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ECONOMIE

La fin d'année s'annonce difficile pour les éleveurs de volailles

Déjà lourdement impactés par la crise sanitaire, les éleveurs de volailles sont à présent confrontés à une hausse des prix des aliments, en plus de la baisse des prix de vente. 

La fin d'année s'annonce difficile pour les éleveurs de volailles
Kenza Khatla
Le 8 décembre 2020 à 17h50 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Comme prévu par l’Association des producteurs de volailles (APV), le prix du poulet de chair a commencé à baisser à partir de la mi-novembre, après un pic exceptionnel atteint en septembre.

D’après Abderrahmane Ryadi, secrétaire général de l’APV, joint par Médias 24, "le prix du poulet, sortie ferme, est passé à 12 DH/kg actuellement", contre 14 DH/kg fin octobre.

"La dinde elle, parvient à se maintenir. Son prix, sortie ferme, est de 17 DH/kg", contre 18 DH/kg fin octobre.

"Une marge d'une moyenne de 3 DH/kg est ajoutée entre la ferme et la ménagère". Le consommateur final débourse ainsi 15 DH/kg pour le poulet et 20 DH/kg pour la dinde .  

Une baisse moins grave que prévue... pour le moment

"On s’attendait à ce que le prix du poulet de chair diminue davantage, mais ce n’est pas le cas", ajoute notre interlocuteur, qui explique cette situation par deux principaux facteurs.

Tout d’abord, la baisse des prix est due à la reprise de la production du poussin, qui avait diminué après l’arrêter d'activité décidé par plusieurs producteurs.

"Lorsque les prix de la volaille ont flambé, de nombreux éleveurs sont revenus sur le marché, entrainant une hausse de la demande pour le poussin".

Avant le mois de septembre, "la majorité des œufs était destinée à la consommation", puisque la demande pour le poussin était très faible. Face à une demande croissante à partir de septembre, "les accouveurs, qui vendaient l’œuf à couver comme œuf de consommation, ont repris la production de poussins à l’aide des couveuses". 

D’un autre côté, les maladies de l’hiver entrainent une baisse du tonnage, et donc un maintien des prix à un niveau moyen.

"La grippe aviaire est toujours présente au Maroc, mais elle est faiblement pathogène. Elle est saisonnière et revient en hiver, comme la grippe humaine. Certaines fermes sont donc atteintes".

"En temps normal, un poussin d’un jour en sortie de couvoir donne, après quelques semaines, un poulet de 2 kg en moyenne. Lorsqu’il est malade, il ne se développe pas convenablement, puisqu'il ne se nourrit pas très bien, et le taux de mortalité augmente". 

Lorsqu'il survit, "il donne un poulet d’environ 1,8 kg. Quand le poids unitaire du poulet diminue, c’est l’offre globale qui baisse, ainsi que le tonnage. 100 poussins nous donneront à peine 180 kg de poulet, contre 200 kg en temps normal. C'est cette différence qui crée un vide sur le marché, et qui empêche les prix de s’effondrer davantage".

Selon M. Ryadi, 7,8 millions de poussins ont été produits la semaine dernière au niveau national, contre 9 millions hors période de crise.  

Les aliments coûtent plus cher

"Malgré la reprise de l’activité par certains éleveurs, ceux-ci n’ont pu compenser, au maximum, que 60% des pertes réalisées depuis le début de la crise du Covid. D’autres n’ont même pas pu se rattraper", nous fait savoir notre source.

Outre la crise sanitaire qui les a lourdement impacté, ceux-ci se plaignent aussi d'une hausse des prix des aliments. 

L'information nous a été confirmée par M. Ryadi qui nous a confiés que "le coût des aliments de la volaille a augmenté, une tendance qui se poursuivra encore, puisque les matières premières, notamment le maïs et le soja, connaissent une flambée des prix au niveau international".

"Le contexte actuel est difficile, et l’augmentation des prix des aliments aggrave la situation des éleveurs de volaille qui essaient à peine de sortir la tête de l'eau, étant donné que leurs charges s’alourdissent".

En effet, les cours du maïs et du soja ont enregistré une hausse respective de +2,70% et de +0,78% sur le mois de novembre.

Selon des experts internationaux, cette hausse est due aux incertitudes liées à la crise sanitaire. Plusieurs pays cherchent à assurer leur sécurité alimentaire en stockant des matières premières agricoles, notamment le blé, le maïs et le soja..., dont les cours ne cessent de progresser. 

Les prix vont continuer à décrocher

Comment se présente cette fin d'année pour le secteur avicole? "Tout dépendra de l’évolution de la situation sanitaire globale. Mais à mon avis, les prix vont décrocher, puisque la production de poussins continuera à augmenter", ce qui entrainera une fois de plus une surproduction de la volaille. 

"Ajouté à cela le manque de touristes et l'interdiction des fêtes et des évènements de manière générale", la fin d'année risque d'être compliquée pour le secteur. 

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Tags : aviculture
Kenza Khatla
Le 8 décembre 2020 à 17h50

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