Marché à terme. Une première séance à 17 MDH et 695 contrats ouverts

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Par | Le 6/4/2026 à 17:23
La Bourse de Casablanca a franchi une nouvelle étape avec le lancement effectif du marché à terme. Dès la première séance, quatre échéances sur le future MASI 20 ont été cotées, générant près de 17 millions de dirhams de volume et 695 contrats ouverts, marquant les premières prises de position sur ce nouveau segment. Ce marché introduit de nouveaux mécanismes, notamment en matière de gestion du risque et d’anticipation des tendances.

Ce 6 avril 2026 restera une date à part pour la place casablancaise. Attendu depuis des années, le marché à terme a officiellement été lancé et est désormais opérationnel, marquant une étape structurante dans la modernisation de l’arsenal financier marocain.

Cette première séance, très observée par les investisseurs, donne déjà un aperçu des premiers niveaux de cotation et de l’appétit du marché pour ce nouvel instrument. Quatre échéances ont été ouvertes simultanément sur le future adossé à l’indice MASI 20, confirmant la mise en place effective du dispositif.

Dans le détail, le contrat à échéance juin 2026 (FMASI20JUI26) a clôturé à 1.309,7 points, en baisse de 0,52%, avec un volume de 4,42 millions de dirhams (MDH). L’échéance septembre 2026 a reculé de 1,30% à 1.299,50 points, pour un volume de 4,17 MDH, tandis que celle de décembre 2026 s’est inscrite en repli de 0,49% à 1.310,8 points, avec 4,72 MDH échangés.

À l’inverse, l’échéance mars 2027 a légèrement progressé de 0,3% à 1.322 points, drainant un volume de 3,66 MDH.

Au total, le volume global des échanges sur cette première séance ressort à près de 17 MDH, pour 33 transactions réalisées, tandis que 695 contrats restent ouverts en fin de séance, ce qui montre les premières prises de position sur ce nouveau marché.

Alors comment fonctionne concrètement ce marché à terme, et surtout, que change-t-il réellement pour les investisseurs marocains ? Voici tout ce qu’il faut comprendre et savoir.

Comment fonctionne concrètement un contrat à terme

Un marché à terme est un marché organisé sur lequel des investisseurs achètent et vendent des contrats portant sur un actif sous-jacent, avec un engagement de règlement à une date future et à un prix fixé à l’avance. Derrière cette définition, le mécanisme peut paraître technique, mais il repose en réalité sur un principe simple : l’investisseur ne détient pas directement un actif, mais prend position sur son évolution future.

Autrement dit, il s’engage aujourd’hui sur un prix, en anticipant la direction du marché à une date donnée. Concrètement, deux positions sont possibles. D’un côté, l’investisseur peut acheter un contrat, s’il anticipe une hausse du marché. De l’autre, il peut vendre un contrat, s’il estime que les prix vont reculer. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un achat classique comme sur le marché actions, mais bien d’un engagement entre deux parties, encadré et sécurisé par le marché.

Toutefois, pour ouvrir une position, il est nécessaire de déposer une garantie initiale. Dans le cas du future sur le MASI 20, ce dépôt s’élève à 1.500 DH (prix théorique) par contrat. Ce montant ne correspond pas à la valeur totale de l’exposition, mais constitue une couverture destinée à absorber les fluctuations de marché. Ainsi, l’investisseur peut prendre une position significative avec un capital limité, ce qui introduit un effet de levier qu’il convient de maîtriser.

Par ailleurs, les positions ne sont pas figées jusqu’à l’échéance. Elles sont réévaluées quotidiennement par la Chambre de compensation, en fonction de l’évolution des cours. Si le marché évolue défavorablement, un appel de marge peut être exigé afin de couvrir les pertes potentielles. À l’inverse, une évolution favorable se traduit par un gain enregistré sur le compte de l’investisseur.

En outre, il est tout à fait possible de clôturer sa position avant l’échéance en prenant une position inverse sur le même contrat, ce qui offre une certaine flexibilité dans la gestion des positions. À défaut, si le contrat est maintenu jusqu’à son terme, il est dénoué en espèces, sur la base de la différence entre le prix initialement fixé et le niveau du marché à l’échéance.

