Reportage. Au cœur du PCC de Casablanca, là où la police surveille la ville 24h/24
Au cœur de la préfecture de police de Casablanca, un centre discret veille en permanence sur la circulation et contribue à la sécurité de la métropole. Doté de centaines de caméras et d’un impressionnant mur d’écrans, le Poste central de régulation de la circulation (PCC) supervise en temps réel les artères de la ville. Médias24 a pu s’y rendre pour découvrir les coulisses de ce dispositif.
L'immense mur d’écrans du Poste central de régulation de la circulation de Casablanca (PCC) diffuse en continu des images prises instantanément aux quatre coins de la métropole.
Médias24 s’y est rendu le vendredi 5 mars, vers 10 heures du matin. Dans la salle principale d’exploitation, six à sept agents étaient déjà opérationnels. Un matin de semaine du mois de Ramadan, l’activité reste relativement modérée. Les regards des agents sont principalement rivés sur l’autoroute urbaine, artère stratégique qu’il faut maintenir fluide pour permettre aux Casablancais de rejoindre leur travail ou leurs obligations quotidiennes.
À mesure que la journée avance, la cadence s’accélère. À partir de midi, les effectifs se renforcent progressivement, tandis que la circulation se densifie. Le pic d’activité intervient généralement vers 15 heures durant le Ramadan. En temps normal, hors période de jeûne, les périodes de forte affluence sont réparties entre trois créneaux, à savoir le matin à partir de 8 heures, à la mi-journée et en fin d’après-midi, à partir de 16 heures.
Plus de 400 caméras opérationnelles et une phase d’extension en cours
Implanté au sein de la préfecture de police de Casablanca, le PCC s’étend sur une superficie globale d’environ 1.050 m². Le Centre comprend plusieurs espaces dédiés, notamment une salle d’exploitation principale, une salle de gestion de crise, une salle d’appels de secours, ainsi que différents bureaux techniques consacrés à l’administration des systèmes, à la maintenance, à l’archivage et à la verbalisation.
La plateforme repose sur un dispositif technologique avancé articulé autour d’un réseau de caméras haute définition et d’un mur d’écrans permettant de visualiser simultanément de nombreuses zones de la ville. Ces équipements servent à la fois à suivre les flux de circulation et à appuyer les interventions des unités de police sur le terrain.
Lors de son lancement, le système comptait environ 210 caméras. Aujourd’hui, leur nombre dépasse les 410. Ce chiffre peut toutefois varier selon les institutions. Cette différence s’explique essentiellement par la méthode de comptage utilisée. Du côté de la commune, chaque caméra est comptabilisée individuellement. En revanche, les services de police raisonnent souvent en "positions" ou "sites caméra". Un même poteau peut en effet accueillir trois ou quatre caméras permettant une couverture à 360 degrés.
Une nouvelle phase d’extension est par ailleurs en cours, afin d’atteindre entre 900 et 1.000 caméras à terme, voire plus. Comme nous l’a expliqué Abdelhakim Ilsika, chef du PCC aux commandes, "le nombre de caméras est appelé à augmenter pour accompagner les différents chantiers en cours ou prévus dans la métropole". La ville ne se contentera donc pas du nombre actuel.
En effet, Casablanca se développe à un rythme soutenu. Les nombreux projets structurants en cours dans la ville, ainsi que l’extension continue de son tissu urbain, nécessitent de renforcer les dispositifs de surveillance et de gestion de la circulation afin de préserver la sécurité et la mobilité des usagers. Le réseau de caméras est ainsi appelé à s’étendre progressivement pour couvrir de nouvelles artères et zones à forte fréquentation.
Une surveillance 24h/24, 7j/7
Opérationnel depuis le 7 avril 2022, le Centre fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour veiller sur une grande ville qui ne dort jamais.
Les agents surveillent en permanence les images transmises par les caméras et interviennent lorsqu’un incident est détecté.
Le rôle du PCC consiste d’abord à repérer et localiser les événements, notamment les accidents de circulation, les vols, les altercations ou tout autre incident sur la voie publique. Les opérateurs peuvent alors zoomer sur la zone concernée, suivre les déplacements d’un suspect ou d’un véhicule et transmettre l’information aux unités de police déployées sur le terrain, qui prennent ensuite le relais.
Dans certains cas, les images peuvent également être extraites et transmises aux services d’enquête pour exploitation dans le cadre d’une procédure judiciaire, sur instruction du parquet. Le Centre lui-même ne mène pas les investigations.
D’après Abdelhakim Ilsika, "depuis sa mise en service, le dispositif a permis d’intervenir rapidement dans plusieurs situations, notamment des vols sur la voie publique. Les caméras peuvent par exemple suivre le parcours d’un individu suspect afin de faciliter son interpellation par les équipes sur le terrain".
Le chef du PCC cite également "certains incidents survenus lors de matchs de football, où des supporters avaient jeté des pierres sur des automobilistes depuis l’autoroute urbaine. Grâce aux images et au suivi en temps réel, les forces de l’ordre avaient pu intervenir rapidement".
Le PCC s’adapte aux événements spéciaux
D'après la même source, le fonctionnement du Centre reste globalement identique au quotidien, mais l’attention peut être concentrée sur certaines zones en fonction de l’actualité.
Lors d’un match au complexe Mohammed V, par exemple, davantage de caméras sont mobilisées autour du stade et des axes empruntés par les supporters. Les opérateurs multiplient alors les zooms et dézooms pour suivre les mouvements de foule.
Cela ne signifie pas pour autant que le reste de la ville cesse d’être surveillé. L’objectif est plutôt d’adapter la vigilance en fonction de l’événement, qu’il s’agisse d’un match, d’une manifestation, d’un accident ou même de conditions météorologiques particulières, telles que les récentes pluies qu'a connues récemment le Royaume, qui ont conduit à l’augmentation du nombre d’accidents, mais aussi à l’apparition de nids de poule.
De nouvelles caméras à Bab Marrakech en phase expérimentale
Dans le cadre de l’extension de ce projet, certaines zones font actuellement l’objet de tests, notamment dans la médina et au niveau des bazars de Bab Marrakech, dans le cadre d'une phase pilote avant leur intégration complète dans le système.
Notons que l’implantation de toute nouvelle caméra repose sur des études préalables et sur la cartographie de la criminalité et des accidents de circulation.
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