Ouverture du capital des pharmacies : dans une lettre à Akhannouch, la Confédération des pharmaciens réitère son refus
Dans un courrier adressé au Chef du gouvernement, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc réitère son refus quant à l’ouverture de capital des pharmacies.
La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) a adressé, le 23 février, un courrier au Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, pour exprimer son refus des propositions du Conseil de la concurrence relatives à l’ouverture du capital des officines.
"La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) tient à vous saisir, avec gravité et sens de responsabilité, au sujet des recommandations émises par le Conseil de la concurrence visant notamment la libéralisation du capital des officines, la libéralisation du chaînage et la libéralisation des horaires", lit-on sur le document.
"Nous appelons le gouvernement à privilégier une réforme concertée, fondée sur la préservation de l'indépendance professionnelle, de l'équilibre territorial, et de la mission de santé publique confiée aux pharmaciens", ajoute-t-il.
"Une réforme qui change la nature du modèle officinal"
"Ces propositions", explique la Confédération "constituent une transformation structurelle profonde du modèle officinal marocain et ne sauraient être abordées comme de simples ajustements techniques".
"Le modèle marocain repose sur un principe fondamental : le pharmacien est un homme de science, propriétaire, responsable et indépendant. L'ouverture du capital introduit une logique nouvelle : celle de l'investisseur. Or, en économie, celui qui détient le capital influence inévitablement la décision stratégique".
"Il ne s'agit pas d'un débat juridique, mais d'un choix de modèle, un modèle sanitaire centré sur la responsabilité professionnelle d'un pharmacien totalement responsable de son contrôle quotidien et de ses actes ou un modèle structuré par des objectifs financiers", explique-t-elle.
"Les justifications avancées (économies d'échelle, modernisation, financement des jeunes diplômés) méritent d'être relativisées", ajoute la Confédération. "Les prix des médicaments sont administrés par l'État, les marges sont réglementées, et les centrales d'achat existent déjà et fonctionnent".
"La difficulté d'installation découle principalement de l'érosion du modèle économique officinal, et non de l'absence d'investisseurs. Introduire des capitaux extérieurs ne corrige pas un modèle fragilisé, cela en modifie l'actionnariat".
De plus, "l'expérience internationale montre qu'une libéralisation du capital entraîne mécaniquement la concentration progressive du marché, l'émergence de chaînes dominantes, une pression accrue sur les officines indépendantes, et un recentrage vers les zones urbaines les plus rentables".
Un risque accru de marginalisation des zones rurales
"Le capital recherche la densité et le volume. Les zones rurales, structurellement moins rentables, seront de ce fait marginalisées. Or, le maillage territorial marocain est aujourd'hui assuré par des pharmaciens propriétaires, installés partout et engagés dans une mission de proximité et de service public".
La Confédération évoque également le volet financier. "La pression financière n'est pas nécessairement explicite, elle est structurelle. La santé ne peut être assimilée à un secteur commercial ordinaire. La confiance du patient repose sur l'indépendance réelle du professionnel".
Enfin, elle estime que "la modernisation du secteur est nécessaire, mais elle doit porter sur la révision du modèle économique officinal, la valorisation des actes pharmaceutiques, l'intégration du pharmacien dans le parcours de soins, le renforcement du maillage territorial et l'accompagnement structuré des jeunes diplômés".
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