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ECONOMIE

Ahmed Rahhou : “Ouvrir le capital des pharmacies doit faire partie du débat national”

Le président du Conseil de la concurrence défend l’ouverture d’une réflexion plus large sur le modèle de distribution du médicament au Maroc. Sans remettre en cause le rôle central du pharmacien, Ahmed Rahhou estime que le statu quo n’est plus tenable et plaide pour une réforme encadrée, intégrée à la refonte en cours du système de santé. Voici l'intégralité de l'entretien réalisé dans le cadre de l'émission "Le 12/13" de Médias24.

Ahmed Rahhou : “Ouvrir le capital des pharmacies doit faire partie du débat national”
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Le 6 mars 2026 à 16h56 | Modifié 8 mars 2026 à 14h49

Faut-il, oui ou non, ouvrir le capital des pharmacies aux investisseurs ? La question est désormais posée dans le débat public. Le modèle actuel, fondé sur la propriété exclusive par des pharmaciens, est contesté par certains, qui estiment qu’il limite l’accès au financement et freine la modernisation du secteur.

À l’inverse, les représentants de la profession dénoncent un risque majeur : perte d’indépendance, concentration du marché, désertification de certaines zones rurales et financiarisation du médicament.

Au fond, il ne s’agit pas d’un simple débat corporatiste, mais d’un choix de modèle pour un maillon essentiel du système de santé. Pour comprendre la position réelle du Conseil de la concurrence, qui s’apprête à publier un avis sur ce sujet, nous nous sommes rendus cette semaine à Rabat, au siège du Conseil, dans le cadre de notre émission Le 12/13, pour nous entretenir avec son président, Ahmed Rahhou.

Médias24 : Pourquoi cette question de l’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs s’est-elle imposée dans le débat, alors que votre actualité récente portait plutôt sur le décret relatif au prix des médicaments ? Comment en est-on arrivé là ?

Ahmed Rahhou : Merci de nous donner la parole pour exprimer la position du Conseil sur un sujet important. Le Conseil de la concurrence, de par ses prérogatives, s’intéresse à beaucoup de secteurs. Nous avons travaillé sur l’huile, le blé avec les minoteries, les aliments de bétail, etc. À chaque fois, nous essayons d’avoir une vision globale du secteur. Pourquoi ? Parce que le Conseil veille à la liberté d’investir, à la liberté du consommateur d’avoir de bons produits à bon prix, et au bon fonctionnement d’une économie libérale régie par les règles de l’offre et de la demande.

Évidemment, le secteur de la santé est un secteur particulier. D’abord, parce qu’il touche à quelque chose de précieux et de fondamental, qui est la santé des gens. Ensuite, parce que l’État est directement concerné par la couverture sociale, notamment dans le cadre du chantier de la généralisation de la protection sociale, auquel nous souscrivons pleinement.

Nous avons donc voulu examiner, dans ce secteur en particulier, si les conditions d’exercice du métier dans la distribution du médicament fonctionnent correctement : est-ce que ce secteur tient par lui-même ? Est-ce qu’il est en bonne santé ? Est-ce qu’il est à la hauteur des besoins induits par cette réforme ? Je rappelle que nous nous sommes déjà intéressés aux cliniques privées, et que nous avons aussi ouvert le chantier de l’industrie pharmaceutique et de l’importation des médicaments. Le circuit de distribution du médicament est donc naturellement un élément du sujet.

La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût. Il faut donc aussi un regard économique sur ce secteur. C’est ce qui nous a amenés à ouvrir ce débat. D’ailleurs, avant même que le projet de décret sur les prix des médicaments nous soit soumis, nous avions déjà engagé une réflexion plus large. Le décret nous a conduits à envoyer nos remarques au gouvernement, et une partie de ces remarques recoupe des éléments du rapport du Conseil sur la distribution du médicament au Maroc, qui sera publié bientôt. Les deux sujets sont liés, car le décret sur le prix du médicament fixe aussi les modalités de rémunération des pharmaciens.

- Donc l’avis sur la distribution des médicaments au Maroc, qui traitera notamment de l’ouverture ou non du capital des pharmacies, sera bientôt publié. Mais cette réflexion est engagée depuis près d’un an, c’est bien cela ?

- Absolument. C’est un secteur auquel nous nous intéressons depuis un certain temps, parce qu’il touche à la santé des gens, au coût du médicament, à la couverture sociale et à sa pérennité.

