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POLITIQUE

Dialogue social. À quelques jours de la session d’avril 2026, les syndicats et le gouvernement toujours sans cap

Officiellement, c'est dans près d'une semaine que le dialogue social doit reprendre. Mais à l’approche de cette échéance, les syndicats dénoncent un manque de visibilité persistant, sur fond de dossiers lourds, de promesses non soldées et de désaccords qui restent entiers. Détails.

Dialogue social : une session d’avril sous tension en fin de mandat
Younès Sekkouri, Aziz Akhannouch et Fouzi Lekjaâ.
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Le 9 avril 2026 à 16h24 | Modifié 9 avril 2026 à 18h19

À quelques mois de la fin du mandat gouvernemental, la session d’avril 2026 du dialogue social s’apprête à s’ouvrir dans un climat marqué par de fortes attentes et des chantiers inachevés.

Réforme des retraites, Code du travail, pouvoir d’achat… plusieurs dossiers structurants ouverts ces dernières années peinent toujours à aboutir. Si les syndicats affichent des priorités claires, en tête desquelles figure l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens, l’ordre du jour de cette nouvelle session n'a, à ce stade, toujours pas été communiqué, apprend Médias24 auprès de sources syndicales.

Démarrage du dialogue le 17 avril, le flou persiste sur l’ordre du jour

La session d'avril 2026 du dialogue social est prévue pour démarrer le vendredi 17 avril, à la veille de la Fête du travail. Une réunion préparatoire devait se tenir ce jeudi 9 avril au ministère de l’Emploi afin de fixer l’ordre du jour de cette session.

Exigée par les syndicats, cette étape est jugée essentielle. "Il est impossible de participer à une réunion sans ordre du jour clair", soulignent nos sources syndicales. Cette rencontre a finalement été annulée à la dernière minute et devrait être reprogrammée dans les prochains jours.

L'amélioration du pouvoir d’achat, une priorité selon les syndicats

Plusieurs priorités sont toutefois identifiées par les syndicats, au premier rang desquelles l’amélioration des revenus, à travers l’augmentation des salaires et des pensions de retraite, ainsi que l’allègement de la pression fiscale sur les revenus.

Autre point central évoqué par nos interlocuteurs, la mise en œuvre effective des engagements pris dans le cadre des précédents accords sociaux. "Plusieurs dossiers restent en suspens", déplorent-ils.

Parmi les revendications qui concernent l'ensemble des travailleurs figure l’alignement du salaire minimum agricole (SMAG) sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), une mesure actée en 2022, mais toujours en attente de concrétisation.

À cette mesure s’ajoute l’institutionnalisation du dialogue social, pour garantir sa tenue en avril et en septembre, ainsi que la question des libertés syndicales, jugées encore insuffisamment garanties.

Réforme des retraites : des divergences sur les chiffres, aucun plan clair du gouvernement

Le dossier de la réforme des retraites reste, lui aussi, en suspens. Selon nos informations, les partenaires sociaux ont examiné la situation des différentes caisses, "mais les données qui nous ont été présentées suscitent des interrogations".

"Les chiffres communiqués par les caisses diffèrent de ceux qui nous avaient été présentés auparavant par le gouvernement. Nous avons donc demandé des éclaircissements ainsi que des pièces justificatives", indique l'une de nos sources.

En effet, après une première réunion en janvier à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), puis une autre le 3 février avec la Caisse marocaine des retraites (CMR), la commission technique chargée des retraites a tenu, le 16 février, une rencontre consacrée au Régime collectif d'allocation de retraite (RCAR).

La dernière réunion était prévue le 6 avril au siège de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR). Mais les syndicats ont demandé son report et la suspension temporaire des travaux de la commission jusqu'à la tenue de la session d’avril du dialogue social.

Aucune décision concernant ce dossier n'a donc été prise à ce stade, nous assure-t-on, contrairement à certaines informations relayées sur les réseaux sociaux. "Il n’existe pas encore de plan de réforme clairement défini par le gouvernement. Les discussions en sont encore au stade du diagnostic", nous précise-t-on.

Code du travail, un chantier relégué au second plan ?

Autre réforme attendue, celle du Code du travail, qui semble pour l’heure à l’arrêt. Aucun nouvel élément n’a été communiqué à ce sujet du côté du gouvernement.

Les syndicats, eux, estiment que la révision de ce texte n'est pas une priorité. "Nous demandons plutôt l'évaluation du texte en vigueur. Nous exigeons d'abord un bilan de son application, ainsi qu’une véritable négociation sur cette base", souligne l'un des responsables syndicaux joints par nos soins.

Rappelons qu'en septembre dernier, Younes Sekkouri, ministre de l'Emploi, avait appelé les partenaires sociaux à lui livrer leurs propositions avant la fin du mois. Selon nos informations, ni la CDT ni l'UMT n'ont joué le jeu, refusant la méthode du ministre.

Dans ce contexte, la session d’avril du dialogue social apparaît comme un test pour un gouvernement en fin de mandat. Mais il est clair que certains dossiers qui traînent depuis plusieurs années, notamment celui de la réforme des retraites, seront de nouveau renvoyés au prochain exécutif.

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Le 9 avril 2026 à 16h24

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