Managem a tenu, ce mardi 31 mars 2026, une conférence de presse consacrée à la présentation de ses résultats annuels 2025. L’occasion pour le groupe de revenir en détail sur sa stratégie, ses perspectives, mais aussi d’expliquer ses performances, marquées notamment par un bénéfice multiplié par cinq.
Stratégie et perspectives : les leviers de croissance de Managem
"Le premier point clé de notre stratégie, c’est de disposer d’un portefeuille diversifié, à la fois par métal et par géographie. C’est notre meilleure protection face aux aléas géopolitiques", explique Imad Toumi, PDG du groupe Managem.
"Le deuxième axe, c’est de maintenir un pipeline de projets solide, au-delà de la durée de vie des mines actuellement en exploitation, afin d’assurer la continuité de notre activité. Aujourd’hui, nous avons une visibilité de production de l’ordre de 5 à 10 ans, ce qui implique de préparer dès maintenant les relais de croissance futurs".
"Notre stratégie s’articule autour de trois pôles : l’or (ManaGold), les métaux critiques (ManaGreen) et l’énergie (ManaEnergy)", explique M. Toumi, en précisant que cette organisation vise à accompagner à la fois la croissance du groupe et les mutations industrielles en cours. Le groupe a aujourd’hui des projets en production, en construction, en étude de faisabilité et en exploration.
Etéké, un projet en transition vers la phase de construction
Le projet Etéké, au Gabon, illustre cette dynamique de montée en puissance progressive. Les travaux préliminaires ont été lancés et l’étude de faisabilité est en cours de finalisation, avec un démarrage de la construction attendu prochainement. Le projet vise une production d’environ 60 koz, avec un premier coulé d’or attendu au quatrième trimestre 2028.
Karita, un projet en amont appelé à devenir un actif de premier plan
"Karita est un projet extrêmement prometteur, pour lequel nous menons un programme d’exploration afin d’augmenter significativement les ressources", souligne le PDG du groupe. L’objectif est d'atteindre entre 3 et 4 millions d’onces et de positionner ce projet comme un actif de grande taille
Le projet devrait entrer en production à horizon 2029. "Nous sommes encore en phase d’étude, avec des investissements importants à prévoir pour accompagner son développement".
Une trajectoire de croissance qui dépasse les 400 koz à horizon 2030
Au-delà de 2026, le groupe affiche une ambition claire d’accélération de la production.
Notre trajectoire repose sur la mise en production d’Etéké et de Karita, avec un objectif de dépasser les 400 koz à horizon 2030
Cette progression sera soutenue par plusieurs leviers. "La croissance sera portée par la montée en régime de Karita, l’extension de Boto et une stratégie M&A ciblée".
À plus long terme, le groupe évoque même un objectif supérieur. "L’ambition est d’atteindre un niveau de production de 500 koz, en s’appuyant sur l’ensemble de ces projets".
Une gestion active du portefeuille entre cessions et acquisitions
Managem ajuste également son portefeuille en fonction des risques et des opportunités. "Nous avons fait le choix d’alléger notre exposition dans certaines zones, en cédant des actifs non stratégiques tout en conservant une présence", explique le PDG, en référence notamment au désengagement partiel au Soudan.
En parallèle, le groupe poursuit une stratégie d’acquisitions ciblées. "L’objectif est de réallouer le capital vers des projets structurants et de renforcer notre présence dans des zones à fort potentiel".
De nouvelles zones sont ainsi identifiées comme prioritaires. "Nous regardons notamment des opportunités en Côte d’Ivoire et au Ghana".
Une montée en puissance attendue dès 2026 portée par Boto
Sur le pôle aurifère, Managem vise une progression dès 2026, avec une production attendue entre 260 et 275 koz, tirée principalement par la montée en puissance du projet Boto.
"L’objectif est d’atteindre une production de 260 à 275 koz, avec notamment la montée en capacité du projet Boto", indique le management. Boto devrait ainsi contribuer à hauteur de 150 à 155 koz, tandis que Tri-K en Guinée resterait un pilier stable du dispositif. "Nous visons également à consolider la production de Tri-K, tout en ajustant notre exposition sur certains actifs".
Dans cette logique, le groupe a engagé une rotation de portefeuille au Soudan. "Une cession de 45% des actifs a été réalisée, ce qui se traduira par une contribution réduite de Manub, autour de 10 à 15 koz".
Cuivre et argent : une montée en régime des actifs industriels
Sur les métaux critiques, Managem prévoit une accélération dès 2026, avec une production de cuivre comprise entre 155.000 et 182.000 tonnes.
"Nos actifs passeront à une vitesse supérieure, notamment avec l’entrée en régime de croisière du projet Tizert. Ce dernier devrait représenter la principale contribution, avec une production attendue entre 95.000 et 110.000 tonnes".
"Sur l’argent, la production devrait atteindre entre 185 et 205 tonnes. Cette progression s’inscrit dans une logique de montée en puissance progressive de l’ensemble de nos actifs".
Cobalt : lancement de la production et montée en gamme industrielle
Le groupe franchit également une étape stratégique sur le cobalt, avec le démarrage du projet de sulfate.
"L’objectif est de réussir le lancement de la production de sulfate de cobalt en Q2 2026 et sa qualification auprès des clients dès 2026. Cette phase reste déterminante pour la suite du développement".