Nous sommes dans un secteur régulé, certes, mais qui fonctionne avec des investissements privés, en l’occurrence ceux des pharmaciens et des grossistes-répartiteurs. Nous avons donc regardé comment ce système fonctionne.

La question de l’ouverture du capital n’est qu’un élément d’un ensemble plus large. C’est celle qui a fait réagir le plus fortement les pharmaciens et leurs représentants, mais elle ne résume pas tout le sujet.

- Justement, cette mesure a suscité une levée de boucliers de la part des représentants de la profession. Comment l’expliquez-vous ?

- Il est normal que des changements proposés par le Conseil interpellent. Chacun s’exprime depuis sa position et selon ses intérêts. Nous pensons simplement que le débat doit être ouvert. Et d’ailleurs, si les choses fonctionnaient normalement, s’il n’y avait pas de problème, nous dirions que tout va bien et nous passerions à autre chose. Or, tout ne va pas bien dans ce secteur.

De l’avis même de ceux qui contestent cette mesure, la situation des pharmaciens atteint aujourd’hui ses limites. Si je prends quelques éléments du diagnostic, qui sont d’ailleurs largement partagés : nous avons un très fort taux de couverture nationale, avec 14.000 pharmacies, quand un pays comme la France, qui a près de deux fois notre population, n’en compte qu’environ 20.000.

- Certains estiment justement qu’il y en a trop...

- Absolument. Donc il faut se demander comment on en est arrivé là. Mais si la France a à peine un peu plus de pharmacies que nous, elle a 80.000 pharmaciens. La Tunisie a 2.500 pharmacies, mais 13.000 pharmaciens. Cela veut dire qu’il y a peut-être trop de pharmacies au regard des standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais pas assez de pharmaciens par rapport à d’autres pays comparables. Il faut donc interpeller tout le monde sur ce paradoxe.

Si la conclusion est que tout marche bien, alors on considère que nous avons le meilleur modèle du monde et on continue. Or, ce n’est pas le cas. D’abord, le coût de ce réseau représente à peu près 50% du prix du médicament. Ce n’est pas quelque chose de marginal. Cela pèse sur le coût global de la santé. Ensuite, nous avons peut-être 30% à 40% de pharmaciens en situation financière extrêmement difficile, qui arrivent à peine à s’en sortir. Nous avons donc un système qui interpelle, parce qu’il ne tourne pas correctement.

Soit on laisse les choses en l’état, et dans ce cas il ne faudra pas s’étonner des fermetures de pharmacies, des reculs et des blocages dans la formation. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de nouvelles pharmacies qui s’ouvrent, il n’y a plus de dynamique, et cela crée une structure un peu sclérosée.

- Vous estimez donc qu’il faut poser le problème autrement.

- Oui. Nous pensons qu’il y a moyen de poser le problème autrement. Nous mettons sur la table des éléments de débat sur lesquels, d’ailleurs, nous sommes en accord avec les professionnels.

Je prends un exemple : la rémunération des pharmaciens. Nous l’avons dit au gouvernement, une rémunération basée uniquement sur un pourcentage du prix du médicament n’est pas une bonne méthode. Pourquoi ? Parce que si votre rémunération dépend d’un pourcentage sur un produit, toute baisse du prix de ce produit entraîne une baisse de votre marge. Cela met donc les pharmaciens en contradiction avec la politique de l’État, qui cherche à faire baisser le prix des médicaments.

Autre question : peut-on faire tourner une pharmacie uniquement avec les médicaments ? Ne peut-on pas aussi développer des actes, des vaccins, des tests, du suivi ?

- Ce sont justement des demandes formulées par les pharmaciens.

- Et nous sommes d’accord avec cela. Dans notre rapport, nous reprenons toutes ces idées en expliquant qu’elles sont bonnes et qu’il faut les considérer. Mais là où le débat reste nécessaire, c’est que ces évolutions peuvent avoir un impact sur d’autres professions. Quand vous parlez de vaccins, de piqûres, de suivi de maladies chroniques, de prélèvements ou d’actes de biologie, vous touchez à des actes qui concernent aussi d’autres métiers. Les biologistes, les laboratoires, les infirmiers, les médecins auront aussi leur avis. Cela signifie qu’il faut un débat national sur ces questions.

