Débat sur la région, la commune et la province: une médiatisation en-deçà des enjeux
Alors que le débat parlementaire sur la région, la province et la commune bat son plein, les échos médiatiques qui parviennent à l’extérieur du parlement ne reflètent pas la réalité du débat, ni l'importance de ses enjeux.
Déjà, la dénomination: "lois électorales". Ainsi sont désignés, par les médias, les projets de lois organiques sur la région, la commune et la province.
Une appellation symptomatique, dans la mesure où elle veut "qu'ils n'aient d'importance que pour le politique, alors que c'est totalement faux", estime Omar Sentissi, le président de la commission de l'Intérieur et des collectivités territoriales à la Chambre des Représentants, qui explique que "les enjeux de ces lois dépassent les simples élections. Ces lois sont d'une importance capitale, aussi bien pour le citoyen que pour le politique".
La commission qu'il préside enchaîne, depuis deux mois, des rencontres marathoniennes pour que les projets de lois soient prêts avant les prochaines élections. "Loin de l'image véhiculée, nos débats ne peuvent être réduits à une guerre majorité-opposition", confie-t-il.
Absence de débat public
"A chaque fois que je vois un débat télévisé sur la régionalisation, cela me fait mal au coeur", déclare un député de l'opposition.
"Non seulement il y a un manque de pédagogie et de clarté, mais on réduit le débat parlementaire sur la région, la commune et la province à la simple dimension électorale", se plaint-il, poursuivant que "sinon, les médias n'évoquent que les conflits majorité-opposition au sein de la commission, alors que, même s'il y a des points d'achoppement, il y a aussi une entente collective sur beaucoup de questions".
"Les médias doivent être la courroie de transmission, et contribuer à faire participer le citoyen au débat. Or, ils le présentent comme un débat purement politique, si ce n'est politico-politique. Le Maroc est en train de mettre en place son propre modèle de régionalisation, et est en train d'adapter tout un ensemble de notions et de pratiques politiques pour y réussir. Un débat qui inclut la totalité des composantes de la société est nécessaire, sinon, on se retrouvera avec une régionalisation avancée politique et non citoyenne", estime-t-il.
Comment peut-on expliquer cette sous-médiatisation du débat sur la région, la commune et la province? Par un manque de sources ou de ressources?
Non seulement "les parlementaires se tiennent à la disposition des journalistes, pour répondre à leurs questions, mais il y a aussi les rapports des travaux des commissions, qui sont régulièrement publiés sur le site du parlement, et qu'il suffit de consulter pour comprendre les enjeux des débats", poursuit notre interlocuteur de l'opposition, qui déclare que "nous donnons régulièrement à la presse toutes les informations qu'il faut, concernant le débat: son état d'avancement, les questions soulevées, les intervenants et leurs prises de position. Ils escamotent tout cela, et ne nous posent que deux questions, toujours les mêmes: y-a-t-il eu des clashs entre la majorité et l'opposition? Et quand aura lieu la prochaine séance de travaux de la commission?"
"La manière dont le débat parlementaire sur la région, la commune et la province est médiatisé ne fait que renforcer cette image du parlement comme institution futile, purement conflictuelle, où les partis politiques passent leur temps à guerroyer", regrette-t-il.
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