“Le choc principal a été suivi par plus de 1.000 répliques” (CNRST)
EXCLUSIF. Médias24 a eu un échange avec la directrice générale du Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique sur la gestion scientifique de l'après-séisme d'Al Haouz. Elle nous explique ici les premières conclusions et le travail engagé pour comprendre ce qui s'est passé.
La compréhension scientifique des évènements du 8 septembre est importante pour l'avenir. Certes, il n'est pas possible de prédire la survenue d'un séisme, mais savoir qu'une telle zone comporte un risque élevé permet aux responsables de déployer les politiques qui prennent en considération cette donnée fondamentale que ce soit en matière d'urbanisme ou en matière de plans de gestion des catastrophes si elles surviennent.
Le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) est actuellement dans cette phase de compréhension. Il décortique les données préliminaires; il surveille la zone épicentrale. Dans cet échange avec Médias24, Jamila El Alami, directrice générale du CNRST nous apporte un premier éclairage.
Médias24. Avez-vous examiné les données préliminaires du séisme? Quelles sont les premières conclusions ?
Jamila El Alami: Le vendredi 8 septembre 2023, un séisme de magnitude 7 a été enregistré par le réseau National du Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST). L’épicentre est situé dans la commune d’Ighil, province d’Al Haouz. Le choc principal a été suivi par plus de 1000 répliques. La profondeur enregistrée est de 8 km.
Les mécanismes au foyer préliminaires publiés montrent un mécanisme inverse – décrochant. Le plan nodal orienté ENE-WSW avec un fort pendage vers le Nord peut être considéré comme plan de rupture. Ce plan peut être associé à une faille localisée à l'intérieur du massif paléozoïque de Tichka au niveau du Haut Atlas. La faille qui peut être la source de ce séisme fait partie du système de failles du Tizi N'Test.
- Le CNRST est en train de déployer un réseau sismique temporaire autour de la zone épicentrale. Est-ce que le réseau est en place ?
- Le 10 septembre, le CNRST a commencé de déployer un réseau sismique temporaire mobile au niveau des zones autour de la source sismique. A la date du 16 Septembre, 3 sismographes, 4 accéléromètres, et 3 accélérographes ont été installés autour des zones très proches de la zone sinistrée.
- L'objectif annoncé de ce réseau est d'enregistrer les répliques et leur accélération pour identifier, entre autres, les failles et les structures géologiques actives qui avaient généré le choc principal. Que pouvez- vous nous dire de cette faille ? Quelles sont ses caractéristiques ?
- Les répliques du séisme permettent de cerner et bien localiser la source principale. C’est pour cette raison que l’installation du réseau mobile doit être faite rapidement. Les stations sismiques qui sont déployées sont des stations de courte période pour pouvoir détecter des séismes locaux d’intensité très faible.
- Plus globalement, qu'est-ce qu'une zone à risque sismique et comment est-ce qu'elle est définie ?
- On définit comme zone ou source sismique des zones de même sismicité caractérisées par une fréquence d’événements ayant des profondeurs et des mécanismes semblables. Les sources peuvent se définir par une faille ou par des régions plus ou moins étendues de sismicité homogène.
La délimitation des sources repose principalement sur la position géographique et temporelle des séismes. Dans la majorité des études régionales, la sismicité est le seul paramètre retenu pour le tracé des sources sismiques.
- Peut-on avoir une cartographie actualisée si disponible ?

Source sismique au niveau du territoire Marocain (RMSI, 2011)
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