MASI : une phase d’ajustement en ce début 2026

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Par | Le 27/2/2026 à 15:31
À fin février, les volumes du marché central reculent par rapport au pic de 2025, tandis que la volatilité demeure soutenue. Le MASI évolue dans une séquence de consolidation qui s’inscrit dans la continuité du cycle haussier des dernières années.

Le MASI évolue en ce début d’année 2026 dans un cadre que l’on peut qualifier d’hésitant. L’indice a cédé près de 4% pour revenir autour de 18.140 points au 27 février. Il alterne entre des séances de repli et quelques tentatives de reprise, sans parvenir pour l’instant à inscrire une direction claire.

Dans ce contexte de correction, que disent réellement les chiffres de marché ? Comment évoluent les volumes ? Le marché est-il plus volatil ? Et où en est concrètement le MASI à cette période ?

Que disent vraiment les chiffres de marché ?

Au 26 février 2026, les volumes cumulés sur le marché central atteignent 15,25 milliards de DH depuis le début de l’année. À la même date en 2025, ils dépassaient 20,1 MMDH, soit un repli d’environ 24% en YTD strictement comparable.

MASI : une phase d’ajustement en ce début 2026

La comparaison brute avec 2025 peut donner l’impression d’un ralentissement marqué. Mais 2025 a été une année de forte intensité boursière, avec des flux soutenus dès le début d’année.

Si l’on remonte à 2024, les volumes sur les deux premiers mois évoluaient à des niveaux nettement plus modestes. Le début 2026 reste donc supérieur aux standards observés il y a deux ans.

"C’est dans ce sens qu’il faut parler de normalisation. Le marché n’échange pas moins, au contraire, il y a des séances animées. Certes, en ce début d’année, le rythme est un peu plus calme, mais il ne retombe pas dans un creux structurel. La liquidité est là, elle ne disparaît pas. On est davantage face à un ajustement après une séquence particulièrement active qu’à un véritable assèchement du marché", commente un analyste de la place.

C’est dans ce sens qu’il faut parler de normalisation. Le marché n’échange pas moins, au contraire, il y a des séances animées

"Il faut rappeler que le début de l’année 2026 a été marqué par une correction du MASI. Il s’agit d’une période tout à fait normale", poursuit-il.

"Maintenant, en termes de volatilité, sur les deux premiers mois de l’année, la volatilité annualisée du MASI ressort à 14,4%, contre 12,8% sur la même période en 2025. Le marché évolue donc dans un environnement légèrement plus heurté qu’il y a un an à date comparable".

"Ce niveau s’inscrit dans le prolongement de 2025, année au cours de laquelle la volatilité annuelle s’est établie à 15,94%, contre 8,45% en 2024. Le régime de marché a donc clairement changé par rapport à 2024, avec des variations plus marquées et des mouvements plus rapides".

Sur les deux premiers mois de l’année, la volatilité annualisée du MASI ressort à 14,4%

"Le début 2026 se situe dans cette continuité : une volatilité soutenue, proche des niveaux observés l’an dernier, ce qui traduit des arbitrages plus actifs et un marché qui cherche encore son équilibre. Dans ce contexte, la baisse des volumes s’accompagne d’une dynamique de prix plus nerveuse, ce qui renforce l’idée d’un marché en phase d’ajustement plutôt que d’un simple ralentissement linéaire".

Que signifie la séquence actuelle ?

Pour d’autres analystes du marché, "la phase actuelle relève davantage d’un ajustement que d’un véritable retournement. Après trois années consécutives de progression – 2023, 2024 et 2025 –, le marché entre dans une séquence de consolidation qui s’inscrit dans la continuité d’un cycle haussier de fond".

"La correction n’a d’ailleurs pas démarré en 2026. Elle s’est amorcée dès la fin de l’année 2025, à un moment où les valorisations avaient atteint des niveaux élevés et où l’appétit pour le risque était particulièrement marqué. Le marché est en train de digérer la forte hausse de l’an dernier. Ce que l’on observe aujourd’hui ressemble davantage à une phase d’atterrissage qu’à une rupture de tendance".

"Le début de l’année 2026 a été marqué par une remontée des rendements sur certaines maturités, notamment sur les segments 2 ans et 5 ans. Ce mouvement, même technique, modifie les arbitrages. Lorsque les taux se redressent, le couple rendement/risque de la poche obligataire redevient plus attractif et certains investisseurs ajustent leur allocation. Cette repondération pèse mécaniquement sur la dynamique des actions, surtout après une année de forte performance".

Pour autant, le cadre macroéconomique domestique conserve des fondamentaux porteurs. Les anticipations de croissance demeurent solides, soutenues par un niveau d’investissement public élevé et par les grands chantiers engagés à l’horizon 2030. Sur le plan bénéficiaire, les prévisions à 12 mois restent orientées positivement, même si leur rythme de progression marque une forme de stabilisation depuis quelques mois. Les moteurs fondamentaux ne se sont pas inversés. Ce qui change, c’est le rythme et la tolérance au risque", souligne le même analyste.

Du côté des valorisations, le pic observé au second semestre 2025 a laissé place à un mouvement de normalisation. Les multiples se contractent progressivement, ce qui montre un repositionnement des investisseurs vers des niveaux jugés plus soutenables. Cette phase est cohérente avec la réduction de la proportion de valeurs en tendance haussière, passée d’un niveau très élevé en 2025 à un pourcentage nettement plus modéré en ce début d’année.

Dans ce contexte, la consolidation actuelle s’apparente à une respiration après une séquence d’euphorie. Elle s’inscrit dans un marché toujours orienté positivement à long terme, mais désormais confronté à des arbitrages plus sélectifs et à une exigence accrue sur les fondamentaux.

La trajectoire des prochaines semaines dépendra en grande partie de la capacité du marché à retrouver des catalyseurs internes. Nous sommes actuellement en pleine phase de publication des résultats 2025, ce qui devrait donner lieu à des ajustements de positionnement de la part des investisseurs. Une partie importante de ces performances semble toutefois déjà intégrée dans les cours, ce qui pourrait limiter l’ampleur des réactions.

"Par ailleurs, le lancement attendu du marché à terme en avril 2026 constitue une évolution structurelle. L’introduction des contrats à terme devrait apporter davantage de profondeur et de liquidité au marché, et envoie un signal positif en matière de modernisation et de gestion du risque", conclut-il.

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