Le secteur bancaire coté entre dans une phase marquée par une normalisation de la croissance et une meilleure visibilité sur les bénéfices. En effet, le secteur a connu des réalisations 2025 supérieures aux prévisions, portées par plusieurs leviers structurels.
Selon AGR, la performance enregistrée en 2025 s’explique d’abord par un retournement marqué du coût du risque, après quatre années consécutives de dégradation. À fin septembre, celui-ci recule de 9,8%, à 10,5 MMDH, ce qui traduit une consolidation du taux de contentieux au Maroc, dans un environnement macroéconomique plus porteur et une normalisation progressive du risque sur les portefeuilles.
La soutenabilité de la croissance du PNB constitue un autre élément central de cette surperformance. Contrairement aux cycles précédents, la progression des revenus repose sur des moteurs jugés plus durables, en particulier la dynamique des crédits à l’équipement, qui soutient la marge d’intérêt, mais aussi une reconfiguration progressive de la structure du PNB, marquée par la montée en puissance des activités de marché et des commissions.
Parallèlement, la baisse tendancielle du coefficient d’exploitation s’inscrit dans un mouvement de fond, largement attribué par AGR aux investissements continus dans le digital banking, qui permettent à la fois d’absorber la croissance de l’activité et de contenir l’évolution des charges.
Ce que disent les prévisions 2026-2027
Attijariwafa bank
Sur l’horizon 2026-2027, le PNB d’Attijariwafa bank progresserait à un rythme annuel proche de 5%, porté par la dynamique des crédits à l’équipement, segment sur lequel le groupe conserverait une position dominante avec une part de marché estimée à 35%.
Ainsi, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle se poursuivrait, avec un coefficient d’exploitation ciblé à 34,7% en 2027, soutenu par l’optimisation des coûts et la montée en puissance des canaux digitaux.
Sur le front du risque, AGR anticipe une normalisation du coût du risque autour de 68 points de base en 2027, un niveau proche de la moyenne historique, traduisant un environnement macroéconomique plus favorable.
Dans ce contexte, le RNPG atteindrait 11,6 MMDH en 2027, confirmant la solidité du profil bénéficiaire du groupe. Le titre se traiterait sur la base d’un P/E 2027 de 13,7x, soit une décote de 24% par rapport à la moyenne sectorielle de long terme, avec un rendement du dividende moyen estimé à 2,9% sur la période.
Source: medias24.com
Banque centrale populaire
En ce qui concerne le groupe BCP, il évoluerait dans un scénario de croissance bénéficiaire désormais stabilisé, après le franchissement du seuil des 5 MMDH de RNPG dès 2025.
Selon Attijari Global Research, le PNB progresserait de 4,3% en 2026, avant de ralentir à 3,7% en 2027, ce qui montre une trajectoire de croissance plus normalisée mais jugée soutenable.
L’amélioration de l’efficacité opérationnelle resterait un levier central dès 2026, avec un coefficient d’exploitation ramené à 43,3%, puis 43,1% en 2027, sous l’effet de l’optimisation du réseau et de la montée en puissance du digital banking.
Sur le plan du risque, AGR anticipe une poursuite de la normalisation en 2026, avec un taux du coût du risque réduit à 165 points de base, avant un retour vers 160 points de base en 2027, proche des niveaux pré-Covid.
En valeur absolue, le coût du risque s’établirait à 5,8 MMDH en 2026, puis autour de 5,9 MMDH en 2027.
Dans ce contexte, le RNPG progresserait à 5,3 MMDH en 2026, puis 5,6 MMDH en 2027, pour un ROE moyen supérieur à 11% sur la période.
En termes de valorisation, le titre se traite sur la base d’un P/E 2027 de 10,2x, le plus bas du secteur bancaire coté, avec un dividend yield moyen estimé à 4,4%, offrant un profil rendement attractif.
Source: medias24.com
Bank of Africa
Le PNB de BOA progresserait à un rythme annuel moyen de 5,3% sur 2025-2027, porté par l’implication du groupe dans les grands projets d’investissement au Maroc, soutenant la dynamique des crédits.
L’amélioration de l’efficacité opérationnelle resterait un levier structurant dès 2026, avec un coefficient d’exploitation ramené à 43,7%, puis 43,2% en 2027, après une baisse cumulée de plus de 3 points par rapport à 2019-2024.
Cette tendance s’appuie sur la poursuite des efforts en matière d’efficacité IT et opérationnelle.
Sur le plan du risque, AGR anticipe une hausse annuelle maîtrisée du coût du risque de 3,1% sur la période 2025-2027, avec un taux cible de 120 points de base en 2027, contre 129 points en 2024.
Dans ce contexte, le RNPG atteindrait 4,1 MMDH en 2026, puis 4,4 MMDH en 2027, pour un ROE proche de 13%.
En matière de valorisation, le titre se traite sur la base d’un P/E 2027 de 10,6x, en décote de 41% par rapport au niveau normatif du secteur bancaire marocain, avec un dividend yield moyen estimé à 4,8% sur la période.
