Réforme de la Moudawana. “La suppression du mariage des mineurs est indiscutable” (Me Tabih)
Suppression du mariage des mineurs, pension alimentaire supportée par l’État, tutelle en lien avec la garde, obligation de l’acte écrit de mariage… Voici les propositions de l’Observatoire national des droits de l’enfant et de l’Union nationale des femmes du Maroc, formulées dans le cadre de la série d’auditions lancée par l’Instance chargée de la révision du Code de la famille.
Contacté par Médias24, Me Abdelkebir Tabih, qui a représenté l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) et l’Union nationale des femmes du Maroc (UNFM) lors des auditions du mercredi 1er novembre, explique que plusieurs propositions ont été soulevées, mais qu’elles ne concernent pas la question de l’égalité dans l’héritage. "Ce point relève de la charia et nécessite une discussion approfondie avant de prendre une décision", nous dit-il.
Les propositions formulées concernent en premier lieu le mariage des mineurs, dont "la suppression totale est indiscutable", affirme Me Tabih, qui déroule la liste des pistes de réforme. "Nous avons proposé que la garde (de l’enfant, ndlr) soit partagée, c’est-à-dire que la moitié de la semaine soit accordée à l’un des parents et l’autre moitié au second parent, à moins d’un accord entre les parties."
"La pension alimentaire doit être prise en charge par l’État"
Autre proposition discutée lors de ces auditions : la pension alimentaire. Pour Me Tabih, celle-ci doit être prise en charge par l’Etat ou du moins l’exécution du jugement qui ordonne la pension. L’idée est que l’Etat se subroge au père et le suive pour recouvrer les sommes payées en application du jugement relatif à la pension, poursuit notre interlocuteur.
Concernant le sujet de la tutelle, celui-ci a été abordé dans le cadre d’une proposition qui vise à "lier la tutelle à la garde". "Lorsque la garde est attribuée à la mère, il faut qu’elle soit tutrice pour avoir accès à toutes les administrations", précise-t-il.
Enfin, notre interlocuteur explique avoir formulé une autre proposition qui concerne l’acte de mariage. Celui-ci "doit être écrit", insiste-t-il. "S’il n’y a pas d’acte écrit, la loi pénale doit intervenir pour sanctionner d’une amende ceux qui n’en ont pas", conclut Me Tabih.
À découvrir
Abdelkebir Tabih
Avocat au barreau de Casablanca
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.