Nous sommes d’accord avec une batterie de mesures : systèmes de garantie, dispositifs pour rendre les pharmaciens plus bancables, etc. D’après ce que nous entendons, les pharmaciens y sont largement favorables, et beaucoup de ces idées viennent même de leur profession.

Mais nous disons que cela ne suffira pas à lui seul à faire tourner le modèle. Il faut autre chose. Ces choses en plus, ce n’est pas pour le plaisir d’ouvrir le capital. C’est parce que cela suppose des investissements.

- Le pharmacien n'est-il pas en mesure d'assumer ses investissements ?

- C'est une contrainte qui pèserait financièrement sur lui, qui compliquerait la chose. Je prends un exemple : si l’on veut que les pharmacies fonctionnent correctement, comme c’est le cas dans beaucoup de pays, elles ne doivent pas dépendre uniquement de la vente de médicaments.

Dans beaucoup de pays, il y a aussi des produits de diététique, de parapharmacie, de puériculture, de soins du corps, des dentifrices, des shampoings, etc. Dans certains pays européens, cela représente jusqu’à 30% du chiffre d’affaires des pharmacies. Dans les pays du Golfe, cela va parfois jusqu’à 50%.

Or, pour cela, il faut des surfaces de vente plus grandes et des investissements plus importants. Peut-on tabler uniquement sur la capacité financière d’un pharmacien pour les réaliser ?

- Dans ce cas, pourquoi ne pas encadrer strictement l’entrée d’investisseurs, en les obligeant à investir effectivement dans l’agrandissement des locaux et dans ces nouveaux segments ?

- Nous pensons, et c’est ce qui s’est passé ailleurs, que l’exemple international est important. Mais je tiens à préciser une chose : à aucun moment le Conseil ne remet en cause le métier du pharmacien. Donner un médicament à un patient, c’est le rôle du pharmacien. Des pharmacies sans pharmacien, cela n’existe pas, même dans la vision la plus pessimiste. Il faut toujours un pharmacien, et nous pensons même que le Maroc a besoin de plus de pharmaciens.

En revanche, la structure d’accueil doit être revue, à l’image de ce qui se fait dans le monde : des pharmacies qui nécessitent des investissements plus importants, et un modèle de rémunération mieux adapté. Nous préconisons d’ailleurs que le pharmacien soit rémunéré par boîte vendue, sous forme de forfait, afin qu’il ne soit pas pénalisé par la baisse des prix, auquel s’ajouterait un pourcentage. Il y aurait ainsi un minimum garanti. Cela va dans le sens de ce que réclament les pharmaciens, et même les grossistes, qui doivent à mon avis être rémunérés selon une logique similaire, afin d’éviter toute contradiction entre la politique publique de baisse des prix et la survie du réseau.

Mais nous disons aussi qu’il ne faut pas dépendre uniquement de la vente des médicaments. Il faut élargir le champ. Dans beaucoup de pays, les pharmacies sont devenues de véritables points de santé. En Arabie saoudite, par exemple, on peut consulter un médecin en télémédecine depuis une pharmacie. Il y a donc une collaboration entre pharmacie et médecine, mais cela suppose des espaces adaptés, discrets, et des investissements importants.

Je ne pense pas que cela puisse réussir uniquement avec la mobilisation du capital des pharmaciens. Ou alors, cela profiterait seulement à ceux qui ont déjà les moyens et les garanties nécessaires, pas aux autres. Or, il faut que nous restions dans un système équilibré, où un fils du peuple peut devenir pharmacien. Si on lui impose seul cette contrainte, il sera écrasé, non pas par un capital extérieur, mais par des pharmacies plus grandes que la sienne.

- Justement, tout est question d’équilibre. Vous avez étudié plusieurs modèles internationaux. On peut citer le Portugal, où l’ouverture a été très encadrée, la Suède ou le Royaume-Uni, où la concentration a été rapide, ou encore les États-Unis, où la logique commerciale a conduit à des fermetures massives. Quel modèle vous paraît le plus adapté au Maroc ? Et quels garde-fous faut-il mettre en place ?

- Il y a un point essentiel, que je répète : le pharmacien reste au centre de l’activité. La dispensation d’un médicament dans une pharmacie, qu’elle soit indépendante ou intégrée à une chaîne, se fait toujours par un pharmacien. En Europe comme aux États-Unis, la personne derrière le comptoir est un pharmacien diplômé. Il ne faut donc pas raisonner seulement en nombre de pharmacies, mais aussi en nombre de pharmaciens. Aux États-Unis, même si des pharmacies ont fermé, les pharmaciens n’ont pas disparu. Ils sont simplement déployés autrement. Mais c’est un modèle extrême.