Source: medias24.com
CIH Bank
Le PNB de CIH Bank devrait progresser avec un TCAM de 7,9% sur 2024-2027, porté par une dynamique commerciale favorable et une bonne tenue des activités de marché.
Il faut savoir que l’amélioration de l’efficacité opérationnelle se poursuivrait en 2026, avec un coefficient d’exploitation ramené à 41,9%, puis 41,7% en 2027, soit un gain cumulé de 2,2 points par rapport à 2024, malgré une hausse maîtrisée des frais de gestion.
Sur le plan du risque, AGR anticipe une hausse prudente du coût du risque, après la normalisation observée en 2024.
Celui-ci atteindrait 1,3 MMDH à l'horizon 2027, correspondant à un taux de 94 points de base, un niveau jugé maîtrisé au regard du profil de croissance de la banque.
Dans ce contexte, le RNPG s’établirait à 1,1 MMDH en 2026, puis 1,2 MMDH en 2027. En matière de valorisation, le titre se traite sur la base d’un P/E 2027 de 11,6x, en décote par rapport au niveau normatif du secteur bancaire.
Cette trajectoire bénéficiaire ouvre la voie à un réajustement haussier de la politique de dividende, avec un dividend yield moyen estimé à 4,5% sur 2025-2027, supérieur à celui du secteur.
Source: medias24.com
BMCI
À l’horizon 2026-2027, BMCI évoluerait dans un scénario de croissance bénéficiaire encore contrainte par le poids élevé des charges, malgré une activité désormais stabilisée.
En effet, le PNB progresserait à un rythme annuel moyen de 3,1% sur 2025-2027, traduisant une dynamique plus modérée que celle du secteur.
L’amélioration de l’efficacité opérationnelle resterait progressive, avec un coefficient d’exploitation ramené à 57,8% en 2026, puis 56,6% en 2027, après une normalisation engagée depuis le pic atteint en 2021.
Ce niveau demeurerait toutefois sensiblement supérieur à la moyenne sectorielle, reflétant un socle de charges encore élevé.
Sur le front du risque, AGR anticipe un coût du risque moyen d’environ 121 points de base sur 2025-2027, supérieur à la moyenne pré-Covid, avec une hausse annuelle modérée sur la période.
Dans ce contexte, le RNPG évoluerait sous le seuil des 500 MDH en 2026, pour atteindre 429 MDH, puis 491 MDH en 2027, c'est une amélioration graduelle de la rentabilité.
En termes de valorisation, le titre se traite sur la base d’un P/E 2027 de 17x, cohérent avec le niveau normatif du secteur bancaire, avec un dividend yield estimé à 4,8% à horizon 2027.
Source: medias24.com
Crédit du Maroc
Crédit du Maroc se distinguerait comme l’un des meilleurs couples rendement-croissance du secteur bancaire coté.
D’ailleurs, le groupe afficherait une dynamique de revenus soutenue, avec un PNB en hausse de 7,1% en 2026 à 3,8 MMDH puis 6,7% en 2027 à plus de 4 MMDH, porté par la nouvelle stratégie commerciale mise en œuvre depuis l’arrivée de Holmarcom comme actionnaire de référence.
L’amélioration de l’efficacité opérationnelle resterait un levier central en 2026, avec un coefficient d’exploitation ramené à 46,3%, puis 45,5% en 2027, se rapprochant progressivement de la moyenne sectorielle, grâce aux efforts continus d’optimisation et de rationalisation des charges.
Sur le plan du risque, AGR anticipe un taux du coût du risque stabilisé autour de 57 points de base en 2027, après l’amélioration marquée observée en 2024, traduisant une qualité des actifs renforcée.
Dans ce contexte, le RNPG atteindrait 915 MDH en 2026, puis 995 MDH en 2027, soit un TCAM de 10,3% sur 2024-2027. En matière de valorisation, le titre se traite sur la base d’un P/E 2027 de 11,5x, en décote par rapport au niveau normatif du secteur, tout en offrant un rendement du dividende moyen estimé à 5,2%, le plus élevé du secteur bancaire coté.
Source: medias24.com
CFG Bank
CFG Bank afficherait en 2026-2027 une dynamique de croissance marquée. Selon les prévisions, le PNB atteindrait 1.355 MDH en 2026 (+13,6%) puis 1.550 MDH en 2027 (+14,4%).
L’effet taille se traduirait par une amélioration continue de l’efficacité opérationnelle, avec un coefficient d’exploitation ramené à 51,6% en 2026 puis 50,3% en 2027.
Le coût du risque resterait contenu, à 61 MDH en 2026 et 75 MDH en 2027, correspondant à un taux de 25 points de base.
Dans ce contexte, le RNPG s’établirait à 388 MDH en 2026 puis 454 MDH en 2027, pour un ROE de 18,5% en 2027.
Le titre se traiterait sur la base d’un P/E 2027E de 17,7x.
Source: medias24.com
