Habitat insalubre : incidents en marge d’une opération menée à Hay Mohammadi
Une opération de démolition, menée ce mardi 7 avril 2026 au douar "Champ de tir", a donné lieu à des heurts entre habitants et forces de l’ordre, occasionnant plusieurs blessés ainsi que des interpellations.
L’ambiance était tendue ce mardi 7 avril 2026 au "Champ de tir". Dès l'aube, un important dispositif sécuritaire, composé de la Sûreté nationale et des Forces auxiliaires, a été déployé autour de ce douar de la ville de Casablanca, situé dans l’arrondissement de Hay Mohammadi. L’objectif était d'accompagner une opération d’aménagement menée par les autorités locales, visant à mettre fin à des habitations insalubres occupées depuis plusieurs décennies.
L’intervention s'est heurtée à des protestations de la part de certains habitants. Pour ralentir l’avancée des engins de chantier, des résidents ont formé des chaînes humaines, marquant leur opposition à l'avancement des travaux
C’est ensuite que la situation a dégénéré. Des groupes de jeunes ont en effet manifesté leur mécontentement par des jets de pierres et de bouteilles, blessant plusieurs éléments des Forces auxiliaires et de la police. Certains ont dû être évacués pour recevoir les soins nécessaires.
Par ailleurs, les débordements ont également eu des répercussions sur les personnes présentes sur place, plusieurs femmes et personnes âgées ayant fait des malaises. Des manifestants, dont certains ont eux-mêmes été blessés, ont été interpellés dans la foulée.
En marge de l’opération, certains occupants ont également exprimé des réserves sur les solutions de relogement proposées. Selon ces derniers, la localisation des lots et le niveau des compensations ne permettent pas de répondre aux contraintes sociales et économiques des ménages concernés.
Joint par Médias24 au téléphone, un acteur associatif local, qui a requis l'anonymat, affirme ainsi que plusieurs familles ne disposent pas, selon lui, des moyens nécessaires pour construire sur les terrains attribués et redoutent les difficultés liées à l’éloignement.
Les autorités locales rappellent, pour leur part, que cette opération s’inscrit dans le cadre du programme national "Villes sans bidonvilles" et qu'elle a été menée conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Elles précisent que l’ensemble des procédures administratives requises ont été observées et que les occupants concernés avaient été informés en amont, avec des délais jugés suffisants pour libérer les lieux.
Une source proche du dossier a par ailleurs confié à Médias24 que des concertations préalables avaient eu lieu entre les autorités et les représentants des habitants. Selon cette source, la situation a toutefois basculé le jour de l’intervention, dans un contexte marqué par l'immixtion de relais militants extérieurs, qui ont encouragé une partie des jeunes à adopter une posture de confrontation avec les forces de l’ordre. Une lecture qui alimente l’idée que les tensions survenues sur place ne relèveraient pas uniquement de la question du relogement.
Cette opération répond également à des impératifs d’aménagement urbain, la zone du "Champ de tir" occupant une assiette foncière stratégique au cœur de la métropole. Selon une source au sein du conseil de la ville, la requalification de ce site doit favoriser le déploiement de nouveaux projets structurants, dans le cadre des efforts engagés pour améliorer le cadre urbain de Casablanca et accompagner ses échéances de développement.
À l'heure où nous écrivons ces lignes, un cordon de sécurité reste déployé autour du site. Le calme semble être revenu, tandis que les travaux se poursuivent sous surveillance.
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