Amine Tahraoui annonce l’accélération des projets de CHU au Maroc (1/3)
La présentation d'Amine Tahraoui, ministre de la Santé, au Parlement dans la soirée du 1er octobre, portait sur plusieurs axes. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur celui portant sur les infrastructures, et précisément, celui des CHU. Le point sur les chantiers réalisés, ceux en cours et programmés.
M. Tahraoui a affirmé ce 1ᵉʳ octobre 2025 en commission parlementaire que "le projet de réforme du secteur de la santé, en cours de mise en œuvre, est le moyen d’offrir des services de qualité dans les différentes villes du pays", admettant toutefois que "les problèmes du secteur sont chroniques et cumulés".
En ce qui concerne les CHU, le ministre a rappelé que le Royaume disposait à peine de quatre structures auparavant, dans les régions de Rabat, Casablanca, Fès et Oujda. Un nombre limité et insuffisant pour répondre aux besoins nationaux.
Cette situation a conduit, durant des années, les habitants de tout le pays à se tourner vers ces établissements, notamment pour accéder aux différentes spécialités, ce qui a accentué la pression sur les services d’urgences notamment.
"La réforme du système de santé ambitionne de doter chaque région de son CHU, afin de permettre aux citoyens de se soigner dans leur région", et mettre fin à ces problématiques, a ainsi souligné le ministre.
6 projets en cours ou programmés d'ici 2027
Au total, six grands projets sont prévus dans différentes régions du Maroc, dont certains sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de plus de 3.500 lits :
- Le CHU d’Agadir (867 lits): "nous essayons d’accélérer la construction de cet établissement, qui bénéficiera non seulement à la ville d’Agadir (500.000 habitants), mais aussi à toute la région", a souligné Amine Tahraoui. Il permettra de réduire la pression sur l’hôpital Hassan II et d’améliorer la qualité des soins".
- Le CHU de Laâyoune, avec une capacité de 500 lits. "Nous accélérons ce chantier, démarré depuis plusieurs années. Nous attendons son opérationnalisation dans les prochains mois, avant la fin de l’année (vers novembre 2025)".
- Le CHU de Rabat : "c’est un grand projet, qui avance dans des conditions difficiles. L’ancien CHU a été détruit et ses médecins ont été dispersés, ce qui a créé une pression sur d’autres établissements qui n’étaient pas qualifiés pour accueillir autant de patients. Lorsque je suis arrivé [à la tête du ministère en 2024, NDLR], j’ai trouvé ces problèmes, ainsi qu’une convention signée pour encadrer cette opération, mais qui n’était pas appliquée. J’ai changé les directeurs des établissements et revu la gouvernance de plusieurs hôpitaux, notamment celui de Moulay Youssef à Rabat. A présent, nous attendons l’ouverture du nouveau CHU vers mi-2026, avec une capacité de 1.044 lits".
- Le CHU de Guelmim : avec 376 lits. "La région ne disposait pas de CHU auparavant. Le centre régional de Guelmim a donc été transformé en CHU. Le chantier était déjà ouvert, mais nous avons revu le plan pour permettre cette transformation."
- Les derniers CHU programmés dans cette réforme sont ceux d’Errachidia (500 lits) et de Béni Mellal (520 lits), prévus d’être finalisés fin 2027.
Le CHU de Tanger, bien que nouveau, est déjà sous pression
"Le CHU de Tanger était, pour sa part, déjà opérationnel depuis 2023", a précisé le ministre. "Il couvre actuellement les besoins de 6 millions d’habitants de la région, qui se dirigeaient auparavant à Rabat, Oujda ou Rabat. Cet établissement accueille jusqu’à 2.000 personnes par jour".
"Les hôpitaux de la région souffrent toutefois de plusieurs problématiques", admet-il, "notamment en rapport avec la gouvernance.
"Prenons l’exemple de l’hôpital d’El Hoceima, qui dispose d'un service de radiologie avec tous les équipements nécessaires, mais pas de radiologues, parce qu’il y a un besoin urgent de cette spécialité. Les habitants de la ville sont donc obligés de se rendre au CHU de Tanger, notamment aux urgences, faute de régulation, ce qui crée une pression sur ce service".
> Lire aussi :
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Santé : plus de 70 hôpitaux réalisés ou programmés, mais une capacité encore insuffisante (3/3)
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