Digitaliser, cela commence à l’école : lancement de la 2ᵉ phase de “Classes connectées Dir iddik”
Doter les écoles rurales d’équipements numériques modernes, former les enseignants, éveiller les élèves à la programmation et à la robotique : c’est l’ambition de la 2ᵉ phase du projet "Classes connectées Dir iddik". Le programme vise à équiper 100 écoles et permettre à plus de 30.000 élèves de bénéficier d’un environnement d’apprentissage connecté.
Pour bâtir une société numérique inclusive, il faut commencer là où tout se construit : à l’école. Une école connectée, c’est un enfant mieux préparé au monde de demain. C’est aussi une école qui n’exclut pas. Une école où la technologie devient un levier d’égalité.
C’est cette conviction que partagent le ministère de l’Éducation nationale, la Fondation Al Mada ainsi qu’inwi, partenaire technologique du programme. Le 4 juin 2025, à l’école Ouled Abdoun, dans la province de Fqih Bensalah, ils ont donné le coup d’envoi officiel de la deuxième phase du programme "Classes connectées Dir iddik", avec la signature d’une convention de partenariat entre le ministère et la Fondation.

Renforcer l’équité scolaire grâce au digital
Parmi les messages portés par le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Mohamed Saad Berrada : "Une école connectée est une école qui ne laisse aucun élève derrière, elle donne à chaque enfant, où qu’il soit, les mêmes chances de réussir". Il a précisé que l’ambition du ministère est de "fournir à chaque élève, où qu’il soit, des outils adaptés à son époque : connectivité, équipements, et demain, intelligence artificielle pour personnaliser les parcours d’apprentissage".
De son côté, Hassan Ouriagli, président de la Fondation Al Mada, a souligné que le digital est un catalyseur de transformation. Il permet de repenser l’école en profondeur, en créant des environnements d’apprentissage modernes, interactifs et réellement inclusifs.
Cette vision partagée se traduit déjà sur le terrain : une trentaine d’écoles ont été équipées lors de la première phase. La nouvelle étape ne s’arrête pas aux équipements. Elle mise aussi sur le renforcement des compétences pédagogiques aussi bien chez les enseignants que chez les élèves.
Pour les enseignants, des formations à la pédagogie active et aux usages du numérique sont proposées dans le cadre de la Caravane Coding pour tous, portée par le ministère.
Pour les élèves, une initiation progressive au numérique commence dès la première année du primaire, avec l’introduction de la programmation et de la robotique dans les deux dernières années du cycle.
Deux classes connectées, deux expériences complémentaires
L’école Ouled Abdoun illustre déjà concrètement ce que permet une classe connectée. Deux espaces d’apprentissage y ont été mis en place :
- Une classe pluridisciplinaire avec écran interactif connecté à Internet.
Dans cette classe, les cours de mathématiques, de sciences, d'arabe, de français ou d'éducation islamique prennent une nouvelle dimension. L’enseignant peut projeter du contenu, interagir avec les élèves, suivre les progrès de chacun en temps réel.
"En cours d’éducation islamique, par exemple, nous pouvons projeter une vidéo YouTube pour apprendre les règles de tajwid du Coran. Cela permet aux élèves de mieux comprendre et d’être plus engagés", explique un enseignant.
Cette technologie ne remplace pas le lien humain, elle le renforce. Elle rend l’enseignement plus vivant, participatif et personnalisé.
- Le second espace est une salle dédiée à la robotique et à la programmation.
Les élèves, dans les deux dernières années du primaire, y découvrent les bases de l’informatique. Grâce aux kits Vex GO et aux logiciels VexCode, un environnement visuel de programmation par blocs, ils apprennent à assembler des robots, à les programmer depuis un ordinateur, puis à les faire bouger selon des instructions qu’ils conçoivent eux-mêmes.
Dans cette classe, c’est une véritable initiation pour tous. Ils commencent par apprendre à manipuler une souris, ouvrir un fichier Word, comprendre la logique d’un enchaînement de commandes. Et en l’espace de quelques mois, ils deviennent capables de programmer seuls.
En fin d’année, chaque groupe de deux ou trois élèves présente un projet de programmation autonome : jeu interactif, robot mobile…
Voir ces enfants s’approprier les outils technologiques avec une telle aisance, dès le primaire, c’est bien plus qu’un simple apprentissage. C’est leur donner une longueur d’avance, les préparer concrètement aux métiers de demain, et leur dire, très clairement, qu’ils ont toute leur place dans le monde numérique à venir.
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