Masse bénéficiaire : 50,8 MMDH attendus en 2026 (CFG Research) (1/3)

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Par | Le 12/2/2026 à 11:47
La croissance des résultats des sociétés cotées devrait se poursuivre en 2026, dans un contexte de normalisation du cycle boursier. Voici, selon CFG Research, les principaux déterminants de cette évolution ainsi que les secteurs qui devraient y contribuer.

La masse bénéficiaire de l’ensemble des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca devrait poursuivre sa progression en 2026, tout en entrant dans une phase de normalisation après plusieurs années de croissance exceptionnelle.

Dans son scénario central, CFG Research anticipe une hausse de 5,8 % de la masse bénéficiaire brute entre 2025E et 2026E. Retraitée des éléments à caractère exceptionnel enregistrés en 2025, dont principalement la restitution d’une partie de l’indemnité versée par Maroc Telecom à Wana Corporate, la masse bénéficiaire ajustée ressortirait en progression de 9,1 % pour s’établir à 50,8 milliards de dirhams en 2026E.

Masse bénéficiaire : 50,8 MMDH attendus en 2026 (CFG Research) (1/3)

D’un cycle de stagnation à une phase de forte expansion des résultats

CFG replace cette trajectoire dans une lecture de cycle longue. Entre 2010 et 2019, la masse bénéficiaire et le marché ont évolué dans une phase de consolidation marquée par une relative stagnation et une forte volatilité intra-période.

Sur cette période, la masse bénéficiaire butait autour de 30 milliards de dirhams, tandis que l’indice représentatif du marché ne parvenait pas à franchir durablement certains seuils.

La période 2021–2026E marque en revanche une rupture nette. La masse bénéficiaire et le marché ont emprunté une trajectoire haussière post-crise sanitaire, franchissant successivement de nouveaux paliers. Sur l’intervalle 2019–2026E, le taux de croissance annuel moyen de la masse bénéficiaire ressort à +7,8 %, traduisant une forte corrélation entre l’évolution des résultats des entreprises et celle du marché actions.

Les facteurs structurels qui ont porté la croissance depuis 2021

CFG identifie plusieurs vecteurs ayant soutenu cette dynamique sur les cinq dernières années. Le premier est l’effet périmètre lié à l’introduction en Bourse de neuf nouvelles sociétés entre 2020 et 2025.

Selon les estimations de CFG, ces nouvelles cotations contribueraient à hauteur de 4,3 milliards de dirhams à la masse bénéficiaire 2026E, représentant 8,5 % de la masse bénéficiaire totale et 12,4 % de la capitalisation boursière. Au-delà de l’effet mécanique, ces sociétés sont décrites comme des histoires de croissance, portées par des dynamiques organiques et externes.

Le deuxième moteur est la forte croissance du secteur bancaire. Après la crise sanitaire, le secteur a évolué dans un environnement marqué par les dispositifs de garantie étatique, puis par une phase de reprise soutenue par l’investissement, la volatilité des taux et la gestion active des portefeuilles obligataires. La normalisation du coût du risque et la maîtrise des charges d’exploitation ont permis de rétablir une trajectoire robuste de croissance des résultats.

À ces éléments s’ajoute l’accélération de l’investissement public, qui a profité non seulement aux banques mais également aux sociétés opérant dans les secteurs du BTP et des matériaux de construction.

CFG souligne également le déploiement de la stratégie portuaire nationale, avec le développement du transbordement et l’intégration du Maroc dans les chaînes logistiques internationales. Dans ce cadre, Marsa Maroc a vu son RNPG doubler entre 2019 et 2024.

Enfin, la forte progression des résultats des sociétés minières, Managem et, dans une moindre mesure, SMI en lien avec la hausse fulgurante des cours des métaux précieux (or/argent) et de base, et la matérialisation de projets stratégiques en Afrique. La hausse des métaux précieux depuis 2020 est alimentée par une combinaison de facteurs, dont notamment la recherche de valeurs refuges face à (i) l'instabilité géopolitique (crise sanitaire, conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, tensions commerciales, etc.), (ii) l’inflation élevée et (iii) la forte demande industrielle. La masse bénéficiaire ajustée des sociétés minières devrait augmenter d’environ 500 MDH entre 2019 et 2025E selon nos estimations.

2026 : une croissance plus modérée, mais toujours portée par les fondamentaux

Pour 2026E, CFG anticipe une poursuite de la croissance de la masse bénéficiaire, mais à un rythme plus modéré, traduisant le passage d’un cycle exceptionnel à une dynamique plus structurelle.

Dans le détail, la masse bénéficiaire brute progresserait de 48 milliards de dirhams en 2025E à 50,8 milliards de dirhams en 2026E, soit +5,8%. En données ajustées, la progression ressort à +9,1%, confirmant une amélioration sous-jacente des résultats hors éléments exceptionnels.

Les principaux contributeurs sectoriels à la croissance en 2026E

CFG détaille précisément les secteurs qui contribueraient à cette progression en 2026E. Les banques constituent le premier contributeur à la croissance de la masse bénéficiaire ajustée.

Viennent ensuite les mines, puis les matériaux de construction et le BTP, reflétant la poursuite de l’effort d’investissement et la matérialisation de projets structurants.

La contribution positive s’étend également aux secteurs de l’immobilier, du ciment, des biens de grande consommation (FMCG), de la santé et du tourisme.

À l’inverse, le secteur de l’énergie affiche une contribution négative à la croissance de la masse bénéficiaire en 2026E, tandis que la distribution automobile ressort également en contribution négative sur l’exercice.

Cette ventilation sectorielle illustre, selon CFG, une croissance plus sélective, fondée sur la capacité des entreprises à générer des résultats récurrents dans un environnement de normalisation.

Masse bénéficiaire : 50,8 MMDH attendus en 2026 (CFG Research) (1/3)

Une trajectoire qui confirme le passage à un régime plus structurel

In fine, CFG estime que l’année 2026 marquera une phase de transition pour le marché actions marocain. Après trois années de croissance exceptionnelle, la dynamique des résultats entre dans un régime plus équilibré, où la progression de la masse bénéficiaire demeure positive mais repose davantage sur les fondamentaux opérationnels que sur des effets exceptionnels.

La croissance bénéficiaire attendue en 2026E, telle que projetée par CFG, confirme ainsi la solidité du tissu des sociétés cotées, tout en actant la fin d’un cycle de rattrapage rapide au profit d’une trajectoire plus structurelle et différenciée selon les secteurs.

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