ETF : comment le Maroc peut éviter le piège nigérian et viser 50 MMDH d’encours

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Par | Le 26/2/2026 à 13:19
À l’heure où le Maroc s’apprête à ouvrir son marché aux ETF (Exchange Traded Fund), BKGR identifie les leviers clés pour assurer le succès de ces fonds indiciels cotés, en insistant sur la simplicité des produits, la liquidité dès le lancement et la solidité de l’infrastructure de marché.

Après l’adoption de la loi 03-25 ouvrant la voie aux fonds indiciels cotés, la question n’est plus celle de l’opportunité des ETF au Maroc, mais de leurs conditions de réussite concrètes. Dans une note stratégique consacrée aux ETF, BMCE Capital Global Research (BKGR) formule une série de recommandations précises, directement inspirées des expériences observées sur les marchés africains et internationaux.

Démarrer simplement, sans brûler les étapes

Premier enseignement mis en avant par BKGR : le succès des ETF repose d’abord sur la simplicité du produit initial. L’introduction d’un premier ETF doit se faire autour d’un sous-jacent clair et lisible, avant toute diversification vers des structures plus complexes. La progression doit être graduelle, afin d’accompagner la montée en sophistication du marché sans désorienter les investisseurs.

La liquidité, condition sine qua non dès le lancement

BKGR insiste sur un point central : la liquidité doit être garantie dès le départ. Celle-ci repose sur plusieurs éléments indissociables :

  • la présence effective de teneurs de marché actifs,
  • un panier de titres suffisamment liquides,
  • des mécanismes de création et de rachat de parts fluides et opérationnels.

Sans cette base, l’ETF ne peut jouer son rôle d’outil de profondeur et d’efficience du marché.

Des frais compétitifs pour favoriser l’adoption

Le niveau des coûts est également déterminant. Selon BKGR, le ratio de frais totaux (TER) doit rester compétitif afin de stimuler l’adoption du produit, en s’inspirant notamment du marché sud-africain, où les TER observés se situent généralement entre 0,65% et 0,85%. Des frais trop élevés risqueraient de freiner l’attrait de l’ETF, en particulier auprès des investisseurs particuliers.

Tirer les leçons des marchés africains

Le cas nigérian illustre les limites d’un marché où la liquidité insuffisante et la faible diversification de l’offre fragilisent le développement des ETF. À l’inverse, l’Afrique du Sud apparaît comme un modèle plus mature, soutenu par une base institutionnelle solide, une offre diversifiée et une infrastructure de marché robuste.

Selon BKGR, si le Maroc parvient à attirer un socle institutionnel dès le lancement et à développer des ETF indiciels ou thématiques solides, il pourrait éviter les écueils observés au Nigeria et se rapprocher progressivement du modèle sud-africain.

Une base d’investisseurs encore étroite, mais en évolution

BKGR rappelle que les investisseurs particuliers ne représentent encore que 8,2% des encours totaux des OPCVM. Toutefois, leur poids dans les volumes drainés sur le marché actions a fortement progressé, atteignant près de 30% en 2025, contre seulement 10% deux ans plus tôt. Cette dynamique traduit un regain d’intérêt pour les marchés financiers et pourrait favoriser l’adoption des ETF, produits jugés adaptés aux besoins de lisibilité, de liquidité et de maîtrise des coûts.

Infrastructure et objectifs d’encours clairement identifiés

Au-delà du produit lui-même, BKGR souligne l’importance d’une infrastructure technologique solide, d’une éducation financière ciblée et d’un cadre réglementaire stable, notamment sur les plans juridique, fiscal et de change. Ces éléments sont considérés comme des prérequis pour instaurer durablement la confiance des investisseurs.

Enfin, BKGR avance des ordres de grandeur pour le développement des ETF domestiques. Dans une première phase, les encours pourraient atteindre 5 à 10 MMDH, soit environ 1% des actifs sous gestion des OPCVM. À l'horizon 2028, ils pourraient s’élever à 25 MMDH, avant de dépasser 50 MMDH à plus long terme, représentant alors plus de 5% de l’actif sous gestion total.

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