Depuis le début de l’année 2026, le titre LabelVie (LBV) enregistre un repli d’environ 10%. Cette évolution s’inscrit dans un environnement de marché marqué par une phase de correction modérée, où l’indice MASI affiche lui aussi des variations limitées depuis le début de l’année.
Dans ce contexte, où se situe aujourd’hui le titre ? Le potentiel boursier de LabelVie est-il toujours intact et jusqu’où le marché peut-il accompagner la trajectoire du groupe ?
Contacté à ce sujet, un analyste de la place estime que "le titre conserve une marge de progression aux niveaux de valorisation actuels. Avec un P/E proche de 20x, Label’Vie n’apparaît ni survalorisée ni décotée par rapport au marché. La baisse observée en Bourse ne concerne d’ailleurs pas uniquement le titre, mais s’inscrit dans un mouvement d’ajustement plus large du marché".
Ce que le marché intègre aujourd’hui dans le cours
L’évolution récente du titre Label’Vie s’inscrit dans un contexte où le marché intègre principalement les effets du cycle d’investissement intensif engagé par le groupe. En 2025, ce cycle a continué de peser sur la génération de cash-flow libre, malgré des performances opérationnelles supérieures aux attentes en termes de marge.
"Le FCFF (Free Cash Flow to Firm) ajusté ressort à -619 MDH en 2025, contre une estimation initiale positive, en raison de deux facteurs clairement identifiés" :
- une hausse des CAPEX, liée aux ouvertures de grands formats en fin d’année et aux investissements anticipés pour 2026 ;
- une augmentation significative du BFR, liée notamment au décalage des cessions de murs et aux efforts de stockage opérés en amont des périodes de forte activité commerciale.
Parallèlement, le mix formats a évolué par rapport aux hypothèses initiales. La réduction marquée des ouvertures sur le format Express, fortement créateur de valeur en termes de ROCE, a été compensée par une montée en puissance des grands formats et du Supeco, formats plus consommateurs de capital et de BFR.
"Cette évolution conduit à réviser à la baisse certaines métriques de rentabilité, avec un ROCE projeté à 10,6%, en recul de 1,2 point par rapport aux prévisions initiales".
Enfin, "le marché intègre également un ajustement des paramètres de valorisation, notamment une hausse du WACC à 8,8%, consécutive à la remontée du taux BDT 10 ans. Cet élément a un impact mécanique sur la valorisation DCF".
Lecture de la valorisation aux cours actuels
"Le titre affiche un P/E de 17,8x en 2026E, qui se contracte progressivement à 15,1x en 2027E puis 13,0x en 2028E, ce qui montre une normalisation des multiples à mesure que la croissance du résultat net se matérialise", explique l’analyste de Saham dans sa note.
La lecture est similaire en termes de valeur d’entreprise. L’EV/EBITDA ressort à 8,6x en 2026E, puis 7,4x en 2027E et 6,5x en 2028E, des niveaux cohérents avec une trajectoire marquée par un cycle d’investissement encore en cours et une amélioration progressive de la génération de cash à partir de 2026E.
Sur cette base, Saham aboutit à une valeur d’entreprise de 20,3 MMDH, après intégration d’une dette nette de 4,6 MMDH, d’intérêts minoritaires de 462 MDH et de la valorisation des participations financières, notamment Aradei Capital et Terramis, estimées à 2,1 MMDH. La valeur théorique des fonds propres ressort ainsi à 17,4 MMDH, correspondant à un objectif de cours de 6.000 DH par action, soit un potentiel de progression de 43,2% par rapport au dernier cours de référence.
Les multiples induits par cet objectif de cours font apparaître un P/E de 21,6x en 2027E et 18,6x en 2028E, ainsi qu’un EV/EBITDA de 10,4x en 2027E et 8,2x en 2028E, niveaux qui reflètent un scénario intégrant à la fois la montée en puissance opérationnelle et la normalisation progressive du cash-flow à moyen terme, tels que modélisés par Saham.
Un objectif de cours de 6.000 DH par action
Trajectoire opérationnelle et dynamique de croissance
Sur le plan opérationnel, les projections font ressortir une dynamique de croissance soutenue sur l’horizon du plan stratégique, malgré un ajustement du mix formats. Le chiffre d’affaires est attendu à 18,5 MMDH en 2025, 21,2 MMDH en 2026, 24,8 MMDH en 2027 et 28,3 MMDH en 2028, correspondant à des taux de croissance annuels compris entre 14% et 17% sur la période.
Cette trajectoire repose en grande partie sur la croissance organique du parc existant. Le management a indiqué que les magasins en activité à fin 2025 devraient générer 22,4 MMDH de ventes à horizon 2028, couvrant ainsi l’essentiel de l’objectif global, sans dépendre de manière significative des futures ouvertures. Cette sécurisation repose sur une amélioration progressive du CA/m², modélisée de manière prudente par rapport aux hypothèses managériales.
Dans ce cadre, la croissance à périmètre comparable est désormais estimée à 5,5% par an sur les cinq prochaines années, contre un niveau plus modéré auparavant. Cette amélioration est principalement portée par les grands formats, en particulier Atacadao, dont la croissance organique demeure élevée, y compris dans un environnement de normalisation des prix. Le format hypermarché bénéficie également d’une révision haussière de sa dynamique, en lien avec la consommation discrétionnaire.
À l’inverse, la contribution des formats Market et Express est appelée à reculer dans le mix ventes à horizon 2028, en raison d’un ralentissement du rythme d’ouvertures. Cette évolution est en partie compensée par une accélération du Supeco, dont les ouvertures ont dépassé les prévisions en 2025. Si ce changement de mix a un impact sur la structure des marges, il n’altère pas la cible de marge EBITDA de 9,3%, maintenue sur l’ensemble de la période.
Ainsi, la trajectoire opérationnelle repose sur une combinaison de croissance organique sécurisée, de montée en puissance progressive des formats dominants et d’un profil de rentabilité stabilisé, en ligne avec les objectifs communiqués par le groupe.
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In fine, à retenir : "Le retard d’ouvertures, sur les formats Express and Market, était compensé par la forte accélération de Supeco (128 magasins réalisés en 2025 vs. 90 prévus) en 2025".
"Il s’agit d’un recalibrage stratégique en lien avec la gestion du risque du format franchisé, dont l’expansion serait retardée selon nous. Ceci devrait peser tout de même sur la rentabilité future par rapport à nos prévisions initiales".
"L’impact de ces changements conjugué à une hausse des taux BDT induit une baisse de 500 DH sur notre objectif de cours à 6.000 DH/action. Au vu des niveaux de valorisation actuels (P/E 2027E 15,1x, 2028E 13,0x), nous pensons que le marché sous-estime la forte croissance organique que le groupe offre et l’amélioration de son profil de rentabilité future. Nous réitérons ainsi notre recommandation d'acheter le titre".
Source: medias24.com
LabelVie estime avoir déjà sécurisé 80% de son objectif de chiffre d’affaires 2028 fixé à 27,9 MMDH
