Le textile marocain tient le coup malgré la poursuite de la baisse des importations européennes d’habillement
La tendance baissière des importations d’habillement de l’UE se poursuit même en 2024. Si des fournisseurs ont été touchés plus que d’autres, le Maroc résiste à cette chute, conservant solidement son huitième rang de fournisseur 'habillement' de l’Europe, malgré le recul global de ses exportations textiles à travers le monde.
Les tendances textiles en 2024 s’inscrivent dans le sillage de celles des trois dernières années. Un trend baissier du marché européen est de nouveau constaté, selon les chiffres des importations d’habillement de l’Union européenne du premier trimestre 2024 (Eurostat), traités par l’expert textile européen et président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement, Jean-François Limantour.

Perte en valeur de 4% des exportations textiles marocaines vers l’UE au premier trimestre 2024
Les importations européennes d’habillement accusent en effet une baisse de 13,9% en valeur, de 2,5% en volume et de 11,6% en prix moyens durant les trois premiers mois de cette année par rapport à leurs niveaux au premier trimestre 2023, reflet de la morosité du marché européen, constate Jean-François Limantour.
Consolidant toujours sa huitième place de fournisseur d’habillement de l’Europe, le Maroc a connu, au premier trimestre 2024, une perte en valeur de 4% de ses exportations du textile destinées aux pays européens par rapport à la même période en 2023. Un chiffre qui reste nettement inférieur par rapport à la variation 2022-2023 qui était de l’ordre de -14,2%. Le Royaume continue d’enregistrer une hausse des prix moyens au premier trimestre 2024 (29,75 euros/kg), qui s’établit à +4,2% par rapport au premier trimestre 2023, selon les données d’Eurostat.
Le déclin des exportations marocaines du textile ne se limite pas au marché européen, puisqu’il s’agit d’une baisse générale. A fin avril 2024, les exportations marocaines du textile ont affiché une baisse de 6%, soit une perte en valeur de 967 MDH, d’après l’Office des changes.
Une baisse liée à celle des ventes des vêtements confectionnés (-599 MDH) et des chaussures (-171 MDH), explique l’Office.
Le textile marocain tient le coup
Si le Maroc connaît un recul de ses exportations du textile, il s’en sort plutôt bien comparé à d’autres fournisseurs comme la Tunisie, son voisin rival, ou encore aux géants asiatiques du textile que la Chine, le Bangladesh et la Turquie.
"Même s’il est difficile de tirer des conclusions définitives sur un semestre, des tendances fortes se dégagent des derniers chiffres des importations européennes d’habillement. On peut dire qu’il s’agit là d’une redistribution des cartes. Il y a eu une grosse baisse globalement du marché européen. La Tunisie, un fournisseur de l’UE qui avait très bien résisté en 2023, accuse désormais une baisse de 12%", explique un important acteur du secteur à Médias24.
"De plus, des pays qui étaient intouchables, comme la Chine ou le Bangladesh, commencent à accuser des baisses très importantes et de manière structurelle. Ces pays-là n’ont cependant pas pu être remplacés du fait qu’ils ont des offres globales complètes et très compétitives".
De bonnes performances, oui, mais des lacunes !
"Le Maroc, lui, s’en sort bien. Alors que la baisse globale en valeur des importation européennes d’habillement a atteint 13,9%, les exportations marocaines du textile vers l’Europe n’ont baissé que de 4%, ce qui démontre que le Maroc résiste bien. Il enregistre l’une des meilleures performances avec le Cambodge et l’Angleterre", précise notre interlocuteur.
"Maintenant, il faudra surveiller le reste de l’année pour dégager une tendance définitive. Le Maroc a du potentiel mais encore faut-il l’exploiter. Nous devrons optimiser la valeur ajoutée de nos produits textile. Tant que l’on ne fera pas de produits finis et que l’on ne développera pas de savoir-faire en termes de produits et d’offres, nous devrons nous contenter majoritairement du marché espagnol, puisque les autres pays d’Europe, notamment les marchés nord-européens, ne travaillent pas en sous-traitance", conclut notre source.
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