Enfin, l’ensemble de ces opérations est sécurisé par la Chambre de compensation, qui s’interpose entre acheteurs et vendeurs afin de garantir la bonne fin des transactions. Ce dispositif permet ainsi de réduire le risque de contrepartie et d’assurer un fonctionnement fluide et encadré du marché.

Quels gains… et quels risques pour l’investisseur ?

Avec un dépôt de garantie relativement limité, le marché à terme permet de prendre des positions d’une ampleur bien supérieure au capital mobilisé. C’est précisément ce mécanisme qui rend ce produit attractif, mais également plus exigeant en matière de gestion du risque.

Concrètement, lorsqu’un investisseur anticipe une hausse du marché, il peut prendre une position acheteuse sur le future MASI 20. Si cette anticipation se confirme, le gain est calculé sur la base de l’évolution de l’indice. À titre d’illustration, un investisseur disposant d’un capital de 500.000 DH peut prendre une position de 50 contrats, moyennant un dépôt initial de 75.000 DH. Si le niveau du future passe de 1.000 à 1.100 points à l’échéance, le gain global atteint 50.000 DH.

À l’inverse, si le marché évolue dans le sens opposé, la perte est de même ampleur. Une baisse équivalente du niveau du future se traduirait ainsi par une perte de 50.000 DH sur la position. Dans ce cas, des appels de marge peuvent intervenir en cours de vie du contrat, obligeant l’investisseur à ajuster son dépôt afin de maintenir sa position ouverte.

Toutefois, le marché à terme ne se limite pas à une logique de prise de position directionnelle. Il constitue également un outil de couverture. Ainsi, un investisseur exposé aux actions peut vendre des contrats à terme afin de se prémunir contre une baisse du marché. Dans ce cas, les pertes enregistrées sur le portefeuille peuvent être compensées par des gains réalisés sur les positions vendeuses.

Dans un scénario de repli du marché, un portefeuille de 500.000 DH peut ainsi enregistrer une perte de 50.000 DH, tandis que la position vendeuse sur les futures génère un gain équivalent. Ce mécanisme permet ainsi de neutraliser l’impact de la baisse, illustrant le rôle du marché à terme comme outil de gestion du risque, au-delà de la seule recherche de performance.

Dans ce contexte, l’effet de levier apparaît comme un élément central. S’il permet d’amplifier les gains potentiels, il accentue également les pertes, ce qui implique une vigilance accrue de la part des investisseurs.

Quatre échéances pour structurer les stratégies des investisseurs

Le marché à terme marocain s’organise autour d’un principe central : quatre échéances sont disponibles en permanence pour les investisseurs. Ces maturités, renouvelées chaque trimestre, correspondent aux mois de mars, juin, septembre et décembre.

Au cœur de ce mécanisme, l’investisseur fixe aujourd’hui un prix auquel il s’engage à acheter ou à vendre à une date future. Cette logique permet d’anticiper l’évolution du marché, tout en structurant ses décisions dans le temps selon l’échéance choisie.

Ce dispositif permet ainsi de définir précisément son horizon d’intervention. Une échéance proche correspond à une stratégie courte, orientée sur les mouvements immédiats du marché. Une échéance plus éloignée s’inscrit dans une logique d’anticipation ou de couverture sur plusieurs mois.

Par ailleurs, le marché à terme est accessible à différents profils d’investisseurs. Institutionnels, professionnels et investisseurs individuels peuvent y intervenir, à condition de passer par des membres habilités. Les opérations s’effectuent ainsi via des membres négociateurs ou négociateurs-compensateurs, chargés d’exécuter les ordres et d’assurer leur traitement dans le cadre du marché.

À mesure qu’une échéance arrive à maturité, elle est retirée de la cotation et remplacée par une nouvelle échéance plus lointaine. Ce renouvellement continu garantit la présence permanente de quatre horizons d’investissement.

Dans la pratique, cette organisation offre une grande souplesse. Un investisseur peut couvrir son portefeuille sur une période donnée, ajuster progressivement ses positions ou répartir ses engagements sur plusieurs échéances en fonction de sa lecture du marché.

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