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Zarif appelle à un accord global pour mettre fin à la guerre entre l’Iran, Washington et Israël

L’ancien chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, estime que Téhéran doit capitaliser sur sa résilience militaire pour ouvrir la voie à une paix globale, fondée sur un compromis nucléaire, la levée des sanctions et un pacte de non-agression avec les États-Unis.

Zarif propose un accord de paix global entre l’Iran et les États-Unis.
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Le 6 avril 2026 à 17h08 | Modifié 6 avril 2026 à 18h19

Dans une tribune publiée par Foreign Affairs ce vendredi 3 avril 2026, l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a exposé sa vision pour mettre fin au conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, un mois après le déclenchement des hostilités.

Selon Zarif, l’Iran, bien qu’attaqué, a su défendre ses intérêts et maintenir la continuité de son leadership, y compris après l’assassinat de hauts responsables. Les frappes répétées sur les infrastructures militaires, civiles et industrielles iraniennes n’ont pas permis aux forces américaines et israéliennes d’atteindre leurs objectifs, laissant ces puissances ''dans un bourbier sans stratégie de sortie''.

L’ancien ministre souligne que certains Iraniens militent pour la poursuite de la guerre afin de'' punir les agresseurs''. Depuis le 28 février, de grandes foules d’Iraniens fiers se rassemblent à travers le pays pour manifester leur défi en scandant : ''Pas de capitulation, pas de compromis, combattez contre l’Amérique ''.

Zarif plaide pour que Téhéran tire parti de sa position pour ''déclarer la victoire '' et négocier un accord global. Selon lui, ce dernier pourrait inclure la limitation du programme nucléaire iranien, la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée de toutes les sanctions.

Un pacte de non-agression et une coopération économique mutuelle avec Washington pourraient également faire partie de l’accord.

L’ancien diplomate rappelle le passé mouvementé des relations entre l’Iran et les États-Unis, de la coopération iranienne après le 11-Septembre à l’inclusion de Téhéran dans ''l’axe du mal '', puis à l’abrogation de l’accord nucléaire de 2015 par Donald Trump et à la politique de ''pression maximale'' poursuivie par Joe Biden.

Selon lui, cette histoire alimente la méfiance d’une partie de la population iranienne à l’égard de la diplomatie américaine.

Pour Zarif, un cessez-le-feu serait insuffisant : seule une paix globale permettrait de mettre fin durablement aux hostilités et de stabiliser la région. L’accord devrait inclure des engagements nucléaires précis, notamment l’engagement de l’Iran à ne jamais chercher à se doter d’armes nucléaires et à réduire son stock total d’uranium enrichi à un niveau convenu inférieur à 3,67%.

Simultanément, les États-Unis mettraient fin à toutes les résolutions du Conseil de sécurité contre l’Iran, élimineraient les sanctions unilatérales américaines et encourageraient leurs partenaires à faire de même, précise Zarif. L’Iran devrait également être autorisé à participer activement aux chaînes d’approvisionnement mondiales sans entrave ni discrimination.

Par ailleurs, Zarif plaide pour qu’une composante régionale du plan de paix implique Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Yémen, ainsi que les membres permanents du Conseil de sécurité et possiblement l’Égypte, le Pakistan et la Turquie, afin de coopérer sur un réseau régional de sécurité garantissant la non-agression, la coopération et la liberté de navigation en Asie occidentale.

Cela inclut la mise en place d’accords formels entre l’Iran et Oman pour le passage sûr et continu des navires à travers le détroit d’Ormuz.

Au-delà du volet sécuritaire, Zarif plaide pour une normalisation graduelle des relations économiques et diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis, incluant la reprise des exportations pétrolières iraniennes, une coopération technologique entre l’Iran, les États-Unis et les pays du Golfe, notamment dans les technologies avancées, ainsi que le rétablissement progressif des services consulaires.

Il souligne également la nécessité d’un financement international, y compris américain, pour la reconstruction des infrastructures détruites en Iran lors des conflits de 2025 et 2026.

Reconnaissant la persistance d’une forte méfiance entre les deux parties, Zarif estime néanmoins que la Chine, la Russie et certains acteurs régionaux pourraient jouer un rôle de garantie pour sécuriser un futur accord.

L’ancien chef de la diplomatie iranienne conclut que, malgré la violence du conflit, la crise actuelle pourrait constituer une fenêtre historique pour un règlement durable, soulignant que ''l’histoire se souvient surtout de ceux qui font la paix ''.

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