Maroc 2030 : de la vision à l’activation : la Fondation entre en jeu
Et si, pour une fois, le vrai trophée n’était pas une coupe organisée, mais un pays transformé ? Derrière les stades, une stratégie se met en place : celle d’un Maroc qui joue collectif pour gagner durablement.
Depuis quelques mois, un constat s’impose : le Maroc a déjà les buteurs, ces talents, idées et ambitions capables de marquer l’histoire. Mais il lui manquait encore le banc des « préparateurs physiques » : ces structures agiles capables de transformer la ferveur et les présentations PowerPoint en résultats mesurables, indicateurs concrets et chaînes de valeur durables.
Cette réflexion, amorcée dans le Framework Hakimi, plaidait pour une nouvelle ère : celle de l’économie de mise en œuvre, où chaque ambition doit pouvoir être livrée, suivie et évaluée.
Avec l’adoption par le Conseil de gouvernement, le 11 juillet 2025, de la création de la Fondation Maroc 2030, cette nouvelle entité, inspirée des hautes instructions royales et présentée par Fouzi Lekjaa, le Maroc se dote enfin de cette Special Delivery Unit - SDU tant attendue ; une ossature institutionnelle capable de transformer les rêves 2030 en leviers multisectoriels, inclusifs, territorialisés et en Soft Power à l’image de notre Tamaghrabit.
La Fondation se profile comme le véritable Coach de transition vers un Maroc plus juste, plus innovant et plus souverain. Le match est lancé, mais cette fois-ci, la feuille de route est claire et les rôles bien distribués.
Horizon 2030 : Le cap vers le social et l'inclusif
« Bien plus qu’une candidature et d’engagements honorés envers la FIFA, c’est une vision. Celle d’un Maroc qui donne à chaque citoyen les moyens de croire en son avenir. Dans le contexte actuel, c’est plus qu’une ambition : c’est une nécessité ! »
D’un point de vue socio-économique, les objectifs fixés à l’horizon 2030 s’avèrent très prometteurs. Nous en citons, entre autres :
- La création de 1,45 million d’emplois décents
- La réduction du taux de chômage à moins de 9 %
- Une répartition géographique équilibrée des nouveaux emplois avec 60 % hors de l’axe Casablanca-Rabat
- Une participation féminine au marché du travail : 35 %
- 100 000 contrats d’apprentissage/an, soit le quadruple par rapport à l’année 2024
La création de la Fondation Maroc 2030 traduit une conviction profonde : celle que l’organisation de la Coupe du Monde n’est pas seulement un défi logistique ou économique. C’est une opportunité historique de construire un projet collectif à la hauteur des aspirations du pays et de ses citoyens. En s’appuyant sur les piliers que sont la jeunesse, l’innovation, l’inclusion et les territoires, le Maroc affirme une vision claire de faire de 2030 un levier de transformation durable.
Oui, générer de la croissance est important. Mais l’avenir et l’espoir des Marocain.e.s n’est surtout pas des moindres.
Écosystème start-ups : de l’étincelle à la rampe de lancement nationale
Puisque le Maroc s’apprête à organiser deux grands événements footballistiques, pourquoi ne pas s’inspirer de l’une des success stories les plus marquantes de l’histoire de ce sport ? Celle du légendaire Johan Cruyff. Triple Ballon d’or en tant que joueur, le Néerlandais a également révolutionné le football en tant qu’entraîneur, notamment avec son « football total » qui repose, outre la maîtrise du ballon et la construction depuis l’arrière, sur la confiance en la jeunesse et en le produit local.
Dans ce sens, sa célèbre déclaration « Les jeunes joueurs doivent jouer, sinon vous ne saurez jamais ce dont ils sont capables. » illustre sa philosophie : la progression passe par la pratique réelle, pas uniquement par l'entraînement. En effet, Cruyff insistait sur le fait qu’on ne pouvait pas évaluer ni développer un jeune joueur sans lui donner l’opportunité de se confronter au haut niveau.
