Recrutement de médecins étrangers : le Maroc peu attractif
Outre les infrastructures, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a fait le point, dans la soirée du 1er octobre en Commission parlementaire des secteurs sociaux, sur les ressources humaines dans le secteur de la santé. Il a également évoqué la question du recrutement des médecins étrangers et des médecins marocains travaillant à l'étranger qui avait fait polémique sur les réseaux sociaux.
Il s'agit d'un vrai défi, selon le ministre de la Santé. "La procédure administrative existante est complexe. Elle ne dépend pas seulement du ministère de la Santé, mais bien d'autres parties", a-t-il précisé.
"Pour qu’un médecin étranger ou un médecin marocain installé à l’étranger puisse revenir exercer au Maroc, il doit faire valider son équivalence et suivre un parcours administratif lourd. Cela rend l’intégration difficile".
"Nous [le Maroc, ndlr] ne sommes pas attractifs", affirme-t-il. "Depuis l’ouverture de ce programme légalement, seuls 500 à 600 médecins ont pu en bénéficier, ce qui montre que le Maroc n’est pas suffisamment attractif pour les faire venir".
Quelques exemples témoignent néanmoins de réussites, notamment à Tinghir, "où un anesthésiste-réanimateur venu du Congo-Brazzaville répond à des appels à toute heure pour travailler".
"D’autres médecins viennent de Chine ou encore des Marocains rentrés de l’étranger, mais beaucoup rejoignent le secteur privé, ce qui est compréhensible".
"Au-delà de la procédure administrative, l’attractivité est le vrai enjeu. Pour qu’un médecin accepte de travailler au Maroc, il faut qu’il dispose des moyens et conditions comparables à ceux qu’il avait à l’étranger, en termes d'infrastructures, d'équipements, de gouvernance efficace et de revenu adéquat".
"La majorité des médecins accepte de réduire leurs revenus d’environ 50%, mais peu tolèrent une réduction trop importante allant jusqu'à 80%. Pour réussir à attirer ces talents, il faut donc créer un environnement favorable, complet et compétitif, notamment en termes de revenu", conclut-il à ce sujet.
> Consultez notre dossier sur la présentation faite le 1er octobre en Commission des secteurs sociaux par le ministre de la Santé
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