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De la presse à la télévision : La deuxième vie de Abdellah Tourabi

Abdellah Tourabi fait partie de cette poignée de journalistes qui suscitent l’estime de la profession et l’unanimité de ses lecteurs. Ses premiers pas à la télévision sont l’occasion de revenir sur l’itinéraire d’un fils du peuple, qui a réussi une brillante carrière d'éditorialiste et d’intellectuel. 

De la presse à la télévision : La deuxième vie de Abdellah Tourabi
Samir El Ouardighi
Le 2 avril 2016 à 17h21 | Modifié 2 avril 2016 à 17h21

«En quel honneur voulez-vous faire un portrait de ma petite personne, sachant que je ne suis pas (encore) entré dans la postérité et encore moins mort?».

L'ancien directeur de publication de "Zamane" et de "Telquel" qui présentera l'émission "Confidences de presse", considère que son parcours ne mérite pas de faire l'objet d'un article. Le premier rendez-vous sera diffusé ce dimanche 3 avril à 19h00 sur 2M.

Ce qui frappe d’emblée ses confrères, c’est d’abord sa modestie et l’extrême construction de son discours. Des confrères le suspectent d'ailleurs de préférer analyser, voire d'intellectualiser l’actualité, plutôt que de se limiter à la rapporter.

Sur ses modestes origines dont il se dit extrêmement fier, Tourabi s’amuse du fait qu’il est très chic et de bon ton de clamer qu’on vient d’un quartier populaire, pour légitimer son ascension sociale.

Ayant grandi dans le quartier industriel casablancais de Hay Mohammadi, il confie avoir été marqué durablement par ce lieu populaire, qui l’a forgé culturellement, grâce à son métissage culturel et social.

Paradoxalement, c’est son père, ancien docker au port de Casablanca et pas vraiment lecteur, qui a cultivé son goût immodéré pour la lecture et les lettres, en lui ramenant quantité de livres à la maison.

Des ouvrages souvent inadaptés pour son jeune âge, qui lui ont cependant permis de se familiariser avec des grands noms de la littérature arabe (Al Jahidh, Adonis, Badr Chakir Assayab), à l’âge précoce de 14 ans.

Cette passion pour la lecture a immanquablement abouti à la découverte de l’écriture, alimentée par certains de ses professeurs, qui ont cultivé son goût pour la différence et la revendication moderniste.

«J’ai été chanceux, car ils m’ont permis de développer un esprit critique, manquant cruellement aux lecteurs de littérature salafiste uniformisante, que l’on retrouve aujourd’hui dans les étals marocains".

Ce pur produit de l’école publique regrette la détérioration du niveau d’enseignement et l’engagement passé de ces professeurs, qui considéraient leur travail comme une vocation et pas comme une simple source de revenus.

Selon lui, le devoir d’éduquer les fils du peuple au même titre que les enfants de riches et le souci de transmission du savoir qui se sont perdus expliquent la faillite actuelle de l’Education nationale.

« Je suis un rescapé, car j’ai été un des cobayes de l’arabisation massive de l’enseignement, dont les générations suivantes ont été victimes et que désormais l’ascenseur social ne passe plus par l’école.»

Tout en se défendant d’être devenu élitiste, Tourabi affirme sans détours qu’il ne mettra jamais ses futurs enfants dans une école publique, car à l’instar de nombreux Marocains, il se veut lucide.

Hormis la qualité perdue de l’Education, il avoue du bout des lèvres qu’il était premier de sa classe, même s’il ne fournissait aucun effort particulier et n’était pas très attiré par les manuels scolaires.

«C’est mon capital livresque qui m’a facilité la tâche et permis de poursuivre mes études supérieures, car il est plus simple de capitaliser sur un acquis de connaissances que sur l’ignorance».

Cela lui permettra d’intégrer les bancs de la faculté de droit de Casablanca, en optant pour les sciences politiques. Parmi ses professeurs, on retrouve Mohamed Tozy, Mohamed Cherkaoui …  à qui il tient à rendre hommage, pour lui avoir dispensé une formation solide, malgré leur peu de moyens.

Grâce aux sacrifices familiaux, il s’installe à Paris et réussit son entrée à l’Institut d’études politiques, avant de décrocher un master en sociologie politique portant sur les attentats de 2003 à Casablanca.

Il a alors enchaîné sur la rédaction d’une thèse qu’il n’a toujours pas soutenue, sous la direction du professeur Gilles Kepel, spécialiste du monde arabe et de l’islam.

A partir de 2007, il s’exerce au journalisme en écrivant à distance ses 1ers papiers pour l’hebdomadaire Telquel, tout en travaillant cinq ans en France, pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel, aux côtés de Dominique Baudis.  

En 2009, il tente un retour au Maroc pendant un an, avant de s’installer définitivement à Casablanca en 2013, pour être propulsé directeur de la publication du magazine mensuel «Zamane».

Selon lui, sa fascination pour l’histoire et la presse s’explique par le fait que son apprentissage est fait de manière biaisée par l’Etat et que les médias sont les seuls acteurs qui rétablissent la réalité des faits historiques.

En effet, dans la majorité de ses éditoriaux, il a toujours fait en sorte de se référer à l’histoire, en nous assurant que pour comprendre le succès actuel du PJD, il fallait revenir à sa genèse et à sa mutation.

Après plus d’un an à la tête de "Zamane", il rejoint le magazine "Telquel", dont il garde d’excellents souvenirs humains et professionnels, qui lui ont permis d’envisager d’autres horizons médiatiques.

Dès ce dimanche 3 avril, l’ex-éditorialiste de la presse écrite prendra les manettes d’une émission télévisée bilingue, qui reviendra sur l’actualité politique, économique et culturelle du Maroc.

Le mot de la fin de ce mini-portrait revient à son ami, notre très estimé confrère Aziz Boucetta, patron du "Panorapost":

«J’ai puisé beaucoup d’informations chez lui et j’ai grandement enrichi mes connaissances grâce à son contact. C'est pourquoi je pense que ce sera certainement le cas, pour ses futurs téléspectateurs». 

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Samir El Ouardighi
Le 2 avril 2016 à 17h21

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