Christophe Lecourtier a officiellement pris ses fonctions ce lundi 11 mai 2026 comme nouveau directeur général du groupe, en remplacement de Rémy Rioux, qui dirigeait l’institution depuis 2016.
Proposée par le président Emmanuel Macron et approuvée par une large majorité de parlementaires, cette nomination intervient dans un contexte international présenté par l’AFD comme "charnière", marqué par les tensions géopolitiques, les interdépendances accrues entre la France, l’Europe et le reste du monde, ainsi que par les enjeux énergétiques.
À la tête de l’agence, Christophe Lecourtier devra faire évoluer le positionnement stratégique du groupe, avec un accent mis sur l’impact, la visibilité, l’efficacité et l’exemplarité budgétaire, au service des populations vulnérables et des intérêts partagés entre la France et ses partenaires.
Diplômé de l’École normale supérieure (ENS) de Saint-Cloud, de Sciences Po Paris et de l’École nationale d'administration (ENA), Christophe Lecourtier a commencé sa carrière au ministère de l’Économie et des finances avant d’occuper plusieurs fonctions dans les cabinets ministériels. Il a ensuite dirigé Ubifrance, puis Business France, avant d’être nommé ambassadeur de France en Australie, en Serbie, puis au Maroc à partir de décembre 2022.
Devant le Parlement, le nouveau directeur général a défendu le rôle stratégique de l’AFD, tout en plaidant pour une agence plus sélective, lisible et exemplaire. Il a estimé que l’institution devait être "plus qu’une petite Banque mondiale" et avait vocation à devenir "une grande agence française".
Christophe Lecourtier a également proposé plusieurs évolutions, notamment un dialogue renforcé avec les tutelles ministérielles, le Parlement et les agents, une meilleure articulation avec la politique étrangère de la France et ses intérêts stratégiques, diplomatiques et économiques, ainsi qu’une concentration des moyens sur les géographies et les secteurs où l’impact est jugé le plus tangible.
Plusieurs membres du gouvernement français ont salué cette nomination. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a évoqué une nouvelle dynamique fondée sur des partenariats internationaux "pragmatiques et efficaces", notamment au service du climat, de la biodiversité et des intérêts stratégiques français.
Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a de son côté défendu l’investissement dans le développement comme un levier de stabilité internationale, mais aussi de sécurité et de prospérité pour les Français.
La ministre déléguée chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux, Eléonore Caroit, a enfin salué le passage d’une logique d’aide à une logique d’investissements durables, présentée comme l’une des nouvelles orientations de la politique française de développement.