Les valeurs minières ont connu une hausse intéressante à la Bourse de Casablanca depuis le début de l’année. En effet, le secteur, représenté par l’indice Mines, affiche une nette surperformance par rapport au marché global. Il a ainsi progressé de près de 41% depuis début janvier, dans un contexte où le marché traverse une phase de correction.
Cette dynamique se reflète directement dans les cours des principales capitalisations du secteur au 29 janvier. Managem s’établit autour de 8.700 DH, en hausse d’environ 36% par rapport à ses niveaux de début d’année. SMI enregistre une progression encore plus marquée, passant de 4.100 DH à 7.350 DH, soit une envolée proche de 79%. CMT suit la même trajectoire, avec un cours passé de 1.789 DH à 2.860 DH, ce qui représente une hausse d’environ 60%.
Cette ruée boursière vers les minières s’inscrit dans un contexte international marqué par la fermeté des cours des métaux précieux, qui alimente les anticipations de marges plus élevées pour les producteurs et renforce l’attrait du secteur aux yeux des investisseurs.

L’or et l’argent, moteurs du rallye boursier
"Sur le marché, Managem est clairement perçue comme une valeur liée à l’or, tandis que SMI est directement associée à l’argent. Dès que les cours de ces métaux s’orientent à la hausse, les investisseurs anticipent mécaniquement une amélioration des marges et de la rentabilité pour ces producteurs. C’est ce qui explique que leurs actions réagissent souvent rapidement aux mouvements de l’or et du silver, avant même que l’impact ne soit visible dans les résultats", commente un analyste de la place.
"CMT a effectivement subi une pression après l’annonce liée au dossier avec l’Administration des douanes, ce qui a pesé sur le titre à ce moment-là. Mais avec l’envolée récente des métaux, les investisseurs sont revenus progressivement sur la valeur. Le marché fait la part des choses : il y a le facteur réglementaire, qui reste un élément de risque et, en parallèle, un environnement de prix des métaux plus favorable qui soutient les anticipations sur l’activité. Du coup, le titre bénéficie du cycle, même si son profil reste un peu plus complexe que celui des autres minières".
Une correction des métaux qui se répercute sur les titres
"On voit bien le lien direct entre les métaux et les minières en ce moment. L’or a corrigé d’environ 5,7% et l’argent de près de 14%, et derrière, on retrouve le même mouvement à la Bourse de Casablanca. Managem a cédé autour de 5% pour s’établir à 8.251 DH, SMI a reculé de 9,9% à 6.616 DH, tandis que CMT baisse d’environ 9,9% à 2.575 DH".
"Le marché réagit rapidement aux variations des métaux : dès qu’il y a une correction, on observe généralement des ajustements de positions et des prises de bénéfices. Même si, sur 30 jours, l’or reste en hausse d’environ 24% et l’argent de 60%, à court terme, la correction du métal entraîne mécaniquement des prises de bénéfices sur les valeurs minières".
Des valorisations élevées soutenues par une forte croissance bénéficiaire
"La question des valorisations revient toujours dans le débat. Les P/E de Managem et SMI dépassent largement la moyenne du marché. Les investisseurs acceptent cependant de payer plus cher ces valeurs en raison de la forte visibilité bénéficiaire du secteur et d’un environnement de prix des métaux favorable".
Selon Attijari Global Research, le secteur minier entre dans une phase de génération de "superprofits" à l’horizon 2026E, portée par l’envolée des cours des métaux. Les bénéfices agrégés des sociétés minières passeraient ainsi de 0,8 MMDH en 2024 à 1,9 MMDH en 2026, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de l’ordre de 55% sur la période.
Cette trajectoire place les mines parmi les secteurs affichant la progression bénéficiaire la plus rapide de la cote. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large d’amélioration de la qualité de la croissance, avec des marges en progression dans plusieurs secteurs cycliques, dont les mines.
Dans ce contexte, le marché valorise davantage les secteurs offrant la meilleure visibilité de croissance. Les minières combinent un effet levier opérationnel important et une forte sensibilité des résultats à l’évolution des cours des métaux, ce qui renforce les anticipations de profits futurs. La revalorisation observée sur les titres du secteur traduit ainsi l’anticipation d’un changement d’échelle des résultats.
AGR souligne par ailleurs que l’amélioration globale du profil bénéficiaire du marché s’accompagne d’une dispersion des niveaux de valorisation entre secteurs, ce qui appelle à une approche plus sélective.
Pour les minières, le potentiel de valorisation reste étroitement lié au maintien d’un environnement de métaux porteur, la trajectoire bénéficiaire attendue constituant le principal soutien des multiples actuels.
Pour rappel, la dynamique boursière de Managem s’appuie sur une forte montée en puissance de l’activité. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires atteint près de 3 MMDH, en hausse de 41% sur un an, porté par l’entrée en production de la mine d’or de Boto au Sénégal, qui a réalisé ses premières ventes commerciales, ainsi que par un environnement de prix favorable sur les métaux. Sur les neuf premiers mois de l’année, les revenus consolidés s’élèvent à 7.420 MDH, en progression de 14%, soutenus par la consolidation des volumes commercialisés.
Le groupe poursuit un cycle d’investissement soutenu, avec 4.365 MDH engagés à fin septembre, principalement consacrés à l’achèvement des projets de Boto et de Tizert. Les deux sites sont désormais opérationnels et entrent en phase de montée en cadence, avec un démarrage des ventes commerciales de Tizert attendu au quatrième trimestre. En parallèle, Managem avance sur ses autres projets stratégiques, notamment le développement des sulfates de cobalt au Maroc et le projet gazier de Tendrara, dont la mise en service est prévue au premier semestre 2026. Cette montée en régime des nouvelles capacités renforce la visibilité sur l’évolution de la production et constitue un levier structurant pour la trajectoire future du groupe.
Source: medias24.com
En ce qui concerne SMI, son chiffre d’affaires a atteint 349 MDH, en forte progression sur un an, porté par la hausse des volumes vendus et par l’amélioration des prix de vente. Sur les neuf premiers mois de l’année, les revenus s’élèvent à 978 MDH, en croissance de 19%, soutenus par la consolidation de la production et par la fermeté des cours du silver sur le marché international. L’entreprise poursuit également ses investissements, qui atteignent 152 MDH à fin septembre, avec une part importante orientée vers l’exploration.
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Du côté de CMT, l’activité montre également une progression portée par la production. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires atteint 180 MDH, en hausse de 4% sur un an. Sur les neuf premiers mois, les revenus s’établissent à 523 MDH, en croissance de 15%, soutenus par une augmentation de 20% de la production des concentrés et par une progression des volumes d’argent expédiés de 4%.
La société avance parallèlement sur son programme d’investissement, avec 21 MDH engagés sur le trimestre et 48 MDH à fin septembre, dont une part consacrée aux travaux liés au nouveau puits du projet de Tabaroucht.
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