"Nous entrons dans une phase de qualification industrielle, qui conditionnera la montée en puissance du projet. La production attendue s’établit autour de 2.870 tonnes de cobalt, en parallèle d’une activité toujours soutenue sur le zinc. Nous poursuivons également la production de concentré de zinc, tout en préparant le traitement de nouveaux produits. Le projet de sulfate de cobalt constitue une première concrétisation de cette stratégie".
Nous avons lancé la première unité de production de sulfate de cobalt en Afrique, avec une mise en service en cours et une production attendue dès 2026
Le projet affiche une capacité de 1.200 tonnes de cobalt métal et 5.800 tonnes de sulfate par an. La phase actuelle est celle du commissioning et de la qualification du produit auprès des clients. En parallèle, le groupe développe une unité de production d’acide sulfurique. L’objectif est de produire jusqu’à 300.000 tonnes par an, en valorisant les gisements existants et en répondant à une demande croissante.
Bouskour, un nouveau projet cuprifère en préparation
Dans le pipeline des métaux critiques, le projet Bouskour constitue l’un des prochains relais de croissance du groupe.
"La mise en production est prévue à partir de 2029, avec une certification des ressources en cours de finalisation en 2026 et une étude de faisabilité qui sera lancée. L’objectif est d’atteindre une production d’environ 80.000 tonnes, avec un démarrage attendu en 2029".
SMI Reborn : refonte du modèle d’exploitation à Imiter
En parallèle, le groupe engage une transformation en profondeur de son actif historique d’Imiter à travers le projet "SMI Reborn". "Il s’agit d’une refonte de la stratégie d’exploitation, fondée sur deux axes structurants", explique le management.
Le premier repose sur une évolution du modèle minier. "Nous allons reprendre l’exploitation en open pit afin de valoriser les anciens corps minéralisés et développer le potentiel de surface".
Le second axe porte sur l’exploration. "Nous renforçons les efforts d’exploration pour préparer un nouveau gisement souterrain, notamment autour de la zone d’Igoudrane. L’objectif est de développer de nouvelles ressources et prolonger la durée de vie du site".
Gaz : démarrage opérationnel en 2026 et montée en puissance à horizon 2029
Sur le pôle énergie, le projet Tendrara constitue un pilier de diversification. "L’objectif est de réussir le démarrage de la phase 1 dès le second semestre 2026", indique le management.
Cette première phase doit permettre le lancement effectif de la production. "La production initiale est attendue à partir de la deuxième moitié de l’année, avec une montée progressive".
Une deuxième phase est déjà planifiée. "La phase 2 prévoit la construction d’une unité de traitement du gaz et son interconnexion au gazoduc GME, avec un démarrage à horizon 2029".
À terme, le projet vise une production significative. L’objectif est d’atteindre une production comprise entre 0,5 et 0,6 BCM par an.
Résultats 2025 : l’effet prix et projets propulse Managem
"L’année 2025 a été particulièrement favorable pour notre activité, portée par un contexte de marché très porteur, notamment sur les métaux précieux, renforcés dans leur rôle de valeurs refuge dans un environnement géopolitique incertain", explique Mouna Mahfoud, directrice financière du groupe Managem.
"Le cours de l’or a progressé d’environ 44% en moyenne annuelle, autour de 3.400 à 3.500 dollars, tandis que l’argent a enregistré une hausse de 42%, avec une moyenne proche de 40 dollars".
"Au-delà des métaux précieux, le cuivre et le cobalt ont également évolué favorablement, avec un cuivre autour de 10.000 dollars en moyenne, atteignant des pics à 12.600 dollars sur l’année".
"Nous sortons d’une année marquée par le renforcement de nos actifs et le démarrage réussi de projets structurants, notamment au Sénégal et à Tizert".
"Le chiffre d’affaires a progressé de 54%, dépassant les 14 milliards de dirhams, tandis que l’excédent brut d’exploitation a fortement augmenté et que le résultat net part du groupe a été multiplié par cinq. Cette croissance s’explique à la fois par l’évolution favorable des cours, mais surtout par la montée en puissance des nouveaux projets, qui ont contribué de manière significative à la performance du groupe".
Les projets de Boto et Tizert ont à eux seuls généré plus de 2,5 milliards de dirhams supplémentaires de chiffre d’affaires
"Notre portefeuille est aujourd’hui davantage diversifié, avec une contribution renforcée de l’or, mais aussi du cuivre et de l’argent. L’excédent brut d’exploitation a bénéficié de l’entrée en production des nouveaux projets et de l’amélioration des marges, pour atteindre près de 6 milliards de dirhams".
"Nous sortons d’un cycle d’investissement de plus de 22 milliards de dirhams sur les cinq dernières années, avec une génération de cash-flow en nette amélioration grâce au démarrage des nouveaux projets".
Les nouveaux projets ont généré plus de 2,3 milliards de dirhams de cash-flow sur le second semestre, ce qui a permis d’atténuer l’impact de l’endettement. Enfin, les activités courantes du groupe génèrent une capacité d’autofinancement solide, couvrant largement les investissements, avec près de 3 milliards de dirhams de cash-flow pour 1,5 milliard d’investissements.
Source: medias24.com
