Verdict de la CJUE: voici la réaction des opérateurs marocains de l'agriculture et de la pêche
Kamal Sabri, président de la Chambre de la pêche maritime de l'Atlantique, et Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader), ont réagi à la décision de la Cour de justice de l'Union européenne d'annuler les accords agricole et de pêche avec le Maroc. Tous deux insistent sur l'importance de respecter les engagements pris et soulignent que le Maroc a su diversifier ses marchés d'exportation.
Contacté par Médias24, Kamal Sabri, président de la Chambre de la pêche maritime de l’Atlantique, a exprimé sa surprise et son incompréhension face à la décision de la Cour de justice de l'UE d'annuler les accords agricole et de pêche entre le Maroc et l'Union européenne. Selon lui, ces accords, qui existent depuis plus de vingt ans, et qui ont été renouvelés à plusieurs reprises, sont essentiels pour les deux parties.
Notre interlocuteur a souligné la solidité des liens entre le Maroc et les opérateurs européens, en insistant sur la qualité des produits marocains qui respectent toutes les normes internationales, tant en matière de gestion durable des ressources halieutiques que d'hygiène. "Nos produits respectent toutes les normes. Nos bateaux sont aux normes, tout comme nos conserveries", a-t-il précisé, tout en exprimant son incompréhension face à la décision. "Je ne trouve pas de motif à ce jugement".
Malgré cette décision, Kamal Sabri reste serein quant à l'impact économique sur les opérateurs marocains. Selon lui, le Maroc a, durant ces dernières années, diversifié ses marchés d'exportation, notamment vers l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Afrique. "En termes d’impact économique, cette décision n'affectera pas beaucoup les opérateurs marocains. Aujourd’hui, nous exportons vers des marchés en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Afrique", a-t-il souligné.
L'Union européenne ne reçoit plus que 20% des exportations de sardines marocaines, car le marché africain a ouvert grand ses portes à nos sardines
Bien que l’Union européenne ait historiquement été un partenaire clé en raison de la proximité géographique, notre interlocuteur estime que si l'Europe ne soutient plus les produits marocains, ce seront "eux les grands perdants". Il a également précisé que les exportations marocaines de produits halieutiques et agricoles vers le marché européen n'ont cessé de baisser lors des dernières années, au profit d'autres destinations. "Le marché européen ne représente aujourd’hui que 17% des exportations marocaines de produits halieutiques et agricoles. Nous sommes désormais en mesure de diversifier nos marchés".
Kamal Sabri a également mis en avant la réorientation des exportations marocaines, notamment pour les sardines, vers d'autres marchés en dehors de l'Europe. "À titre d'exemple, l'Union européenne ne reçoit plus que 20% des exportations de sardines marocaines, car le marché africain a ouvert grand ses portes à nos sardines".
Quant à Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader), il a estimé qu'il était essentiel que les engagements pris par l'Union européenne soient respectés, comme ils l'ont été par le passé.
"Nous avons pris acte de la décision de la Cour de justice de l'UE. L'Union européenne a pris des engagements clairs, et j'espère qu'ils seront respectés, car il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement", a-t-il déclaré, ajoutant que ces engagements ont été "suivis et respectés jusqu'à présent".
L'accord doit impérativement respecter l'intégrité territoriale du Maroc
Le président de la Comader a en outre exprimé son soutien total à la position officielle du Royaume du Maroc, notamment en ce qui concerne l'intégrité territoriale du pays. "Nous adhérons pleinement à la position du Royaume du Maroc. L'accord doit impérativement respecter l'intégrité territoriale du Maroc", a-t-il affirmé.
"Le Maroc est un pays unifié et souverain, allant de Tanger à Lagouira. Toute autre proposition sera fermement refusée", a-t-il conclu.
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