« Dans les grands chantiers nationaux, les startups marocaines ne doivent plus être des figurantes. Il est temps d’en faire des titulaires au cœur du jeu »
De même, les start-ups marocaines devraient être mises à l’épreuve et inscrites dans cet énorme chantier, surtout si l’on tient compte de certains facteurs tels que le deal-flow en hausse avec plus de 35 % de levées seed/pré-seed en 2024 et la souveraineté financière escomptée à l’horizon 2027, qui exige que, sur les levées de fonds supérieures ou égales à 1 million USD, la moitié du montant investi devra provenir d’investisseurs marocains ou basés au Maroc (fonds publics, fonds privés locaux, business angels nationaux, etc.).
En parallèle, l’inclusion des startups dans ces grands projets passe inévitablement par la suppression graduelle du décalage existant entre elles et les corporates en surmontant certaines contraintes telles que les délais de paiement (124 j de moyenne), les achats publics inadaptés aux POC, l’aversion au risque et l’absence d’incitation fiscale, entre autres.
Afin d’y arriver, plusieurs pistes sont à parcourir, notamment l’instauration de sandbox achats publics sous l’égide de la Fondation Maroc 2030 pour les solutions touchant à la SportTech, au tourisme immersif ou à la mobilité urbaine, la mise en place d’un crédit d’impôt «prototypage» de 15 % pour les POC locaux ou encore la création d’une clause légale «30 jours ou pénalités» dès la LF 2026.
Faisons confiance aux jeunes talents marocains, un Hakimi, un Iniesta ou même un Messi y serait caché, attendant une opportunité !
Accompagner nos ambitions : Gouvernance et transparence des véhicules locaux d’investissement
« Sa Majesté le Roi a appelé, avec clarté et fermeté, le secteur privé national à assumer pleinement son rôle de partenaire du développement, en agissant en bon patriote, dans une logique d’investissement responsable, durable et solidaire. »
Face aux défis de 2030, le Maroc a besoin de renforcer sa souveraineté économique en s’appuyant sur des véhicules d’investissement locaux solides, bien gouvernés et efficaces.
C’est exactement ce que symbolise le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Via sa dernière annonce en juillet 2025, le FM6I a franchi une étape clé en sélectionnant 14 sociétés de gestion, marocaines et internationales implantées localement, pour piloter des fonds sectoriels et thématiques à hauteur de 19 milliards de dirhams.
Ces acteurs, rigoureusement choisis, ont pour mission de soutenir les entreprises, de mobiliser l’investissement privé, l’innovation, notamment nationale, et de générer des emplois durables dans tout le pays.
À l’approche de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, il est temps d’appliquer cette méthodologie à toutes les initiatives d’envergure. Concrètement, cela signifie :
- Donner la priorité aux gestionnaires marocains, ou favoriser les co-gestions locales, pour mettre en valeur notre expertise nationale ;
- Rendre compte régulièrement, à travers des tableaux de bord publics sur les projets soutenus, les emplois créés, et les retombées territoriales ;
- Mobiliser l’épargne marocaine à travers des collèges d’investisseurs nationaux engagés dans l’innovation et l’économie réelle ;
- Signer des contrats de performance exigeants, avec des incitations alignées sur des objectifs concrets : inclusion, durabilité, impact local ;
- Et enfin, assurer une coordination nationale forte, à travers une instance de supervision veillant à la cohérence, la synergie et la clarté des actions engagées.
Recommandations concrètes
- Capitaliser sur les véhicules d’investissement locaux solides (ex. les véhicules retenus récemment par le Fonds Mohammed VI de l’Investissement) pour garantir la souveraineté financière.
- Renforcer les collaborations public‑privé pour fluidifier l’accès aux marchés et accélérer l’adoption des innovations, avec une orientation vers la préférence nationale.
- Mettre en place des mécanismes rigoureux de suivi et d’évaluation (reporting open data, audits indépendants) afin de mesurer les retombées sociales, territoriales et économiques.
En conjuguant l’élan patriotique dont est doté le Maroc avec la méthode terrain détaillée dans le « Framework Hakimi », le Maroc dispose de tous les leviers pour transformer l’horizon 2030 en véritable moteur d’innovation souveraine.
La Fondation Maroc 2030 peut jouer le rôle de Special Delivery Unit, tandis que des véhicules d’investissement locaux, à l’image des véhicules retenus par le Fonds Mohammed VI de l’Investissement, assurent la souveraineté capitalistique et la gouvernance exemplaire nécessaires.
Le compte à rebours est lancé, il faudrait bien jouer avant le coup d’envoi !
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