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Le combat de l’Europe centrale pour la liberté digitale
27 mars 2015PRAGUE – Il y a un quart de siècle, lorsque le mur de Berlin est tombé et le rideau de fer s’est levé, les peuples […]
Jeremy Druker
Directeur de Transitions (Prague)
Jeff Lovitt
Directeur de Pasos (Prague)
Le combat de l’Europe centrale pour la liberté digitale
27 mars 2015PRAGUE – Il y a un quart de siècle, lorsque le mur de Berlin est tombé et le rideau de fer s’est levé, les peuples […]
La vérité sur le consentement médical
27 mars 2015LONDRES – Est-il acceptable que les médecins fassent de la rétention d'information envers leurs patients ? Certains prétendent que cela est non seulement acceptable, mais souhaitable. Les partisans de cette thèse estiment que l'espoir est essentiel pour faciliter la guérison. Et à ce titre, il ne faut pas qu'un diagnostic peu prometteur mette en péril cette guérison. Dans son œuvre influente de 1803 Medical Ethics, le médecin anglais Thomas Percival a décrit le rôle du médecin comme « le ministre d'espérance et de réconfort pour les malades », et a fait remarquer que parfois les médecins doivent dissimuler à leurs patients certaines informations inquiétantes. La vie d'un patient peut être écourtée non seulement par les actes d'un médecin, mais aussi par ses mots et son attitude, écrit Percival. Le médecin canadien William Osler (dont l'un des patients fut Walt Whitman) fut un autre fervent promoteur du pouvoir de guérison de l'espérance. En effet, son « optimisme à toute épreuve, bien que parfois injustifié » d'après un biographe, était un de ses caractéristiques les plus remarquables. Dans un manuel de 1958 sur l'éthique médicale et le droit, un autre éminent médecin a déclaré qu'il est « souvent cliniquement avisé et dans l'intérêt du patient de taire certains sujets confidentiels. » Il y a quelques années, j'ai interviewé un médecin de famille sur le même sujet. Il a décrit sa première « visite à domicile » dans les années 1960, lorsque lui et un collègue plus expérimenté ont rendu visite à un pasteur protestant guilleret, qui n'avait aucune idée qu'il ne lui restait que quelques semaines à vivre suite à un cancer virulent du côlon. Le médecin-chef a suggéré de donner au patient de fortes doses d'analgésique, en lui racontant qu'il s'agissait du traitement d'une « infection » par des antibiotiques. Le jeune médecin, mal à l'aise face à cette tromperie, a demandé à la femme du pasteur la permission de lui dire la vérité et après de nombreuses hésitations, elle a accepté. Lorsque le pasteur a appris la nouvelle, il est tombé dans un tel état de désespoir qu'il a refusé tous les antalgiques. Il était sûr qu'il finirait en enfer. Plus de 40 ans plus tard, ce médecin m'a dit : « Aujourd'hui encore, je me souviens de son visage. Ce fut la plus grosse erreur de ma carrière médicale. » Aujourd'hui, ce genre de paternalisme médical n'est plus de mise dans de nombreux pays. Pour éviter de s'exposer à des allégations de négligence, voire même dans de rares cas à celles de délit criminel, les médecins doivent divulguer une quantité toujours croissante d'informations, aussi peu prometteuses qu'elles soient sur les risques du traitement, les avantages et les autres choix envisageables, afin de permettre au patient de donner son « consentement éclairé ». Maintenir l'espoir d'un patient tout en respectant l'obligation de divulgation est l'une des tâches les plus difficiles auxquelles sont confrontés les médecins. Cela nécessite une profonde connaissance de la nature humaine : un simple mot, un geste ou un regard peuvent remonter le moral d'un patient, ou au contraire le briser. Beaucoup de médecins ont du mal à obtenir un consentement clair. L'un des problèmes est que les médecins reçoivent peu de formation spécifique sur la manière d'obtenir un consentement : dans ce domaine, les écoles de médecine n'enseignent que les rudiments. En conséquence, de nombreux médecins ne connaissent pas les subtilités de ce qui constitue un consentement légitime vis-à-vis de la législation et de leur corporation : cette tâche est rendue encore plus ardue par les règles évolutives sur le consentement. Un autre problème est que de nombreux médecins considèrent l'obtention du consentement comme une obligation pénible. Certains médecins-chefs en viennent parfois à déléguer cette tâche à leurs collègues