Nous préférons des modèles progressifs, avec une évolution par étapes. L’objectif serait d’abord de permettre une levée de capitaux pour agrandir les pharmacies et faire en sorte que 20% à 30% du chiffre d’affaires ne dépendent plus du médicament. Cela suppose des investissements. Il faut donc que tout pharmacien puisse lever des fonds pour être accompagné, seul ou dans une chaîne.

D’ailleurs, une chaîne ne signifie pas nécessairement propriété directe. Cela peut être une participation partielle ou une forme coopérative. En France, par exemple, la propriété des pharmacies reste entre les mains des pharmaciens, mais cela n’a pas empêché le développement, au-dessus, de sociétés qui les franchisent sous une enseigne, gèrent les stocks, la formation, l’équipement, et probablement aussi les facilités financières accordées aux pharmaciens qui adhèrent à ce réseau. Il y a donc plusieurs modèles possibles.

S’agissant des garde-fous, oui, il faut des exclusions. Pas d’assurances, pas d’industriels pharmaceutiques, pas de grandes chaînes de distribution ou de supermarchés, car nous pensons qu’ils disposent de capacités financières potentiellement écrasantes. Il faut aussi des limitations : nombre de pharmacies détenues dans une même zone, plafonds au niveau national, limitation par part de marché, et des contreparties en matière d’obligations.

- Pourquoi ne pas inclure aussi les grossistes-répartiteurs parmi les exclusions ? Certains pharmaciens craignent qu’ils profitent de l’ouverture du capital pour prendre le contrôle d’officines.

- Il faut regarder la chaîne dans son ensemble. Certains pharmaciens sont déjà assez importants pour acheter directement auprès des usines. Donc, où commence et où s’arrête exactement la strate "grossiste" ? C’est difficile à déterminer. Pour nous, la distribution commence chez le grossiste et finit à la pharmacie d’officine. C’est un tout.

Quand une chaîne grossit, elle devient souvent son propre grossiste. C’est le cas dans d’autres secteurs, comme la grande distribution. Si un jour on a une chaîne de pharmacies, elle deviendra probablement son propre grossiste. Ensuite, pourra-t-elle vendre à d’autres pharmaciens ? Pourquoi pas ? Je rappelle que le refus de vente est limité par la loi.

Maintenant, lorsqu’un grossiste fournit à la fois son propre réseau et un réseau concurrent, le Conseil est là pour veiller au respect de l’égalité de traitement. Nous sommes déjà intervenus dans des cas comparables. Donc oui, cela peut être encadré.

Et je rappelle qu’au-delà des exclusions, il peut aussi y avoir des obligations. Nous pouvons très bien imaginer un système où, en contrepartie d’une implantation dans les grandes villes, des obligations d’implantation dans les zones moins couvertes seraient imposées. Le Maroc a déjà connu ce type de mécanisme dans le secteur bancaire dans les années 1970-1980, pour améliorer la couverture du territoire. Ce genre de logique est plus facile à discuter avec de grands acteurs qu’avec un pharmacien isolé.

Aujourd’hui, malheureusement, la capacité d’investissement des pharmaciens est ce qu’elle est. On ne peut pas leur demander seuls d’agrandir, de diversifier, d’investir davantage, au risque de favoriser uniquement ceux qui ont déjà les moyens. D’ailleurs, nous recevons déjà des plaintes sur des médicaments introuvables dans les petites pharmacies et disponibles seulement dans les grandes, soit parce que les petites n’ont pas la capacité financière, soit parce que les grossistes hésitent à les leur livrer par crainte de ne pas être payés.

Je le redis : notre proposition est une base de discussion. Il y a les pharmaciens, bien sûr, mais aussi d’autres professions potentiellement concernées si le rôle du pharmacien est élargi. C’est pour cela que nous appelons à un débat national, sans exclusives.

- Selon vous, quel est le risque si l’on ne change rien ?

- Le benchmark international montre que tous les pays ont évolué. Si nous continuons comme aujourd’hui, le risque est d’avoir des pharmaciens que l’on ne saura plus comment sauver, sinon par des aides permanentes de l’État. Or, nous ne pensons pas qu’un système de distribution puisse être durablement inscrit dans l’assistance publique. L’aide de l’État peut exister, mais elle doit rester ponctuelle.

