cercle vertueux", détaille-t-elle.

Ce projet vise justement à stimuler l’exportation des produits finis, avec une cible claire : les marchés européens et américains. "Ce modèle offre une double opportunité : renforcer la compétitivité des entreprises locales et ouvrir de nouveaux marchés", ajoute notre interlocutrice.

L’implantation de Sunrise pourrait bien être le catalyseur d’une transformation profonde du secteur textile marocain. En soutenant les acteurs locaux, en valorisant leurs compétences et en leur donnant accès à de nouveaux marchés, ce projet pourrait entraîner une véritable révolution dans l’industrie textile. "Ce changement de paradigme permet de renforcer l’autonomie des entreprises locales face aux fluctuations mondiales, tout en répondant aux exigences du marché international", conclut notre source à l'AMDIE.

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