moins expérimentés. En outre, les médecins obtiennent souvent le consentement à la hâte, de manière quasi automatique, comme s'ils ne savaient pas que le patient prend connaissance de ces informations pour la première fois. Cette attitude hautaine se retrouve dans le jargon sous les termes « consenting a patient », comme s'il s'agissait d'un acte pratiqué sur un patient, une prise de sang ou une piqûre : « Dr Durand, veuillez consentir M. Dupond. » Au lieu de cela, le consentement doit être considéré comme le privilège le plus précieux d'un patient, auquel il ou elle peut choisir de renoncer, sur présentation d'un cas suffisamment convaincante. Le consentement ne doit pas être arraché, de la même manière qu'un billet de train tendu au contrôleur. Le problème se complique encore lorsque le consentement est obtenu quelques heures avant une opération importante et plusieurs mois après la dernière consultation avec le chirurgien. Cela peut conduire les patients à consentir à des procédures qu'ils ne comprennent pas ou qu'ils ne souhaitent pas. Un collègue m'a raconté l'histoire de cette patiente, qui expliquait au brancardier qui poussait son lit vers la salle d'opération, qu'elle attendait cette opération avec impatience. Une fois « guérie », elle ne pourrait fonder une famille, disait-elle. Elle était censée subir une hystérectomie dans les prochaines minutes. Le brancardier a immédiatement téléphoné à l'équipe médicale et l'opération a été reportée. Soit la patiente n'avait pas eu les bonnes informations, soit elle ne les comprenait pas clairement. En tant que patients, les futurs patients ou parents, nous avons tous intérêt à une amélioration du niveau de consentement. Bien sûr, certaines personnes peuvent lui préférer l'ancien paternalisme. Mais nous devrions être en mesure de faire ce choix, en laissant savoir aux médecins si nous préférerons être bien informés ou peu informés. De même, si nous voulons davantage d'informations, nous devons poser davantage de questions. Nous pouvons demander des détails supplémentaires sur la procédure et sur les autres possibilités. Nous pouvons interroger le médecin sur ses propres taux de complication. Si une réponse ne nous paraît pas satisfaisante, nous pouvons demander un deuxième avis. Nous pouvons demander à une femme médecin ce qu'elle ferait à notre place, ou quels conseils elle donnerait si le patient était son enfant ou un parent à elle. Et si nous ne nous sentons pas encore sûrs, nous pouvons demander plus de temps pour réfléchir aux différentes possibilités qui nous sont offertes. L'obtention du consentement est une compétence essentielle, mais qui est souvent négligée par les médecins. Comprendre les raisons pour lesquelles tant de médecins sont aux prises avec ce processus est la première étape vers l'amélioration du niveau de consentement. Daniel Sokol, ancien maître de conférences honoraire en éthique médicale et en droit à l'Imperial College de Londres, est avocat et bioéthicien au 12 King’s Bench Walk Chambers à Londres. Son dernier ouvrage publié est Doing Clinical Ethics. Copyright Project Syndicate
Daniel Sokol
Avocat et bioéthicien
La vérité sur le consentement médical
27 mars 2015LONDRES – Est-il acceptable que les médecins fassent de la rétention d'information envers leurs patients ? Certains prétendent que cela est non seulement acceptable, mais souhaitable. Les partisans de cette thèse estiment que l'espoir est essentiel pour faciliter la guérison. Et à ce titre, il ne faut pas qu'un diagnostic peu prometteur mette en péril cette guérison. Dans son œuvre influente de 1803 Medical Ethics, le médecin anglais Thomas Percival a décrit le rôle du médecin comme « le ministre d'espérance et de réconfort pour les malades », et a fait remarquer que parfois les médecins doivent dissimuler à leurs patients certaines informations inquiétantes. La vie d'un patient peut être écourtée non seulement par les actes d'un médecin, mais aussi par ses mots et son attitude, écrit Percival. Le médecin canadien William Osler (dont l'un des patients fut Walt Whitman) fut un autre fervent promoteur du pouvoir de guérison de l'espérance. En effet, son « optimisme à toute épreuve, bien que parfois injustifié » d'après un biographe, était un de ses caractéristiques les plus remarquables. Dans un manuel de 1958 sur l'éthique médicale et le droit, un autre éminent médecin a déclaré qu'il