En revanche, il faut des mécanismes de soutien. Quand un pharmacien est isolé dans une zone peu couverte, on peut imaginer des formes d’appui : aide au local, soutien à l’installation, garanties.

Nous avons même suggéré que Tamwilcom soit impliquée pour, avec les professionnels, trouver des modalités adaptées. D’ailleurs, lors de la présentation de notre rapport, son directeur général était présent et a manifesté un intérêt pour le développement de tels instruments.

- Pour bien comprendre le calendrier, l’avis du Conseil sur la distribution des médicaments, dans lequel figure cette question de l’ouverture du capital des pharmacies, est distinct de l’avis sur le décret relatif au prix des médicaments. Quel est le lien entre les deux ?

- Il y a un point commun : le décret fixe la manière dont on rémunère le grossiste et le pharmacien d’officine. Nous avons répondu au gouvernement en expliquant comment ce système devrait évoluer, car dans la version initiale du texte, le mode actuel était reconduit sans changement. Nous pensons que ce n’est pas une bonne chose.

L’avis sur la distribution reprend donc cette question de la rémunération. Mais le décret sur le prix du médicament traite aussi d’un autre sujet important : la place des génériques au Maroc. Nous avons formulé plusieurs recommandations sur ce point, qui concernent à la fois les pharmaciens et l’industrie pharmaceutique. L’objectif est d’avoir le maximum de génériques le plus tôt possible, et de préférence fabriqués localement.

Nous sommes également favorables à ce que les pharmaciens puissent procéder à la substitution entre un princeps et un générique, à condition que cela soit encadré. Il ne faut pas laisser le pharmacien seul face à une responsabilité excessive. Il faut que cela se fasse sur la base d’un catalogue d’équivalences reconnu, validé par l’assurance maladie, pour savoir quels génériques peuvent être remboursés et dans quelles conditions.

- L’avis officiel du Conseil sur la distribution des médicaments est donc attendu à la mi-mars 2026. Que se passera-t-il ensuite ?

- Pour le décret sur les prix des médicaments, nous attendons la nouvelle version du texte pour voir si le gouvernement tient compte ou non de nos recommandations. La loi est claire : si le gouvernement ne suit pas l’avis du Conseil, il doit le justifier. Nous devrons donc, a minima, recevoir une réponse motivée.

En revanche, une fois que notre avis sur la distribution des médicaments sera publié, notre rôle sera terminé. Nous aurons contribué à ouvrir un débat national avec l’ensemble des parties prenantes. Et nous pensons que le moment est bien choisi.

Pourquoi ? Parce que nous sommes en pleine réforme de notre système de santé, avec la généralisation de la couverture sociale, l’amélioration de l’offre publique de soins à travers les nouveaux hôpitaux, la mise en place de l’Agence du médicament, de l’Agence du sang, de la Haute Autorité de la santé, de structures régionales destinées à faire fonctionner les hôpitaux publics de manière plus intégrée, et d’autres réformes encore sur l’articulation entre médecine publique et médecine privée.

Nous sommes en train de réfléchir de manière globale à notre système de santé. Nous disons donc que c’est aussi le moment de penser à la distribution du médicament, de regarder comment d’autres pays ont évolué ou gèrent aujourd’hui leurs propres difficultés, et d’apporter, en tant qu’institution indépendante, un avis au débat public. Cet avis n’engage pas le gouvernement. Mais il doit, à notre sens, en faire partie.

- Et cet avis pourra nourrir aussi les autres textes en préparation sur le médicament ?

- Absolument. L’État travaille actuellement sur trois sujets. D’abord, le prix du médicament, avec un projet de décret déjà existant. Ensuite, les autorisations de mise sur le marché, les AMM, qui sont très importantes car elles conditionnent à la fois l’offre de médicaments et la possibilité d’avoir une industrie locale florissante, ce que nous appelons de nos vœux. Enfin, il y a le décret relatif aux modalités de remboursement, dans le cadre de la généralisation de l’assurance maladie.

Dans le futur, cette charge se chiffrera en plusieurs milliards, voire dizaines de milliards de dirhams. Si nous ne voulons pas que le système explose, une partie des coûts doit être maîtrisée. Et parmi ces coûts figure celui de la distribution des médicaments, puisqu’il est intégré dans le prix du médicament.

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Le 6 mars 2026 à 16h56
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