Capital des pharmacies : Ahmed Rahhou apporte des clarifications sur les avis du Conseil de la concurrence
Lors d’un entretien avec Médias24, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a détaillé les avis émis sur la fixation des prix des médicaments et la distribution des officines. Il a clarifié les liens entre ces deux documents et expliqué les recommandations qui suscitent aujourd’hui de vives réactions dans le secteur pharmaceutique. Détails.
L’ouverture du capital des pharmacies suscite une vive polémique au Maroc avec, au cœur du débat, une recommandation du Conseil de la concurrence.
Celle-ci est rejetée par les pharmaciens, et a poussé ces derniers à monter au créneau et à annoncer une série de grèves dont les dates seront communiquées ultérieurement.
Dans l’espace public, la confusion demeure quant à l’origine et la portée de cette recommandation. Pour faire le point, Adil Abdelali s'est entretenu avec Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, dans le cadre de l’émission Le 12/13 de Médias24.
L'intégralité de l'entretien filmé avec le président du Conseil de la concurrence sera diffusée le jeudi 5 mars à partir de 12 h sur Médias24, Youtube et LinkedIn.
Deux avis distincts mais complémentaires
Ahmed Rahhou nous a ainsi clarifié trois points essentiels. Le Conseil a émis deux documents séparés, dont les contenus se rejoignent :
- Le premier concerne un avis sur le décret relatif à la fixation des prix des médicaments. "Cet avis a été finalisé et a été envoyé au gouvernement", nous a-t-il déclaré, confirmant l’information révélée en exclusivité par Médias24 dans un précédent article.
- Le second avis traite de la distribution des médicaments. Parmi ses recommandations figure l'ouverture du capital des pharmacies pour diversifier les sources de revenus des pharmaciens. Cet avis, en préparation depuis environ un an, devrait être publié vers la mi-mars 2026.
- Les deux documents se rejoignent sur un point : le décret sur les prix des médicaments aborde les modalités de rémunération des pharmaciens, qui fait également partie de l’avis sur la distribution des médicaments. Selon nos informations, le Conseil a même demandé au ministère de la Santé de ne pas légiférer sur le décret des prix des médicaments avant la publication de l’avis sur la distribution.
Les explications du Conseil de la concurrence
Le secteur pharmaceutique est stratégique, "car il touche à la santé et donc au coût des soins", nous a expliqué le président du Conseil lors de l'interview, justifiant son avis sur la distribution des médicaments. "Bien que régulé, il fonctionne avec des investissements privés".
Le Conseil avait lancé l'élaboration de cet avis bien avant celui relatif au décret des médicaments, "mais l'un alimente l'autre, parce que le décret sur les médicaments fixe les modalités de rémunération des pharmaciens".
La recommandation du Conseil dans cet avis "ne concerne pas seulement l’ouverture du capital. C’est un élément d’un ensemble". Mais il faut dire que c'est l'élément le plus important pour les pharmaciens, qui a déclenché leur colère. Le Conseil estime toutefois que le débat a le mérite d'être ouvert. "Nous considérons que le moment est opportun, car nous sommes en plein processus de réforme du système de santé", a précisé notre interlocuteur.
Concernant ce projet de décret, "nous avons envoyé nos remarques au gouvernement sur un certain nombre de choses, y compris celles qui figurent dans le rapport sur la distribution des médicaments".
Ce décret "définit la rémunération des grossistes et des pharmaciens d’officine. Dans sa version initiale, le système actuel a été maintenu. Mais le Conseil estime que ce système ne doit pas être reconduit tel quel. Notre avis propose des modifications, notamment sur la rémunération des pharmaciens, afin d’assurer sa pérennité", poursuit Ahmed Rahhou.
Quelle est la prochaine étape ?
"La prochaine étape consiste à attendre la nouvelle version du décret. La loi en vigueur prévoit que si le gouvernement ne tient pas compte de l’avis, il doit en justifier les raisons. Une fois l’avis publié, le rôle du Conseil s’achève", laissant place à un débat national impliquant toutes les parties prenantes.
"Nous devons donc au minimum recevoir une réponse du gouvernement. Soit il prend en considération notre avis, soit il ne le prend pas, et dans ce cas, nous analyserons les motivations qui l’ont conduit à ne pas le suivre", a-t-il clarifié à ce sujet.
Tous les détails dans l'émission Le 12/13, qui sera diffusée ce jeudi 5 mars à partir de midi sur Médias24.
Consultez ICI le dossier de Medias24 sur l'ouverture du capital des pharmacies.
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