L'économie informelle a représenté 410 MMDH en 2013 (HCP)
Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan, a présenté mercredi 12 octobre les résultats de l’enquête nationale sur le secteur de l’informel. Ce dernier compte un effectif de 2,4 millions de personnes, dont près de la moitié dans le commerce. Les ménages ont constitué près de 80% de sa clientèle.
"Souvent appréhendé comme un secteur parasitaire et une source de manque à gagner budgétaire, sa résorption devra se réaliser à travers la transformation globale des structures productives nationales. Sa présence profite à la demande d’une société traditionnelle en transition et de la précarité de l’offre et de la qualité de la main d’œuvre sur le marché du travail", a tenu à préciser Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan lors de la présentation des résultats de l’enquête nationale sur le secteur informel.
Quelques chiffres clés de cette enquête relative à 2013:
-Le chiffre d’affaires de l’informel s’est établi à 410 milliards de DH, en accroissement annuel moyen de 6,5% depuis 2007. Le CA moyen est de 245.000 DH par unité.
-Près de 70% du CA sont réalisés au niveau du commerce. Ce domaine reste prépondérant, en dépit d’une baisse de son poids depuis 2007.
-Il compte 1,68 million d'unités de production, 19.000 nouvelles unités sont créées par an.

-L’investissement dans le secteur a atteint 3,36 milliards de DH en 2013, en accroissement annuel de 3,2% depuis 2007.
-Pour financer de nouvelles créations, 82,2% des patrons ont eu recours à l’autofinancement, 9,6% à l’emprunt bancaire, en contrepartie de cautions personnelles, comme le précise M. Lahlimi.
-2,4 millions de personnes travaillent dans la sphère informelle – comme préfère l’appeler M.Lahlimi-, soit 36,3% de l'emploi non agricole. 47% de cet emploi sont dans le commerce et 20% dans l’industrie.
-Les salariés représentent en 2013 17,2% de l’emploi.

-12,2% de la production nationale provient du secteur informel, contre 10,9% en 2007.
- Sa contribution dans le PIB s’est établie à 11,5%, contre 11% en 2007. Ce faible taux est dû à un prélèvement relativement minime au titre des impôts et taxes, comme expliqué par le HCP.
-Les ménages ont constitué 80% de la clientèle, le secteur formel 0,5%.

- Le nombre des unités de production informelles a été de 1,68 million, en progression annuelle moyenne de 19.000 unités.
- Le secteur s’auto-approvisionne à raison de 71% de ses besoins et 18% du secteur formel.
-Un salarié crée, en moyenne, une valeur ajoutée annuelle de 43.497 DH, nettement inférieure à la moyenne nationale, qui est de 76.393 DH.
- 3,3% des entrepreneurs dans le secteur ont un niveau d’enseignement supérieur. Plus de 65% ont fréquenté l’enseignement préscolaire ou primaire.
- Avant de réaliser leurs projets, 75% des créateurs des unités informelles étaient actifs, 12% étudiants, 8,3% chômeurs et 3% femmes au foyer.
- Avec 9% des femmes, les directions de ces unités sont faiblement féminisées.
-Un chef d’unité sur dix déclare avoir eu des problèmes avec les agents de l'administration. Dans le commerce, les conflits sont dus pour 37,6% à l’occupation de l’espace public et pour 26% à l’encombrement de la chaussée.
-Le manque de liquidité (44,5%), l’exiguïté du marché (25%) sont les principaux obstacles cités.
-L’indépendance est perçue comme le principal avantage de l’exercice d’une activité informelle.
-L’avenir incertain est la principale inquiétude des chefs.
-Peu de chefs souhaitent transmettre l’activité à un membre de leur famille.
L’enquête a porté sur un échantillon de 10.085 unités de production, sur une période de 12 mois, pour tenir compte de la saisonnalité. Les activités illicites illégales ne font pas partie du champ de l'enquête.
(Cliquez sur l'image pour feuilleter la présentation de l'enquête)
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