est « souvent cliniquement avisé et dans l'intérêt du patient de taire certains sujets confidentiels. » Il y a quelques années, j'ai interviewé un médecin de famille sur le même sujet. Il a décrit sa première « visite à domicile » dans les années 1960, lorsque lui et un collègue plus expérimenté ont rendu visite à un pasteur protestant guilleret, qui n'avait aucune idée qu'il ne lui restait que quelques semaines à vivre suite à un cancer virulent du côlon. Le médecin-chef a suggéré de donner au patient de fortes doses d'analgésique, en lui racontant qu'il s'agissait du traitement d'une « infection » par des antibiotiques. Le jeune médecin, mal à l'aise face à cette tromperie, a demandé à la femme du pasteur la permission de lui dire la vérité et après de nombreuses hésitations, elle a accepté. Lorsque le pasteur a appris la nouvelle, il est tombé dans un tel état de désespoir qu'il a refusé tous les antalgiques. Il était sûr qu'il finirait en enfer. Plus de 40 ans plus tard, ce médecin m'a dit : « Aujourd'hui encore, je me souviens de son visage. Ce fut la plus grosse erreur de ma carrière médicale. » Aujourd'hui, ce genre de paternalisme médical n'est plus de mise dans de nombreux pays. Pour éviter de s'exposer à des allégations de négligence, voire même dans de rares cas à celles de délit criminel, les médecins doivent divulguer une quantité toujours croissante d'informations, aussi peu prometteuses qu'elles soient sur les risques du traitement, les avantages et les autres choix envisageables, afin de permettre au patient de donner son « consentement éclairé ». Maintenir l'espoir d'un patient tout en respectant l'obligation de divulgation est l'une des tâches les plus difficiles auxquelles sont confrontés les médecins. Cela nécessite une profonde connaissance de la nature humaine : un simple mot, un geste ou un regard peuvent remonter le moral d'un patient, ou au contraire le briser. Beaucoup de médecins ont du mal à obtenir un consentement clair. L'un des problèmes est que les médecins reçoivent peu de formation spécifique sur la manière d'obtenir un consentement : dans ce domaine, les écoles de médecine n'enseignent que les rudiments. En conséquence, de nombreux médecins ne connaissent pas les subtilités de ce qui constitue un consentement légitime vis-à-vis de la législation et de leur corporation : cette tâche est rendue encore plus ardue par les règles évolutives sur le consentement. Un autre problème est que de nombreux médecins considèrent l'obtention du consentement comme une obligation pénible. Certains médecins-chefs en viennent parfois à déléguer cette tâche à leurs collègues moins expérimentés. En outre, les médecins obtiennent souvent le consentement à la hâte, de manière quasi automatique, comme s'ils ne savaient pas que le patient prend connaissance de ces informations pour la première fois. Cette attitude hautaine se retrouve dans le jargon sous les termes « consenting a patient », comme s'il s'agissait d'un acte pratiqué sur un patient, une prise de sang ou une piqûre : « Dr Durand, veuillez consentir M. Dupond. » Au lieu de cela, le consentement doit être considéré comme le privilège le plus précieux d'un patient, auquel il ou elle peut choisir de renoncer, sur présentation d'un cas suffisamment convaincante. Le consentement ne doit pas être arraché, de la même manière qu'un billet de train tendu au contrôleur. Le problème se complique encore lorsque le consentement est obtenu quelques heures avant une opération importante et plusieurs mois après la dernière consultation avec le chirurgien. Cela peut conduire les patients à consentir à des procédures qu'ils ne comprennent pas ou qu'ils ne souhaitent pas. Un collègue m'a raconté l'histoire de cette patiente, qui expliquait au brancardier qui poussait son lit vers la salle d'opération, qu'elle attendait cette opération avec impatience. Une fois « guérie », elle ne pourrait fonder une famille, disait-elle. Elle était censée subir une hystérectomie dans les prochaines minutes. Le brancardier a immédiatement téléphoné à l'équipe médicale et l'opération a été reportée. Soit la patiente n'avait pas eu les bonnes informations, soit elle ne les comprenait pas clairement. En tant que patients, les futurs patients ou parents, nous avons tous intérêt à une amélioration du niveau de consentement. Bien sûr, certaines personnes peuvent lui préférer l'ancien paternalisme. Mais