Portée par la dynamique bénéficiaire des sociétés cotées, la masse des dividendes annoncés au titre de l’exercice 2025 s’établit à 24,5 MMDH, en progression de 16,9% à périmètre comparable. Dans le détail, 42 entreprises sur 54 ont relevé leur dividende par action, ce qui montre une amélioration globale de la capacité distributive du marché.
Dans le même temps, le rendement moyen ressort à 2,6%, contre 2,8% un an auparavant, dans un contexte marqué par la forte progression des cours boursiers. Le PER 2025 se maintient autour de 20,1x, proche de sa moyenne historique, confirmant que le marché valide la croissance des résultats tout en intégrant des niveaux de valorisation plus élevés.
Rapportée à une masse bénéficiaire de plus de 50 MMDH, la distribution de dividendes correspond à un taux de distribution d’environ 49%, un niveau qui reflète un équilibre entre rémunération des actionnaires et maintien de ressources pour soutenir la croissance.
Le dividende constitue un indicateur central pour l’investisseur. Il reflète la capacité d’une entreprise à générer des flux de trésorerie et à les redistribuer, tout en offrant un rendement tangible à court terme. Ce critère s’inscrit toutefois dans une lecture plus large, intégrant la valorisation, les perspectives de croissance et le niveau de risque.
Par ailleurs, l’environnement fiscal évolue dans un sens favorable. Le taux de retenue à la source sur les dividendes a été ramené à 12,5% en 2025 et poursuivra sa baisse à 11,25% en 2026, puis à 10% en 2027. Cette trajectoire améliore le rendement net perçu par les actionnaires et renforce l’attractivité des distributions sur les prochaines années.
Dans ce cadre, quelles sont les entreprises cotées qui rémunèrent le mieux leurs actionnaires au titre de l’exercice 2025, avec des dividendes versés en 2026 ?
Rendement du dividende : ce que dit vraiment le yield
Parmi les sociétés cotées, plusieurs entreprises se distinguent par des montants de dividendes particulièrement élevés. Au titre de l’exercice 2025, huit valeurs affichent un dividende par action supérieur à 100 DH. Il s’agit d'Agma (310 DH), Auto Nejma (176 DH), Afriquia Gaz (175 DH), Wafa Assurance (150 DH), SMI (150 DH), Boissons du Maroc (127 DH), LabelVie (120 DH) et Aluminium Maroc (110 DH).
Ce classement en valeur absolue appelle toutefois une lecture plus nuancée. Le montant du dividende reste étroitement lié au niveau du cours de l’action et ne permet pas, à lui seul, d’apprécier le rendement réel pour l’investisseur.
Dans cette optique, le rendement du dividende, ou dividend yield, constitue un indicateur plus pertinent. Il rapporte le dividende au prix de l’action et permet d’évaluer le niveau de rémunération offert en proportion de l’investissement. Sur cette base, plusieurs valeurs ressortent nettement en tête du marché.
Le classement des meilleurs rendements met en avant Ennakl (6,4%), Salafin (6,3%), Aluminium Maroc (6%) et Maghrebail (6%), suivies de Disty Technologies (5,8%), Disway (5,7%), Boissons du Maroc (5,7%) ou encore Afric Industries (5,7%). Les foncières cotées, à l’image d’Immorente Invest (5,7%) et Aradei Capital (5,6%), figurent également parmi les profils les plus rémunérateurs, aux côtés de LafargeHolcim Maroc (5,4%) et Cosumar (5,1%).
Ce positionnement met en évidence une diversité sectorielle, avec une présence marquée de l’industrie, des services financiers spécialisés et des valeurs technologiques, en plus des sociétés de placement immobilier.
Pour autant, le niveau de rendement doit être analysé avec précaution. Un rendement élevé peut refléter une politique de distribution attractive, mais il peut également s’expliquer par un niveau de cours relativement faible ou une liquidité limitée. Ce dernier point reste déterminant dans l’analyse boursière.
Certaines valeurs affichant des rendements élevés évoluent avec des volumes d’échange réduits, ce qui peut limiter leur accessibilité pour les investisseurs et accentuer la volatilité. C’est notamment le cas de profils comme Ennakl, où le rendement élevé s’accompagne d’une liquidité plus restreinte.
Dans ce contexte, la lecture du rendement doit s’inscrire dans une approche plus globale, intégrant la qualité des fondamentaux, la régularité de la politique de distribution et les conditions de liquidité du titre sur le marché.

Des rendements plus modérés sur les grandes capitalisations liquides
Les grandes capitalisations, qui concentrent l’essentiel des flux sur le marché, présentent des niveaux de rendement plus modérés. C’est le cas notamment des valeurs bancaires, à l’image d’Attijariwafa bank (3,1%), Bank of Africa (2,5%) ou encore CIH Bank (3,8%), qui offrent une combinaison entre visibilité des résultats, profondeur de marché et distribution régulière.
Dans le même esprit, Maroc Telecom affiche un rendement de 4,1%, dans un profil de valeur défensive largement détenue par les investisseurs institutionnels. Certaines valeurs à forte capitalisation, à l’image de TAQA Morocco (2,1%) ou Marsa Maroc (1,3%), affichent des rendements plus contenus, dans des logiques liées à leurs cycles d’investissement ou à leurs perspectives de croissance.
Cette distinction met en évidence une réalité du marché : les rendements les plus élevés se concentrent souvent sur des valeurs moins liquides, tandis que les grandes capitalisations offrent un couple rendement-liquidité plus équilibré, privilégié par les investisseurs de long terme.

