À la mi-février 2026, le marché des OPCVM affiche un encours global d’environ 815 MMDH, selon les dernières données de l'Association des sociétés de gestion et fonds d'investissement marocains (ASFIM), ce qui montre la poursuite de la dynamique observée depuis le début de l’année.
Par rapport aux 738 MMDH recensés début janvier, les encours progressent ainsi de près de 77 MMDH, soit une hausse d’un peu plus de 10% en l’espace de quelques semaines.
Pourtant, avec une répartition des encours toujours largement dominée par les fonds obligataires et alors même que les taux obligataires, notamment sur les maturités 2 et 5 ans, ont connu une tension marquée en janvier avant de refluer en février, la performance des différentes catégories d’OPCVM n’évolue pas de manière uniforme.
Les tendances qui se dégagent
OPCVM obligataires moyen et long terme (OMLT)
Les fonds obligataires moyen et long terme concentrent près de 370,6 MMDH d’encours, soit environ 45,5% du total du marché. Depuis le début de l’année 2026, leur performance ressort en baisse d’environ -0,6%.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des taux obligataires en janvier, notamment sur les maturités 2 et 5 ans, avant une détente observée en février. Les fonds OMLT, plus sensibles aux variations de taux, affichent ainsi les performances les plus affectées sur la période.
OPCVM obligataires court terme (OCT)
Les fonds obligataires court terme représentent environ 129,1 MMDH d’encours, soit près de 15,8% du total. Depuis janvier, leur performance ressort autour de +0,3%.
Moins exposés à la sensibilité taux que les fonds OMLT, les OCT ont mieux résisté à la tension obligataire de janvier, tout en bénéficiant progressivement de niveaux de rendement plus élevés.
OPCVM monétaires
Les fonds monétaires affichent environ 118,3 MMDH d’encours, soit près de 14,5% du marché. Leur performance depuis le début de l’année est également proche de +0,3%. Dans un environnement de taux courts orientés à la hausse en janvier, ces fonds continuent de jouer leur rôle de support de liquidité, avec une évolution régulière et peu volatile.
OPCVM diversifiés
Les fonds diversifiés totalisent près de 106,7 MMDH d’encours, représentant environ 13,1% du marché. Depuis janvier 2026, leur performance ressort en repli d’environ –0,4%. Cette évolution reflète l’effet combiné de la composante obligataire, pénalisée en début d’année, et d’une contribution actions plus modérée sur la période.
OPCVM actions
Les fonds actions concentrent environ 78,1 MMDH d’encours, soit près de 9,6% du total des OPCVM. Depuis le début de l’année, leur performance ressort légèrement négative, autour de -0,1%. L’évolution reste contenue, dans un contexte de marché actions marqué par des mouvements contrastés selon les valeurs et les secteurs.
Situation de marché : cadre macro plus lisible, ajustements obligataires et soutien réglementaire
L’évolution des encours des OPCVM s’inscrit dans un environnement macroéconomique devenu plus lisible à la sortie de 2025. La stabilisation de l’inflation, la résilience de la croissance économique et une politique monétaire mieux balisée ont contribué à clarifier les repères des investisseurs et à structurer les décisions d’allocation dans un cadre plus prévisible.
"La hausse observée en janvier sur les maturités 2 et 5 ans a entraîné un ajustement de valorisation des fonds obligataires exposés aux maturités intermédiaires, estimé à un peu plus de 2 milliards de dirhams en valeur liquidative. La détente enregistrée en février a ensuite permis de stabiliser les performances, cette baisse restant réversible, le rattrapage des valorisations pouvant s’opérer progressivement lorsque les mouvements de taux demeurent contenus", commente un gestionnaire d'actifs.
Dans ce contexte, "la progression des encours sur les fonds monétaires, obligataires court terme et contractuels montre une recherche de visibilité et de gestion maîtrisée de la liquidité. Les investisseurs arbitrent en fonction de leur position sur la courbe des taux, en intégrant progressivement les nouveaux niveaux de rendement offerts par le marché obligataire".
La liquidité demeure abondante et continue d’alimenter la gestion collective. Elle circule entre les différentes catégories d’OPCVM au gré des opportunités et du niveau de visibilité, sans modification structurelle de la répartition globale des encours.
Parallèlement, "la progression plus mesurée des fonds actions, diversifiés et obligataires moyen-long terme reflète une construction graduelle de l’exposition au risque, dans un environnement international encore marqué par des incertitudes, mais abordé avec davantage de lisibilité qu’en début de cycle".
Au-delà du contexte conjoncturel, l’évolution du cadre réglementaire constitue un facteur de soutien à moyen terme. La réforme du régime des OPCVM élargit le champ des stratégies et introduit de nouvelles catégories de fonds, avec pour objectif d’adapter l’offre à la diversité des profils d’investisseurs. Le déploiement effectif de ces nouveaux véhicules reste conditionné aux agréments de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), garantissant un développement progressif de l’offre dans un cadre de transparence et de protection de l’épargne collective.