nous devrions être en mesure de faire ce choix, en laissant savoir aux médecins si nous préférerons être bien informés ou peu informés. De même, si nous voulons davantage d'informations, nous devons poser davantage de questions. Nous pouvons demander des détails supplémentaires sur la procédure et sur les autres possibilités. Nous pouvons interroger le médecin sur ses propres taux de complication. Si une réponse ne nous paraît pas satisfaisante, nous pouvons demander un deuxième avis. Nous pouvons demander à une femme médecin ce qu'elle ferait à notre place, ou quels conseils elle donnerait si le patient était son enfant ou un parent à elle. Et si nous ne nous sentons pas encore sûrs, nous pouvons demander plus de temps pour réfléchir aux différentes possibilités qui nous sont offertes. L'obtention du consentement est une compétence essentielle, mais qui est souvent négligée par les médecins. Comprendre les raisons pour lesquelles tant de médecins sont aux prises avec ce processus est la première étape vers l'amélioration du niveau de consentement. Daniel Sokol, ancien maître de conférences honoraire en éthique médicale et en droit à l'Imperial College de Londres, est avocat et bioéthicien au 12 King’s Bench Walk Chambers à Londres. Son dernier ouvrage publié est Doing Clinical Ethics. Copyright Project Syndicate
Faire de la place à la Chine
27 mars 2015LONDRES – Lorsque le Royaume-Uni a annoncé au début du mois qu'il avait accepté de devenir un membre fondateur de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) […]
Un raisin dans le soleil israélien
25 mars 2015En ignorant les rêves des Palestiniens, les dirigeants israéliens conduisent leur pays vers une situation de plus en conflictuelle.
Anne-Marie Slaughter
Présidente et PDG de New America
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La transformation numérique de l’Europe
24 mars 2015SAN JOSÉ – L’Europe est à l’aube d’une transformation technologique sans précédent. C’est ce que j’appelle l’ «Internet of Everything », à savoir cette pénétration de l’Internet mondial dans tous les aspects de notre vie quotidienne.
John Chambers
Président et PDG de Cisco
La transformation numérique de l’Europe
24 mars 2015SAN JOSÉ – L’Europe est à l’aube d’une transformation technologique sans précédent. C’est ce que j’appelle l’ «Internet of Everything », à savoir cette pénétration de l’Internet mondial dans tous les aspects de notre vie quotidienne.
George Weisz
Professeur d’histoire de la médecine à l’Université McGill
Combattre les maladies chroniques
19 mars 2015MONTRÉAL – Beaucoup de personnes craignent terriblement de subir un accident vasculaire cérébral aux effets débilitants ou une crise cardiaque fatale. Quelques-uns réagissent néanmoins aussi émotionnellement devant les risques de maladies chroniques, un terme que l’on définit vaguement et dont la signification va un peu dans tous les sens, mais qui est quand même très utile pour structurer les services de soins de santé. Or les maladies chroniques sont devenues un grand problème qui nécessite une réplique collective.
Combattre les maladies chroniques
19 mars 2015MONTRÉAL – Beaucoup de personnes craignent terriblement de subir un accident vasculaire cérébral aux effets débilitants ou une crise cardiaque fatale. Quelques-uns réagissent néanmoins aussi émotionnellement devant les risques de maladies chroniques, un terme que l’on définit vaguement et dont la signification va un peu dans tous les sens, mais qui est quand même très utile pour structurer les services de soins de santé. Or les maladies chroniques sont devenues un grand problème qui nécessite une réplique collective.
Mohamed A. El-Erian
Conseiller économique en chef d’Allianz
Divergence économique et politiques désordonnées
18 mars 2015LAGUNA BEACH – Notre monde se caractérise de plus en plus par sa divergence – sur le plan de la performance économique, de la politique monétaire, et par conséquent des marchés financiers. La divergence globale contribue d’ores et déjà à la volatilité du marché boursier, au déclin sans précédent des obligations gouvernementales des économies les plus avancées, ainsi qu’à d’importantes fluctuations monétaires. Rien n’indique par ailleurs quelque atténuation de cette tendance, qui exerce ainsi une pression croissante sur des systèmes politiques déjà éprouvés.
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