Ormuz. L’OMI encourage un corridor maritime sécurisé et des mesures de soutien aux navires bloqués
Sur fond de perturbation au détroit d’Ormuz et de blocage de plusieurs milliers de navires et de marins, l’Organisation maritime internationale s’est réunie en session extraordinaire à Londres pour examiner les moyens de rétablir le passage. Parmi les solutions proposées figure l’établissement d’un corridor sécurisé pour faciliter l'évacuation des navires.
L’Organisation maritime internationale (OMI) a tenu ce jeudi 19 mars à Londres une réunion extraordinaire consacrée à la situation dans le détroit d’Ormuz, à la demande de plusieurs pays dont le Maroc.
Une session extraordinaire sous fortes tensions
Contactée par Médias24, une source présente sur place affirme que la réunion a pour objectif de permettre l’ouverture d’un passage pour assurer la circulation des navires.
"L’objectif n’est pas de traiter le conflit dans sa dimension politique ou militaire, mais de répondre à une urgence maritime immédiate, celle de la sécurité de navigation, de la protection des navires et l'évacuation des marins bloqués, ainsi que du rétablissement de la fluidité du trafic dans l’un des passages maritimes les plus sensibles au monde", explique-t-elle.
"Plus de 3.000 navires seraient actuellement bloqués, avec à leur bord plus de 20.000 marins. Huit décès auraient déjà été enregistrés depuis le début de la crise".
Selon notre source, les échanges ont toutefois pris une dimension diplomatique. Plusieurs pays ont déposé des documents mettant directement en cause l’Iran dans la fermeture du détroit et dans l’atteinte à la liberté de circulation maritime.
"Parmi eux, les Émirats ont présenté un document soutenu par plus de 100 pays. En face, la Chine et la Russie défendent une lecture différente de la séquence. Elles estiment, à l’instar de Téhéran, que la fermeture d’Ormuz et l’escalade actuelle doivent être lues comme une réaction aux attaques antérieures d’Israël et des États-Unis, ayant visé l’Iran", souligne notre source.
Il convient de souligner que la Chine et la Russie ont contesté la convocation d’une session extraordinaire, en estimant qu’un tel format ne devrait être envisagé qu’après un mois de crise.
Selon notre source, l’opposition de ces deux pays ne suffit pas, à elle seule, à empêcher la tenue de cette session ni à bloquer une décision, comme dans un mécanisme de veto, puisqu’il faut qu’un tiers des pays membres s’y opposent pour qu’elle soit bloquée.
"D’autres pays ont au contraire jugé que la gravité de la situation, le nombre de navires immobilisés, les risques humains et l’impact mondial sur l’énergie justifiaient pleinement une réunion immédiate", précise-t-elle.
Un corridor et des mesures d’urgence
Selon notre source, plusieurs propositions ont été formulées afin de permettre le passage des navires et des marins bloqués. "L'OMI a encouragé la mise en place, à titre de mesure provisoire et urgente, d’un corridor maritime sécurisé afin de permettre l’évacuation des navires marchands bloqués dans la région du Golfe".
Par ailleurs, l’OMI demande l’arrêt instantané de toutes les attaques contre des navires qui transportent des marins civils innocents et incite les États membres à approvisionner les navires bloqués en eau et en denrées alimentaires.
"L’OMI a invité les États membres à faire le nécessaire pour garantir que les navires bloqués continuent d’être approvisionnés de façon adéquate en eau, en denrées alimentaires, en combustible et en autres fournitures essentielles. Elle a encouragé les États membres à faciliter la relève et le renouvellement des équipages conformément aux normes internationales, afin de préserver la santé, la sécurité et le bien-être des marins", conclut notre source.
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