Maroc-Ouganda. Du flottement dans l’air
À quelques semaines de la Coupe d’Afrique des nations 2025, l’équipe nationale poursuit ses préparatifs, ce mardi 18 novembre (20h), face à l’Ouganda au grand stade de Tanger. L’occasion pour les hommes de Walid Regragui de retrouver de l’allant offensif et surtout gommer les moments de flottement qui ternissent leurs prestations.
Le Maroc laisse son monde sur sa faim. Et il y a malheureusement peu de chance que la rencontre de ce mardi 18 novembre (20h) devant l’Ouganda réussisse à atténuer ce sentiment désagréable qui accompagne les dernières sorties de la bande à Walid Regragui.
Aux alentours de 22h, dans les coursives du grand stade de Tanger, le sélectionneur national a plus de chance d’exprimer sa satisfaction d’avoir gagné que de devoir expliquer pourquoi l’EN a perdu.
Certes, les Ougandais sont qualifiés pour la Coupe d’Afrique des nations 2025, dont le coup d’envoi sera donné par le Maroc face aux Comores, le dimanche 21 décembre à Rabat, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah.
Mais ce pays d’Afrique de l’Est n’est que 83e au classement FIFA et ne devrait logiquement pas représenter un réel danger pour le Maroc.
À l’image des 17 derniers. En vrai, depuis la défaite en huitième de finale de la CAN 2023, les Lions de l’Atlas ont rarement été mis en danger.
Et quand bien même Yassine Bounou et ses coéquipiers sont largement supérieurs à leur adversaire, ils ne réussissent pas toujours à traduire cette supériorité au tableau d’affichage.
Pis, ils font souvent preuve de suffisance et n’arrivent pas à maintenir un rythme élevé pendant 90’.
Maroc : Des adversaires pas à la hauteur
"C’est vraiment dommage de ne pas avoir pu rencontrer des équipes du top 30 FIFA qui pourraient nous poser d’autres problématiques que celles imposées par les bloc défensif bas", regrette un technicien contacté par Médias24, diplômé UEFA A.
"Par exemple, le Maroc n’a pas expérimenté des situations comme le fait d’être en infériorité numérique. Il n’a pas non plus été mis au défi d’une équipe qui est forte en transition défense-attaque", poursuit notre interlocuteur.
En somme, des nations qui te font payer cash les moments de flottements qui rythment tes sorties. Tout l’inverse de la Côte d’Ivoire (Arabie saoudite, Canada), du Sénégal (Angleterre, Brésil) et de l’Égypte (Cap-Vert, Ouzbékistan) pour ne citer qu’eux.
Sans parler des quatre équipes concernées par les barrages du Mondial 2026. Notamment le Gabon, le Nigeria, la RD Congo et le Cameroun.
Toutes ces nations sont d’ores et déjà dans le bain en termes d’intensité. Elles auront également plusieurs enseignements à tirer de ces matchs, ce qui les rendra forcément plus fortes. Contrairement au Maroc.
La dernière équipe qui avait vraiment mis en difficulté l’équipe nationale était le Niger, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Mais à l’époque, les hommes de Badou Zaki n’avaient pas réussi à tenir la distance et s’étaient inclinés, après avoir ouvert le score (2-1).
Il y a bien eu la Tunisie en juin dernier (2-0), mais les Aigles de Carthage étaient amputés de plusieurs cadres.
À plusieurs reprises, le sélectionneur national a botté en touche en assurant qu’il n’avait pas la main sur les nations rencontrées pendant les qualifications.
Et concernant les matchs amicaux, le technicien marocain a justifié l’impossibilité de rencontrer de grandes nations par le refus de certaines.
D’autres, comme le Japon, avaient accepté le défi, mais à condition que le Maroc fasse le déplacement en Asie. "Nous avons refusé car nous voulions disputer nos matchs au Maroc, dans nos stades", précisait Walid Regragui. C’est une intention plutôt louable.
Mais si le sens des priorités consiste à mettre en avant les enceintes sportives, aussi belles soient-elles, au lieu de tout faire pour préparer une équipe nationale forte pour la CAN 2025, cela risque d’affaiblir les Lions de l’Atlas, ou à tout le moins de ne pas les faire progresser.
En tout cas, les moments de flottements que nous évoquions ne sont pas une vue de l’esprit.
Maroc: Des baisses de régime préoccupantes
Selon le rapport des cinq dernières rencontres du Maroc, dont les trois derniers ont été remportés par le plus petit des scores, il s’avère que les hommes de Walid Regragui commencent et finissent fort chaque mi-temps, mais qu’au milieu, il y a systématiquement une baisse de régime, un temps faible où l’équipe perd en intensité.

À quoi cela peut-il être dû ? Selon les professionnels que nous avons contactés, les aspects techniques, mentaux et physiques sont tous en cause :
- Le mental : un relâchement peut apparaître en cours de match. Un manque de force psychologique, de caractère dans l’adversité, difficulté à se surpasser dans les moments compliqués. Cela se traduit par une baisse d’intensité ou de concentration.
- Le physique : une équipe qui baisse physiquement ou qui n’est pas suffisamment préparée aura du mal à maintenir une intensité constante, à répéter les efforts et à conserver l’avantage dans les duels. Il arrive fréquemment qu’une équipe connaisse un passage creux sur le plan athlétique.
- La tactique : un changement d’animation chez l’adversaire peut surprendre. Une variation dans son projet de jeu, par exemple le passage d’une possession en passes courtes à un jeu plus direct.
Mais qu’en est-il de l’équipe nationale en particulier ? Plusieurs facteurs propres au groupe peuvent expliquer ces passages à vide. D’abord, un certain relâchement peut s’installer.
"Certains joueurs connaissent une baisse de motivation ou une gestion émotionnelle fluctuante. Ils ont des échéances importantes en club, parfois décisives pour leur saison, ce qui peut provoquer un engagement légèrement moindre sur certains matchs amicaux", souligne une source professionnelle.
"C’est compréhensible", reprend notre interlocuteur. "Il y a aussi la peur de la blessure, surtout à l’approche d’un grand tournoi, ainsi qu’une gestion athlétique prudente, dictée autant par les préparateurs que par les clubs".
Il faut également mentionner une forme de lassitude. Affronter trop souvent des adversaires plus faibles peut entraîner une baisse de concentration ou d’intensité. En réalité, cet état d’esprit est générale.
Que ce soit les joueurs, le staff ou même les supporters, tout le monde est impatient de démarrer enfin cette CAN 2025, qui occupe tous les esprits depuis des mois.
L’impatience de jouer la CAN, d’accord. Mais ne faudrait-il pas, dans un premier temps, s’assurer d’être pleinement prêt ?
Autrement dit, canaliser cette impatience, maintenir de la rigueur et faire en sorte que ces matchs de préparation servent réellement à renforcer l’équipe plutôt qu’à l’installer dans un faux rythme. Pour l’instant, cela n’en prend pas le chemin.
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